Balkuy Naaba

Balkuy Naaba
Cadre
Type
Pays

Balkuy Naaba, également écrit Balkuy Naba ou Balkouy Naaba, est le titre coutumier porté par le chef de Balkuy, une localité rattachée à Ouagadougou, au Burkina Faso. Dans l’organisation politique traditionnelle des Mossis, son titulaire est un tansoaba, dignitaire chargé de la protection de la partie orientale de Ouagadougou et du Mogho Naaba. Depuis juillet 2001, le titre est porté par Issa Tapsoba, dont le nom coutumier est Naaba Sonré.

Description

Place dans la chefferie mossi

Dans les royaumes mossis, le terme naaba désigne un chef politique ou un souverain. L’organisation du pouvoir repose historiquement sur une hiérarchie de chefs territoriaux et de dignitaires rattachés à une cour royale,.

Le Balkuy Naaba est à la fois le chef coutumier de Balkuy et un tansoaba, c’est-à-dire un dignitaire exerçant des fonctions militaires et protectrices. Il est chargé de la protection du Mogho Naaba et de la partie orientale de Ouagadougou, en coordination avec les autres tansoaba établis autour de la ville.

Les chefferies mossis ont conservé une influence sociale et symbolique malgré la colonisation, l’indépendance du Burkina Faso et la succession des régimes républicains. Leurs titulaires interviennent dans les cérémonies coutumières, la médiation communautaire et la représentation de leurs populations.

Titulaires

Le père d’Issa Tapsoba, Johnson Tapsoba, portait le nom coutumier de Naaba Gninbolbo. Chef de Balkuy, il est également présenté comme l’un des fondateurs du Golf club de Ouagadougou, créé au début des années 1970.

Issa Tapsoba est intronisé par le Mogho Naaba Baongo le . Il devient le quinzième chef de Balkuy sous le nom de Naaba Sonré. Le nom Naaba Sonré est interprété comme signifiant en mooré que « l’argent blanc a besoin des rayons du soleil levant pour briller ».

Naaba Sonré est encore mentionné en qualité de chef de Balkuy en mai 2025, à l’occasion d’une cérémonie organisée dans la localité.

Na’basga

Le Balkuy Naaba célèbre chaque année le Na’basga, fête coutumière organisée après les récoltes. Cette cérémonie rend hommage aux ancêtres et précède traditionnellement la consommation des produits issus de la nouvelle récolte.

La veille de la cérémonie, des offrandes et des sacrifices rituels sont accomplis en mémoire des anciens chefs et des membres décédés de la communauté. Le dolo, une bière préparée à partir de céréales, est offert aux ancêtres avant d’être partagé par les participants. La fête comprend également des salutations au chef, des prestations musicales et des rencontres entre les habitants, les autorités coutumières et les invités.

Notes et références

  1. ↑ (en) Elliott P. Skinner, The Mossi of the Upper Volta : The Political Development of a Sudanese People, Stanford, Stanford University Press, , 236 p. (ISBN 978-0-8047-0166-2).
  2. ↑ Yamba Tiendrebeogo (rédaction de Robert Pageard), « Histoire traditionnelle des Mossi de Ouagadougou », Journal de la Société des africanistes, vol. 33, no 1,‎ , p. 7-46 (DOI 10.3406/jafr.1963.1365, lire en ligne, consulté le ).
  3. 1 2 3 Aboubacar Dermé et Aïssata G. Laure Sidibé, « Fête coutumière : le Naaba Sonré de Balkuy sacrifie au rituel », sur NetAfrique.net, Sidwaya, (consulté le ).
  4. ↑ Benoît Beucher, Manger le pouvoir au Burkina Faso : La noblesse mossi à l’épreuve de l’Histoire, Paris, Karthala, coll. « Les Afriques », , 360 p. (ISBN 978-2-8111-1693-4).
  5. ↑ « Une lettre pour Laye : fronde des cotonculteurs à Boromo », sur LeFaso.net, (consulté le ).
  6. ↑ Étienne Nassa, « Le XVe chef de Balkouy s’installe », sur AllAfrica, Sidwaya, (consulté le ).
  7. ↑ « Le Balkuy Naaba Sonré célèbre ses 12 ans de règne », sur LeFaso.net, (consulté le ).
  8. ↑ Josué Tiendrebeogo, « Burkina Faso : Hélèna Transports inaugure ses services sur la ligne Ouaga-Bobo-Ouaga », sur Faso7, (consulté le ).
  9. ↑ « Culture et tradition : le Balkuy Naaba fête le « basga » », sur AllAfrica, Sidwaya, (consulté le ).


Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Ouvrages

  • Antoine Augustin Dim Delobsom (préf. Robert Randau), L'Empire du Mogho-Naba : Coutumes des Mossi de la Haute-Volta, Paris, Domat-Montchrestien, coll. « Études de sociologie et d'ethnologie juridiques » (no 11), , 303 p. (présentation en ligne)
  • (en) Elliott P. Skinner, The Mossi of the Upper Volta : The Political Development of a Sudanese People, Stanford, Stanford University Press, , 236 p.
  • Michel Izard, Introduction à l'histoire des royaumes mossi, Paris et Ouagadougou, CNRS et Centre voltaïque de la recherche scientifique, coll. « Recherches voltaïques » (no 12-13), , 434 p. (présentation en ligne)
  • Michel Izard, Gens du pouvoir, gens de la terre : Les institutions politiques de l'ancien royaume du Yatenga (Bassin de la Volta Blanche), Cambridge et Paris, Cambridge University Press et Éditions de la Maison des sciences de l'homme, , 594 p. (ISBN 978-2-7351-0120-7)
  • Michel Izard, Moogo : L'émergence d'un espace étatique ouest-africain au XVIe siècle : étude d'anthropologie historique, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », , 394 p. (ISBN 978-2-84586-449-8)

Articles

  • Yoporeka Somet, « Le Morho-Naba et sa Cour : un commentaire du texte de Dim Delobsom à la lumière de l'égyptologie », ANKH, nos 21-22,‎ 2012-2013, p. 80-125 (lire en ligne [PDF], consulté le )
  • Yamba Tiendrebeogo, « Histoire traditionnelle des Mossi de Ouagadougou », Journal de la Société des Africanistes, vol. 33, no 1,‎ , p. 7-46 (DOI 10.3406/jafr.1963.1365, lire en ligne, consulté le )