| Estaires | |||||
L'hôtel de ville. | |||||
Blason |
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| Administration | |||||
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| Pays | |||||
| Région | Hauts-de-France | ||||
| Département | Nord | ||||
| Arrondissement | Dunkerque | ||||
| Intercommunalité | Communauté de communes Flandre Lys | ||||
| Maire Mandat |
Dorothée Bertrand 2025-2026 |
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| Code postal | 59940 | ||||
| Code commune | 59212 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Estairois, Estairoises
Nom jeté : les Baudets d'Estaires |
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| Population municipale |
6 525 hab. (2023 |
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| Densité | 509 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 50° 38′ 40″ nord, 2° 43′ 25″ est | ||||
| Altitude | Min. 12 m Max. 19 m |
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| Superficie | 12,82 km2 | ||||
| Type | Centre urbain intermédiaire | ||||
| Unité urbaine | Béthune (banlieue) |
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| Aire d'attraction | Lille (partie française) (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton d'Hazebrouck | ||||
| Législatives | Quinzième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Nord
Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-France
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| Liens | |||||
| Site web | http://www.ville-estaires.fr/ | ||||
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Estaires (prononcé [etɛʁ] ⓘ ; en flamand occidental : Stegers : la prononciation [stəɛʁs] est à rapprocher de la prononciation de la forme romanisée Estaires) est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France. Le nom jeté des habitants est les Baudets d'Estaires.
La ville a donné son nom à une race de poules créée dans les environs : la race d'Estaires.
Estaires est située en France, dans le département du Nord, à une altitude de 16,4 m. La Meteren Becque se jette dans la Lys au pont d'Estaires. Elle se trouve à 30 kilomètres à l'ouest de Lille, à 17 kilomètres d'Hazebrouck et 14 kilomètres d'Armentières.
La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par la Lys, la Meteren Becque, le Courant du Doulieu, le Courant du Pont du Beurre - Courant de l'Hautdyck, le Courant bayard, le Courant de la maladrerie, le Courant du Pont de la Huchette et divers autres petits cours d'eau,.
La Lys, d'une longueur de 134 km en France, prend sa source dans la commune de Lisbourg, à l'altitude de 114,7 mètres, et se jette dans l'Escaut à Gand à 4,45 mètres d'altitude.
La Meteren Becque, d'une longueur de 19 km, prend sa source dans la commune de Méteren et se jette dans la Lys sur la commune, après avoir traversé sept communes.

Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Lys ». Ce document de planification concerne un territoire de 1 835 km2 de superficie, délimité par le bassin versant de la Lys. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis révisé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte pour l'élaboration du SAGE de la Lys (SYMSAGEL).
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site spécial géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves,.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,7 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 686 mm, avec 11,9 jours de précipitations en janvier et 8,4 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lillers à 19 km à vol d'oiseau, est de 11,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 731,5 mm,. La température maximale relevée sur cette station est de 41 °C, atteinte le ; la température minimale est de −16,3 °C, atteinte le .
Au , Estaires est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022. Elle appartient à l'unité urbaine de Béthune, une agglomération inter-départementale regroupant 94 communes, dont elle est une commune de la banlieue,,. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lille (partie française), dont elle est une commune de la couronne,. Cette aire, qui regroupe 201 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris),.
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (81,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (91,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (80,8 %), zones urbanisées (17,4 %), zones agricoles hétérogènes (1,1 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,7 %). L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).

Stagras (869), Staires (1re moitié du 12e s.), Steres (1221), Stereis (1221), Estaires (1221).
D'après Maurits Gysseling, Estaires viendrait du nom germanique staigri ("escalier"), qui a donné steger en néerlandais (Stegers est le nom flamand d'Estaires).
La ville se situe sur l'emplacement d'une cité gallo-romaine appelée Minariacum, toponyme figurant sur l'itinéraire d'Antonin. L'endroit correspond à l'actuel quartier du Pont d'Estaires.
L'ancienne bourgade était située sur la voie romaine reliant Castellum Menapiorum (Cassel) à la capitale des Atrebates, Nemetacum Atrebatum (Arras). Il s'agissait d'une position stratégique : la moindre largeur de la Lys en ce lieu permettait une traversée aisée.
Dès la fin du IIIe siècle, des saints chrétiens seraient venus prêcher à Estaires : Piat de Seclin, Victoric d'Amiens, Saint Fuscien, également signalés à Bergues à cette époque, ainsi que Victrice de Rouen au début du Ve siècle.
Aetius, vainqueur d'Attila en 451, serait passé par Minariacum en 453, ce qui aurait amené à modifier le nom du site appelé Etii Terra, qui deviendra Eterra puis Estaires.
