| Moctezuma II Motecuhzoma Xocoyotl | |
Moctezuma II (illustration du Codex Durán). | |
| Titre | |
|---|---|
| 6e empereur aztèque | |
| – (18 ans) |
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| Prédécesseur | Ahuitzotl |
| Successeur | Cuitláhuac |
| Biographie | |
| Date de naissance | vers 1466 |
| Date de décès | (à environ 54 ans) |
| Lieu de décès | Mexico-Tenochtitlan |
| Père | Axayacatl |
| Enfants | Tecuichpo Chimalpopoca Taltecatzin Xipaguazin Moctezuma |
| Religion | Religion aztèque (polythéisme) |
| Résidence | Templo Mayor |
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Moctezuma II (ou Moteuczoma, Motecuhzoma), de son nom complet en nahuatl Motecuhzoma Xocoyotzin, né vers 1466 et mort le à Mexico-Tenochtitlan, neuvième tlatoani de la cité de Mexico-Tenochtitlan, est à la tête de l'Empire aztèque de 1502 à 1520.
L'Empire aztèque atteint son apogée pendant le règne de Moctezuma. Il s'efforce de le consolider en soumettant des territoires enclavés jusqu'alors restés indépendants, notamment en pays mixtèque. Il transforme aussi l'ancien système de hiérarchie sociale méritocratique en creusant le fossé entre les nobles (pipiltin) et les roturiers (macehualtin) désormais exclus des fonctions supérieures de l'administration.
En 1519, l'arrivée en Amérique du Nord des conquistadors espagnols, qui ont déjà colonisé Hispaniola et Cuba dans les Caraïbes, et sont dotés d'armes bien plus meurtrières que les Aztèques, aboutira rapidement à la mort de Moctezuma (1520) puis à l'effondrement de l'empire (1521). Parti de Cuba en , Hernán Cortés accoste en avril à la plage de la future Veracruz (fondée peu après) et atteint Mexico en novembre. Les Espagnols, ainsi que leurs alliés indiens, sont accueillis comme des hôtes par Moctezuma II. Mais les relations se tendent rapidement : en , les habitants de Mexico se soulèvent et les Espagnols se retrouvent assiégés. Moctezuma meurt le dans des conditions mal connues et Cortés décide d'évacuer la ville le 30 : c'est l'épisode célèbre de la Noche Triste. Mais cette défaite espagnole est une retraite stratégique : l'année suivante, l'armée de Cortés est de retour et s'empare de Mexico après deux mois de siège (). L'Empire aztèque, privé de son centre, s'effondre rapidement, laissant place à la colonie de Nouvelle-Espagne.
La représentation de Moctezuma dans l'Histoire est celle du chef d'un État vaincu par un petit nombre d'ennemis et de nombreuses sources le décrivent donc comme faible et indécis. Cette vision des choses ne correspond pas à sa conduite réelle face aux Espagnols.

La prononciation de son nom en langue nahuatl est [motekʷˈsoːma]. C’est un mot composé qui associe un terme signifiant seigneur et puissant à tout jamais et un verbe signifiant froncer les sourcils de colère. Son interprétation est donc celui qui fronce les sourcils comme un seigneur ou celui qui est en colère avec noblesse.
Le glyphe de son nom, dans l'illustration tirée du coin supérieur gauche du codex Mendoza présentée ci-après, est composé d'un diadème (xiuhuitzolli) posé sur des cheveux raides avec un ornement d’oreille associé à une pièce nasale séparée et une «bulle» contenant la transcription de ses paroles.
L'attribution d'un numéro de règne est apparue à l’époque moderne uniquement pour le distinguer de Moctezuma Ier, de fait l'arrière-grand-père du second Moctezuma. En effet, il n'existe pas de succession dynastique chez les Aztèques. Les chroniques aztèques l’appelaient Motecuhzoma Xocoyotzin ([ʃokoˈjotsin] signifie jeune honoré), tandis que le premier était appelé Motecuhzoma Ilhuicamina ou Huehuemotecuhzoma (Moctezuma l’ancien).
