Samandin Naaba

Samandin Naaba
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Samandin Naaba (aussi écrit Samand Naaba, Samand-Naba ou Samand’Naaba) est un titre coutumier de la cour du Mogho Naaba de Ouagadougou, au Burkina Faso.

Son titulaire est associé au quartier de Samandin et à l’organisation de la cour extérieure du palais royal. Ses fonctions sont liées au protocole, à l’accueil lors des grandes cérémonies et au contrôle des accès à l’avant du palais.

Description

Titre et place dans la cour royale

L’organisation politique traditionnelle du royaume mossi de Ouagadougou repose sur une hiérarchie de dignitaires placés sous l’autorité du Mogho Naaba. Plusieurs de ces dignitaires exercent à la fois une fonction au palais et une autorité coutumière sur un quartier de la capitale. Le Samandin Naaba figure parmi les dignitaires attachés à la maison royale dans les descriptions classiques de cette organisation politique.

Le titre est lié au samandé, l’espace extérieur de la cour royale où se tiennent les visiteurs, les délégations et une partie du personnel du palais. Yamba Tiendrébéogo et Robert Pageard placent le Samand-Naba parmi les principaux responsables de la cour et consacrent une description particulière à l’organisation du samandé. Une étude juridique consacrée à la justice traditionnelle moaaga définit également le Samand Naaba comme le chef des personnes affectées à la cour extérieure.

Fonctions

Les fonctions du Samandin Naaba concernent principalement l’organisation de l’espace situé devant la résidence du souverain. Il veille à l’accueil des délégations, au placement des participants et au déroulement des manifestations organisées dans la cour extérieure. La littérature géographique décrit Samandin comme le siège de la chefferie chargée de l’accueil et des grandes manifestations de la cour royale.

La fonction comprend ainsi plusieurs responsabilités complémentaires:

Ces attributions ne correspondent pas exactement à celles d’un ministère moderne. Elles reposent sur des obligations coutumières, territoriales et rituelles dont l’étendue peut varier selon les époques et les circonstances.

Territoires

L’ancien Ouagadougou est constitué de plusieurs quartiers organisés autour de la résidence du Mogho Naaba. Chacun de ces quartiers est associé à une catégorie de serviteurs ou à une fonction particulière de la cour. Ouidi, Larlé et Gounghin sont liés aux activités militaires, Bilibambili aux pages royaux, Kamsaoghin à la jeunesse et Samandin à l’accueil et aux grandes cérémonies.

Cette organisation territoriale permet au pouvoir royal de répartir les fonctions politiques, militaires et cérémonielles autour du palais. Le Samandin Naaba exerce donc une autorité coutumière sur le quartier de Samandin tout en remplissant ses obligations auprès du Mogho Naaba.

Titulaires

Clément Pitroipa est intronisé Samandin Naaba de Ouagadougou le sous le nom de règne de Naaba Koanga. L’intronisation est accomplie par le Gounghin Naaba avec l’autorisation du Mogho Naaba Baongo. La confirmation du nouveau titulaire comprend une visite rituelle au palais du souverain et la présentation d’offrandes.

En 2021, un entretien universitaire avec le Samandin Naaba de Ouagadougou porte sur les formes coutumières de sanction, le traitement des conflits impliquant des jeunes et les relations entre la justice traditionnelle et les institutions judiciaires de l’État. Cet entretien montre la participation contemporaine du titulaire à la transmission des connaissances relatives au droit coutumier moaaga.

Notes et références

  1. 1 2 Gomkoudougou Victor Kaboré, Organisation politique traditionnelle et évolution politique des Mossi de Ouagadougou, Paris/Ouagadougou, Centre national de la recherche scientifique, coll. « Recherches voltaïques » (no 5), , 223 p. (lire en ligne).
  2. ↑ Yamba Tiendrébéogo et Robert Pageard, Histoire et coutumes royales des Mossi de Ouagadougou, Ouagadougou, Chez le Larhallé Naba, , 208 p. (lire en ligne), p. 91 et 132.
  3. ↑ Toyinbo Bambara, La justice traditionnelle dans la société moaaga du Burkina Faso (thèse), (lire en ligne).
  4. 1 2 3 4 Pierre-Erwann Meyer, « De Bancoville à la ville moderne », dans Florence Fournet, Aude Meunier-Nikiéma et Gérard Salem, Ouagadougou (1850-2004) : une urbanisation différenciée, IRD Éditions, (lire en ligne), p. 26.
  5. ↑ Daouda Émile Ouédraogo, « Chefferie traditionnelle : le Samandin Naaba remercie le Moogho Naaba pour son intronisation », sur Sidwaya, (consulté le ).
  6. ↑ Tatiana Nadine Tapsoba, « Synthèse d’entretien avec le Samandin Naaba de Ouagadougou », sur Africa Multiple Interactive Research Atlas, Université de Bayreuth, (consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Ouvrages

  • (en) Elliott P. Skinner, The Mossi of the Upper Volta : The Political Development of a Sudanese People, Stanford, Stanford University Press, , 236 p.
  • Michel Izard, Introduction à l'histoire des royaumes mossi, Paris et Ouagadougou, CNRS et Centre voltaïque de la recherche scientifique, coll. « Recherches voltaïques » (no 12-13), , 434 p. (présentation en ligne)
  • Michel Izard, Gens du pouvoir, gens de la terre : Les institutions politiques de l'ancien royaume du Yatenga (Bassin de la Volta Blanche), Cambridge et Paris, Cambridge University Press et Éditions de la Maison des sciences de l'homme, , 594 p. (ISBN 978-2-7351-0120-7)
  • Michel Izard, Moogo : L'émergence d'un espace étatique ouest-africain au XVIe siècle : étude d'anthropologie historique, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », , 394 p. (ISBN 978-2-84586-449-8)

Articles

  • Yoporeka Somet, « Le Morho-Naba et sa Cour : un commentaire du texte de Dim Delobsom à la lumière de l'égyptologie », ANKH, nos 21-22,‎ 2012-2013, p. 80-125 (lire en ligne [PDF], consulté le )
  • Yamba Tiendrebeogo, « Histoire traditionnelle des Mossi de Ouagadougou », Journal de la Société des Africanistes, vol. 33, no 1,‎ , p. 7-46 (DOI 10.3406/jafr.1963.1365, lire en ligne, consulté le )