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Fonction, titre de noblesse |
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Le Poé Naaba, également orthographié Poe Naba, Poé Naba ou Poé-Naaba, est un titre traditionnel de la cour du Mogho Naaba, souverain du royaume mossi de Ouagadougou, au Burkina Faso. Son titulaire exerce des fonctions liées à la divination, au contrôle moral de la cour et à la justice coutumière. Dans la terminologie contemporaine, il est couramment présenté comme le ministre de la Justice du Mogho Naaba.
Dans sa description de la cour de Ouagadougou publiée en 1928, l’écrivain et anthropologue Antoine Dim Delobsom place le Poé Naaba parmi les dignitaires qui rendent les honneurs matinaux au Mogho Naaba. Il le classe toutefois parmi les autres personnages de la cour et non parmi les principaux ministres du souverain.
Le Poé Naaba est historiquement le confesseur des pages et des épouses du Mogho Naaba. Une pratique divinatoire appelée poéré lui permettait, selon les croyances de la cour, de désigner les personnes soupçonnées de trahison ou de tentative d’adultère. Cette fonction de surveillance était associée à des sanctions coutumières qui disparaissent pendant la période coloniale française.
La fonction est aujourd’hui assimilée à celle de ministre de la Justice. Le titulaire du titre explique que cette appellation résulte de l’adaptation de l’organisation politique traditionnelle mossi aux catégories administratives introduites pendant la colonisation. Il décrit la fonction ancienne comme celle de « grand inquisiteur » du royaume, chargée de la recherche et de la dénonciation des actes considérés comme contraires aux règles de la cour.
Justin Compaoré est intronisé Poé Naaba en 2001 et porte le titre de Poé Naaba Tanga. Il exerce parallèlement des responsabilités politiques et siège à l’Assemblée nationale du Burkina Faso. En juillet 2025, il est encore présenté comme un ministre du Mogho Naaba et représente la chefferie traditionnelle lors d’une cérémonie publique à Ouagadougou.