Les textes relatifs à la vie de Moctezuma sont lacunaires et contradictoires, de sorte qu'on ne dispose d’aucune certitude sur sa personnalité et sur le déroulement de son règne. Ces textes datent de la période de la conquête (lettres de Cortés à Charles Quint), ou sont postérieurs à sa mort (mémoires de l'un des conquistadors, Bernal Díaz del Castillo, ouvrages historiques auxquels ont pris part des indigènes, notamment un petit-fils de Moctezuma).
Les écrits de Cortés sont contemporains des événements, étant écrits au fur et à mesure des vicissitudes de son expédition. Il s'agit des Cartas de relación (littéralement « Lettres de compte-rendu ») adressées à Charles Quint, roi de Castille et roi d'Aragon depuis 1516, dans le but de justifier son action.
Dans ce que Cortés dit de Moctezuma, une idée devenue un lieu commun est que Moctezuma interprétait la légende aztèque de Quetzalcóatl comme faisant de lui un messie vengeur revenu pour régner sur les Mexicas (ethnie dominante de l'Empire aztèque). Mais cette assertion a été mise en cause par de nombreux historiens, notamment Anthony Pagdenet Eulalia Guzman.
Pagden écrit qu'en réalité, « il n'y avait pas de tradition antérieure à la conquête qui attribuât ce rôle à Quetzalcóatl et il semble donc possible que cette légende ait été recueillie par Sahagún et Motolinia auprès d'informateurs qui avaient partiellement perdu le contact avec les histoires tribales traditionnelles ».
Le récit de Bernal Díaz del Castillo (1496-1584), Histoire véridique de la conquête de la Nouvelle-Espagne, est celui d'un témoin direct, qui a participé à la conquête dans l'armée de Cortés (1519-1521), mais il est rédigé longtemps après, à partir de 1553.
Il brosse le portrait d'un noble roi luttant pour maintenir l'ordre dans son royaume après avoir été fait prisonnier par Cortés.
Bernardino de Sahagún est un membre de l'ordre des Franciscains, qui, envoyé en Nouvelle-Espagne, s'est intéressé à la langue nahuatl et à la culture mexica. Il est l'auteur de l'ouvrage appelé Codex de Florence, rédigé avec des collaborateurs indigènes originaires de Mexico-Tenochtitlan ou de Tlatelolco, une ville vassale.
Le texte présente les dirigeants de Tlatelolco sous un jour plus favorable que ceux de Tenochtitlan. Moctezuma en particulier y est présenté comme un souverain velléitaire, superstitieux et laxiste.
L'historien James Lockhart interprète cela en supposant que le peuple mexica avait besoin d'un bouc émissaire pour expliquer la chute de l'Empire aztèque et que ce rôle a été assez naturellement attribué à Moctezuma.
Fernando Alvarado Tezozómoc (1530-1609), auteur de la Crónica Mexicayotl (« Chronique mexica ») rédigée en nahuatl, est un petit-fils de Moctezuma II.
Sa chronique concerne essentiellement la généalogie des souverains aztèques. Il décrit la descendance de Moctezuma et indique que Moctezuma avait dix-neuf enfants - onze fils et huit filles.
Il est le fils d'Axayacatl et le neveu de ses deux prédécesseurs, Tizoc et Ahuitzotl.
Il semble qu'il soit devenu souverain contre sa volonté, contraint par la mort accidentelle d'Ahuitzol lors d'une inondation de Tenochtitlan.

Il gouverne de façon autoritaire en réorganisant totalement l'administration par la nomination d'administrateurs plus jeunes. Moctezuma réduit par ailleurs les prétentions de la noblesse. L'économie et le commerce sont florissants dans tout l'empire, lequel atteint son extension maximum et s'étend jusqu'au Guatemala et à la péninsule du Yucatán.
Le célèbre cuauhxicalli (pierre sacrificielle) dit pierre de Tizoc, décoré de sculptures représentant Tizoc, le prédécesseur de Moctezuma en tant que tlatoani, aurait également été réalisé au cours de son règne.
