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Fonction, titre de noblesse |
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Goungha Naaba, également écrit Gounga Naba, Gunga Naba ou Gounghin Naaba, est un titre coutumier de la cour du Mogho Naaba, souverain du royaume mossi de Ouagadougou, au Burkina Faso. Son titulaire est l’un des principaux dignitaires de la cour royale. Il est traditionnellement associé au commandement de l’infanterie, à l’assistance du chef de guerre et à l’autorité coutumière exercée dans le quartier de Gounghin, à Ouagadougou.
Dans l’organisation politique traditionnelle du royaume de Ouagadougou, le Mogho Naaba est assisté par plusieurs dignitaires exerçant des fonctions militaires, administratives et rituelles. Le Goungha Naaba appartient au groupe des principaux ministres de la cour, aux côtés du Ouidi Naaba, chargé de la cavalerie, du Larhallé Naaba, associé aux tombeaux royaux, et du Baloum Naaba, responsable de l’intendance du palais.
Une tradition de cour reprise par Yoporeka Somet présente le Gounga Naba comme un compagnon du fondateur dynastique Oubri. D’abord placé au premier rang des ministres, il aurait volontairement cédé la préséance au Ouidi Naaba, puis au Larhallé Naaba, pour conserver le troisième rang dans la hiérarchie coutumière. Cette hiérarchie relève de traditions orales dont les versions peuvent varier selon les détenteurs de la mémoire de la cour.
Le Goungha Naaba est traditionnellement présenté comme le chef de l’infanterie du Mogho Naaba. Il seconde le Tansoba, chef de guerre du royaume. Selon la tradition rapportée par Yoporeka Somet, il accompagne le Tansoba au combat et ne doit pas battre en retraite lorsque celui-ci meurt sur le champ de bataille.
Les récits historiques recueillis au XXe siècle présentent le Gunga Naba comme un acteur des conflits dynastiques et militaires du royaume de Ouagadougou. Il pouvait conduire des troupes fidèles au souverain ou être envoyé dans les provinces pour faire exécuter une décision du Mogho Naaba. Une enquête ethnographique consacrée à l’ouest du pays mossi rapporte ainsi qu’un Gounga Naba fut chargé de saisir un chef de Konkistenga et de le conduire à Ouagadougou, peu avant la conquête coloniale française.
Durant la période coloniale, le Goungha Naaba conserve une influence au sein de la noblesse mossi. En 1934, il intervient comme intermédiaire entre la cour du Mogho Naaba, les familles mossi, les missions catholiques et l’administration coloniale lors de conflits concernant l’éducation et le mariage de jeunes filles à Ouagadougou.
Le titre est associé au quartier de Gounghin, l’un des anciens espaces de la chefferie coutumière de Ouagadougou. Une tradition étymologique relie le nom Gounga aux goumsé, des fromagers qui auraient autrefois poussé à l’emplacement de la résidence du dignitaire.
Le titulaire du titre exerce une autorité coutumière sur les habitants relevant de sa chefferie. Les transformations urbaines de Ouagadougou ont intégré Gounghin à la ville moderne : le quartier traditionnel est loti en 1956, après ceux de Ouidi et de Larlé.
Le Goungha Naaba Tanga meurt dans la nuit du 8 au 9 mai 2022. Le 5 juillet 2022, Lin Désiré Tapsoba est intronisé au palais du Mogho Naaba sous le nom de règne de Naaba Sanem. Présenté comme le trente-sixième Gounghin Naaba, il reçoit le titre de vice-chef des armées. Après son intronisation, il accomplit une visite rituelle auprès du Dim Tansoaba, présenté comme son frère aîné dans la hiérarchie militaire coutumière.