Selon les sources indigènes, dès son accession au pouvoir, Moctezuma ordonne à son cihuacoatl Tlilpotonqui de remplacer les dignitaires et les fonctionnaires nommés par son prédécesseur, Ahuitzotl, afin de se constituer une cour favorable à ses réformes, instruite et issue de l'élite plutôt que d'origine roturière.
Après une dernière inondation de trop de la capitale Mexico, il en ordonne la reconstruction totale. En 1519, c'est cette ville extraordinaire, construite sur une lagune, que les conquistadors découvrent.


Bernardino de Sahagún (1499-1590) mentionne huit événements, survenus dix ans avant l'arrivée des Espagnols, qui auraient été interprétés comme des signes néfastes : l'apparition d'une flamme dans le ciel pendant près d'une année, l'incendie de la charpente du temple d'Huitzilopochtli, un autre temple mystérieusement frappé par la foudre, la chute d'une comète, l'eau du lac Texcoco qui se mit à bouillonner, l'apparition d'une femme qui pleurait en gémissant « Mes très chers enfants, voici déjà notre départ. », un oiseau pris par des pêcheurs sur le lac Texcoco et qui porte sur la tête un miroir, l'apparition d'hommes à deux têtes qui disparaissent dès qu'on les a montrés à Moctezuma. Certains[Qui ?] pensent que les Aztèques sont particulièrement sensibles à ces signes parce que l'année précise de l'arrivée des Espagnols coïncide avec la cérémonie du feu nouveau célébrée à la fin d'un cycle de 52 ans du calendrier aztèque. Dans le cadre du mythe de la légende des soleils, cette année est associée aux changements, à la renaissance et à un risque de catastrophes. Selon Matthew Restall, c'est un simple mythe du fatalisme des indigènes qui est à l'origine du lieu commun selon lequel les Aztèques se sont montrés passifs à cause de leur propre superstition. Ces légendes font probablement partie du processus de rationalisation post-conquête des aztèques pour expliquer leur défaite, en cherchant à décrire un Moctezuma indécis, vain et superstitieux, étant finalement lui-même la cause de la chute de l'empire aztèque.
L’ethnohistorienne Susan Gillespie fait valoir que la conception qu’ont les Nahuas de l'histoire qu’ils interprètent comme une suite de cycles les conduit également à une rationalisation ultérieure des événements de la conquête. Dans cette interprétation, la personnalité de Moctezuma, le dernier roi de l'empire aztèque, est réécrite pour correspondre à celle des premiers rois des dynasties précédentes - par exemple Quetzalcóatl, le dernier souverain mythique des Toltèques. En tout cas, il est plus que probable que la description de Moctezuma dans les sources postérieures à la conquête est largement influencée par son rôle de figure majeure de la fin de l'histoire aztèque.
En 1517, Moctezuma reçoit les premiers rapports annonçant le débarquement des Européens sur la côte est de son empire. Il s'agit de l'expédition de Juan de Grijalva qui a débarqué à San Juan de Ulúa qui, bien que situé dans le territoire totonaque, est sous domination aztèque. Moctezuma ordonne d’être tenu informé de toute nouvelle apparition d’étrangers sur la côte et de poster des gardes pour surveiller la région.
Lorsque Cortés débarque en 1519, Moctezuma en est donc immédiatement informé. Il envoie des émissaires pour rencontrer les nouveaux arrivants. l'un de ces émissaires est un noble aztèque de nom "Tentlil" en langue nahuatl, cité dans les écrits de Cortés et de Bernal Díaz del Castillo sous le nom de "Tendile ".
Quand les Espagnols s’approchent de Tenochtitlan, ils font alliance avec les Tlaxcaltèques, qui sont les ennemis de la Triple Alliance Aztèque, et les aident à fomenter une révolte dans plusieurs villes sous domination aztèque. Moctezuma, informé de ce complot, envoie des présents aux Espagnols, sans doute afin de montrer sa supériorité sur les Espagnols et les Tlaxcaltèques.

Certaines sources anciennes affirment que, Moctezuma est effrayé par les nouveaux arrivants. A l'instar du codex de Florence, plusieurs sources rapportent que les Aztèques prennent les Espagnols pour des dieux et interprètent l’arrivée de Cortés comme le retour du dieu Quetzalcóatl sur terre. La véracité de ces affirmations n'est pas prouvée. Des ethnohistoriens spécialisés dans les premières relations entre Espagnols et Nahuas écartent cette interprétation comme faisant partie des mythes élaborés lors de la période post-conquête.
Ainsi, d'après Bernardino de Sahagún, le moine franciscain compilateur du codex de Florence, Moctezuma est terrifié par la description des conquistadors que lui en font ses émissaires : «Ils chevauchent montés sur leurs cerfs. […] De tous côtés leurs corps sont protégés, on ne voit paraître que leur visage. Ils sont blancs comme s'ils étaient de chaux. […] Longue est leur barbe, […] ».
Mais des ethnohistoriens spécialisés dans les premières relations entre Espagnols et Nahuas écartent cette interprétation comme faisant partie des mythes élaborés lors de la période post-conquête.
L’hypothèse selon laquelle Cortés est considéré comme une divinité provient essentiellementécrit quelque cinquante ans après la conquête. Au cours de la première rencontre entre Moctezuma et Cortés, telle qu’elle figure dans le codex, le souverain aztèque est décrit comme déclamant un discours écrit en nahuatl classique, un discours qui est transcrit in extenso dans le codex (écrit par des informateurs de Sahagún originaires de Tlatelolco, qui n'ont probablement pas été témoins oculaires de la rencontre) et comporte des déclarations de prosternation et d'admiration divine ou quasi divine, telles que : «Vous avez bien voulu venir sur terre, vous avez bien voulu approcher votre eau, votre haut lieu du Mexique, vous êtes descendu sur votre couche, votre trône, que j'ai brièvement gardé pour vous, moi dont le rôle est de le garder pour vous » et « Vous avez bien voulu venir, vous avez connu la douleur, vous avez connu la fatigue de venir sur terre, reposez-vous, entrez dans votre palais, reposez vos membres, faites venir nos seigneurs sur terre ».
Matthew Restall fait valoir que l'offre polie que Moctezuma fait à Cortés de son trône, si tant est qu'il ait jamais prononcé ce discours, ce qui n'est pas prouvé, pourrait bien avoir signifié exactement le contraire. Dans la culture aztèque, la politesse est une façon d'affirmer une position dominante et de montrer sa supériorité. Mais les Européens, méconnaissant totalement les coutumes aztèques, prennent cette offre pour argent comptant. Et ce discours, qu'il ait été prononcé ou pas, est à l’origine de la légende selon laquelle Moctezuma s'adresse à Cortés comme au dieu Quetzalcóatl de retour sur terre. D’autres parties, notamment les historiens franciscains tels que le frère Jerónimo de Mendieta, propagent également cette idée que les Amérindiens prennent les conquistadors pour des dieux. Certains prêtres franciscains sont d'ailleurs tenants des croyances millénaristes et que les indigènes prennent les conquérants espagnols pour des dieux cadre bien avec cette théologie. Or Bernardino de Sahagún, qui a compilé le codex de Florence, est également un prêtre franciscain.
Aucune preuve tangible ne soutient donc l'idée que Moctezuma II aie confondu Cortès avec le retour d'un dieu. Les offres d'or et l'accueil chaleureux ne proviennent pas de la peur de la colère divine mais sont au contraire une démonstration de force et de pouvoir. La profonde dévotion religieuse de l'empereur facilite peut-être l'acceptation de cette théorie, et certains historiens suggèrent maintenant que les Aztèques auraient eux-mêmes colporté cette idée pour justifier une défaite humiliante,.

Le , Moctezuma rencontre Cortés sur la chaussée menant à Tenochtitlan et les deux dirigeants échangent des cadeaux. Dans sa première description de Moctezuma, Díaz del Castillo écrit :
« Le grand Montezuma était âgé d'environ quarante ans, de haute taille, bien proportionné, plutôt mince, et à la peau assez claire, contrastant avec le teint sombre habituel chez les Indiens. Il ne portait pas les cheveux longs, mais coupés court sur les oreilles, et il avait une courte barbe noire, fine et bien taillée. Son visage était assez long et joyeux, il avait de beaux yeux, et son apparence et ses manières pouvaient exprimer l’intelligence ou, le cas échéant, une gravité calme. Sa tenue était soignée et bien ordonnée, et il prenait un bain tous les après-midi. Il avait autour de lui de nombreuses femmes, ses maîtresses, les filles des chefs et deux femmes légitimes qui étaient des Caciques. Les vêtements qu'il portait une seule journée il ne les portait pas à nouveau avant trois ou quatre jours. Il avait une garde de deux cents chefs logés dans des chambres situées à côté de la sienne, et seuls certains d'entre eux étaient autorisés à lui parler. »
Dans sa deuxième lettre, Cortés décrit ainsi sa première rencontre avec Moctezuma :
« Mutezuma [sic] est venu nous saluer et avec lui quelque deux cents seigneurs, tous pieds nus et vêtus d'un costume différent, mais aussi très riche à leur manière et en tous cas plus que les autres. Ils sont venus en deux colonnes, alignées près des murs de la rue, qui est très large et si belle et si droite que vous pouvez la voir d'un bout à l'autre. Mutezuma est descendu au milieu de cette rue avec deux chefs, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche. Et ils étaient tous habillés de la même manière à l’exception de Mutezuma qui portait des sandales alors que les autres allaient pieds nus, et ils se tenaient de chaque côté de lui. »
Moctezuma fit don à Cortés d'un calendrier aztèque, un disque d'or de fabrication artisanale et un autre en argent. Cortés a fondu ces trésors en raison de leur valeur matérielle. Des sacrifices humains ont également été célébrés, ce qui choqua considérablement les Espagnols.
Moctezuma conduisit Cortés à son palais où les Espagnols vécurent comme ses invités pendant plusieurs mois. Moctezuma continua à gouverner son empire et entreprit même la conquête de nouveaux territoires au cours du séjour des Espagnols à Tenochtitlan.
À un certain moment au cours de cette période, Moctezuma est devenu de fait prisonnier dans son propre palais. La raison exacte expliquant pourquoi cela s'est produit n'est pas claire si on se réfère aux sources disponibles. Remarquant l'avidité des nouveaux venus, la noblesse aztèque serait devenue de plus en plus mécontente du séjour prolongé de l’armée espagnole à Tenochtitlan et admettait mal la passivité de son souverain. Moctezuma déclara alors à Cortés qu’il vaudrait mieux qu’il parte.
Peu de temps après, Cortés est parti combattre Pánfilo de Narváez, mandaté par le gouverneur de Cuba, en laissant une garnison à Mexico (Pedro de Alvarado).
Pendant son absence, le massacre du Templo Mayor transforme la situation tendue entre les Espagnols et les Aztèques en franche hostilité.
Les Espagnols prennent en otage Moctezuma pour assurer leur sécurité. Mais eux-mêmes se trouvent en état de siège dans Mexico.
Lorsque Cortés rentre à Mexico, la situation est donc mauvaise pour les Espagnols.

Les détails de sa mort sont inconnus : différentes versions de son décès sont en effet données par les sources.
Dans son Historia, Bernal Díaz del Castillo déclare que le les Espagnols ont contraint Moctezuma à apparaître sur le balcon de son palais pour appeler ses compatriotes au calme. Le peuple a été consterné par la trahison de son empereur et des pierres et des flèches lui ont été lancées. Il est mort peu de temps après. Bernal Díaz écrit :
« À peine cela [le discours de l'empereur à ses sujets] était-il terminé qu’une pluie soudaine de pierres et de dards s’abattit. Nos hommes qui assuraient la protection de Montezuma ont momentanément relâché leur attention quand ils ont vu l'attaque cesser, pendant qu'il parlait à ses subordonnés. Montezuma a alors été frappé par trois pierres, une sur la tête, une sur le bras, et l'autre sur la jambe, et bien qu’ils l’aient prié de se faire panser et de prendre quelque nourriture en s’adressant très gentiment à lui, il refusa. Puis, de façon tout à fait inattendue, on nous a dit qu'il était mort. »
Cortés a également signalé que Moctezuma est mort après avoir été blessé par une pierre lancée par ses compatriotes.
D'autre part, les chroniques autochtones affirment que Moctezuma a été tué d’un coup d’épée par les Espagnols avant qu'ils quittent la ville.
Selon Bernal Díaz del Castillo :
« Cortes et nous tous, les capitaines et les soldats l’ont pleuré, et il n'y avait personne parmi ceux d’entre nous qui le connaissaient et avaient eu des rapports avec lui qui ne l’aient pas pleuré comme s'il avait été notre père, ce qui n'est pas surprenant, car il était si bon. On a dit qu'il avait régné dix-sept ans, et qu’il était le meilleur roi qu’avait jamais connu le Mexique, et qu'il avait personnellement triomphé dans trois guerres contre les pays qu'il avait conquis. J'ai parlé de la douleur que nous avons tous ressentie lorsque nous avons vu que Montezuma était mort, nous avons même reproché au frère de l’Ordre de la Bienheureuse Vierge Marie de la Miséricorde de ne pas l'avoir convaincu de se convertir au christianisme. »
Toutefois, certains historiens contemporains, tels Matthew Restall ou encore Pablo Moctezuma, ajoutent davantage foi aux chroniques des peuples autochtones qu’à celles des Espagnols. Selon leur version, les Espagnols auraient tué Moctezuma lorsque son incapacité à pacifier le peuple aztèque l’eut rendu inutile à leurs yeux.
Moctezuma est remplacé par son frère Cuitláhuac.
Cortés décide alors de fuir la ville : l'évacuation a lieu le au cours de l’épisode de la Noche Triste. Le 7 juillet, cette défaite espagnole est compensée par la victoire de la bataille d'Otumba. L'armée en retraite peut alors trouver refuge à Tlaxcala.
Pour repartir à la conquête de Tenochtitlan, Cortés signe un traité avec les Tlaxcaltèques. En contrepartie, les Tlaxcaltèques seront libérés de toute obligation de verser tribut et de tout lien de subordination avec Tenochtitlan.
Peu après le début de son règne, Cuitláhuac meurt au cours d'une épidémie de variole. Son neveu encore adolescent, Cuauhtémoc, le remplace
En , les Espagnols et leurs alliés réapparaissent à Mexico et établissent un siège. Au cours de ce siège, les fils de Moctezuma sont assassinés, peut-être parce qu'ils sont partisans de la reddition. Mais celle-ci a tout de même lieu le .
L'année suivante, l'empire aztèque est entièrement soumis aux Espagnols. En 1525, au cours de l'expédition de Cortès vers le Honduras, où il avait emmené plusieurs otages, Cortès fait exécuter Cuauhtémoc.
Après la conquête, la fille de Moctezuma Techichpotzin, s’engage à respecter les coutumes espagnoles et prend le nom de Doña Isabel de Moctezuma. Elle est considérée comme héritière de la fortune du roi et est mariée à différents conquistadors, prétendant tous à l'héritage de l'empereur aztèque.


Il existe au Mexique et en Espagne plusieurs lignées familiales issues des descendants du fils et des filles de Moctezuma II, notamment son fils Tlacahuepan Ihualicahuaca, ou Pedro Moctezuma et sa fille Tecuichpo Ixcaxochitzin ou Techichpotzin ou Dona Isabel Moctezuma.
Moctezuma a eu huit filles, dont Tecuichpo, également connue sous le nom de Doña Isabel de Moctezuma et onze fils, parmi lesquels Chimalpopoca (à ne pas confondre avec Chimalpopoca, un huey tlatoani précédent) et Tlaltecatzin.
Le fils de Moctezuma, Tlacahuepan Ihualicahuaca, ou Don Pedro Moctezu , reçoit Tula en encomienda.
Le petit-fils de Moctezuma II et fils de Pedro, Ihuitemotzin, baptisé Diego Luis de Moctezuma, est amené en Espagne par le roi Philippe II et il épousa Francisca de la Cueva de Valenzuela. En 1627, Pedro Tesifón de Moctezuma, arrière-petit-fils de Moctezuma, reçoit le titre de comte de Moctezuma et fait dès lors partie intégrante de la noblesse espagnole. Son titre de noblesse est modifié par la suite et il devient comte de Moctezuma de Tultengo. En 1766, la dignité de Grand d'Espagne est accordée au titulaire du comté. En 1865, le comté détenu par Antonio María Moctezuma-Marcilla de Teruel y Navarro, 14e comte de Moctezuma Tultengo, est élevé au titre de duché, devenant ainsi le duché de Moctezuma. En 1992, Juan Carlos I autorise une nouvelle dénomination du titre, le duché de Moctezuma de Tultengo.
Une autre des filles de Moctezuma, la princesse Xipaguacin Moctezuma, épousa Juan de Grau, baron de Toleriu, l'un des officiers supérieurs de Cortés, qui la ramena en Espagne avec un groupe de Mexicas . Elle mourut dans le village de montagne de Toleriu, près d’Andorre, en 1537.
Les autres détenteurs de titres de noblesse espagnole descendant de l'empereur aztèque sont les ducs d’Ahumada, les comtes de Miravalle, duc d'Abrantès et les ducs d'Atrisco, ainsi que les ducs d'Albe. Beaucoup de familles espagnoles sans titres de noblesse descendent aussi des nombreuses branches familiales issues des enfants de Moctezuma II.
Parmi les descendants de ces familles, on compte le général Jerónimo Girón-Moctezuma, 3e marquis de las Amarilas, descendant à la 9e génération de Moctezuma II, commandant des forces espagnoles à la bataille de Fort Charlotte, et son petit-fils Francisco Javier Girón y Ezpeleta, 2e duc d’Ahumada et cinquième marquis de Las Amarillas (es), le fondateur de la garde civile espagnole.
De nombreux peuples autochtones d'Amérique rendent un culte à des divinités portant le nom du souverain aztèque, souvent associé à un mythe selon lequel un jour, Moctezuma divinisé reviendra venger son peuple. Au Mexique, au cours des temps modernes, les peuples Pames, Otomis, Tepehua, Totonaques et Nahuas continuent à rendre un culte à des divinités terrestres du nom de Moctezuma. Son nom apparaît également dans le rituel Zinacantán des mayas tzotzil, où des danseurs costumés en dieu de la pluie sont appelés Moctezumas.
La figure mythologique de Tohono O'odham chez les peuples du Nord du Mexique et chez certains Pueblos du Nouveau-Mexique et de l'Arizona, désignée sous le nom de Montezuma, peut éventuellement avoir des origines remontant au roi aztèque.
Au XIXe siècle, Hubert Howe Bancroft (Native Races, tome # 3) émet l'hypothèse que le nom de l'empereur aztèque Moctezuma a été utilisé pour faire référence à des héros de ces cultures qui sont une combinaison de différents personnages historiques réunis sous le nom d'un représentant particulièrement saillant de l'identité amérindienne.
Le nom de Moctezuma est invoqué au cours de plusieurs rébellions indigènes comme symbole de la résistance contre les Espagnols, ainsi :
Lors de la rébellion de la secte du culte de la Vierge au Chiapas en 1712, ses adeptes se soulèvent après une apparition de la Vierge annonçant que Moctezuma allait ressusciter pour les aider contre le colonisateur.[réf. nécessaire]
En 1761, lors de la rébellion Quisteil des Mayas yucatèques, leur chef Jacinto Canek (en) se serait désigné sous le nom de «petit Montezuma».