Au Moyen Âge, la cité estairoise se développe notamment autour de la production textile. Elle subit de nombreuses dégradations lors des combats entre Flamands, Français, Anglais, mais aussi Bourguignons, Autrichiens ou Espagnols.
Évangélisée au VIe siècle par saint Vaast, la cité prit un temps le nom de Stegers (Stegras 765) issu du vieux bas francique steger (flamand occidental) qui signifie « poste d'amarrage pour les bateaux ». Ce nom de Stegras en latin apparait dans une bulle du pape Étienne III, relative à l'abbaye Saint-Vaast d'Arras. Saint Vaast aurait consacré un autel et déposé des reliques dans un hameau, nommé Covorde, dépendant de la terre d'Etius.
Saint Amand (Amand de Maastricht) aurait également prêché à Estaires au VIIe siècle.
Dès sa création, en 863-866, le comté de Flandre inclut la majorité de la plaine de la Lys, dont Estaires, où s'implanta une seigneurie.
Le pape Jean VIII attribue en 879 la région d'Estaires à l'évêque de Noyon. Par la suite, Estaires relèvera du diocèse de Thérouanne, puis, à sa disparition, du diocèse de Saint-Omer.
En 880, la ville est ravagée lors des invasions vikings.
En 1096, Jehan d'Estaires, seigneur d'Estaires, participe à la première croisade.
En 1190, Robert, seigneur de Béthune, (maison de Béthune), avoué d'Arras, et Didier, évêque de Thérouanne, sur le conseil de Guillaume aux Blanches Mains, cardinal archevêque de Reims, partagent Estaires en deux paroisses : Estaires et La Gorgue. Le chapelain de La Gorgue, dépend de l'abbaye Notre-Dame de Beaupré-sur-la-Lys, située à La Gorgue. Il partage avec le curé d'Estaires les droits de mouture du moulin et les droits de pêche, et verse annuellement au curé d'Estaires douze deniers. L'accord est appliqué après la mort du curé d'Estaires alors en place, Simon Gomer.
La Lys est devenue une frontière linguistique naturelle vers le XIIIe ou XIVe siècle : au nord, le flamand de France, et au sud le picard (Flandre romane). De nos jours, le flamand de France est parlé par environ 50.000 ou 60.000 personnes, surtout des personnes âgées, et plus du tout à Estaires. À l'époque, les Estairois subissaient les deux influences.
En 1226, Michel de Harnes fonde la chapelle du Doulieu, alors hameau d'Estaires, et la donne à l'abbaye Saint-Jean-Baptiste de Chocques. Les curés d'Estaires étaient chanoines réguliers de cette abbaye.
En 1228, Jean, seigneur de Berquin, seigneurie dépendant d'Estaires, prisonnier des infidèles, racheté par les religieux Trinitaires, qui géraient un hôpital sur Estaires, leur donne la chapelle de Covorde. Mabille, châtelaine d'Ypres et de Bailleul, confirme la donation.
Le , Jean, chevalier, seigneur de Haverskerque, cède à Robert, futur Robert III de Flandre, fils aîné du comte de Flandre, Gui de Dampierre, des terres situées en partie sur Estaires ; il y ajoute l'usage du bois d'Estaires, avec le droit de pâtures et le droit d'y couper tous les trois ans ce qu'il faut pour enfermer sa motte et sa tour à La Gorgue.
En 1320, lors du partage de ses biens par Robert III de Flandre, Estaires et toute la Flandre jusqu'à la mer font partie de l'apanage de son fils Robert de Cassel.
Les libertés d'Estaires sont confirmées en 1328 par le comte de Flandre Louis Ier de Flandre.
En 1347, pendant la guerre de Cent Ans, Estaires est pillée et brûlée comme tout le pays de l'alleu. En 1383, la ville est à nouveau incendiée par les Anglais. Elle brûle encore en 1403.
Le , Yolande de Flandre, comtesse de Bar, vend à Henri d'Antoing, chevalier, la seigneurie du pont d'Estaires, contre deux cents livres de rente qu'elle lui avait assignées sur la forêt de Nieppe. Henri d'Antoing est le père de Marie, épouse d'Engelbert d'Enghien, et de Marguerite, mariée à Jean III de Stavele, seigneur d'Isenghien (Izeghem). Les armes des Stavele sont :« D'hermines à la bande de gueules ; cimier, la tête d'un enfant de carnation aux cheveux blonds, ayant un bandeau sur le front, entre un vol d'hermine ».
Marie d'Enghien, devenue dame d'Estaires, restaure l'hôpital. En 1426, le pape Martin V publie des indulgences pour la léproserie d'Estaires. En 1436, Engelbert d'Enghien et sa femme Marie fondent la chapelle du château d'Estaires. Le premier chapelain est un prêtre du diocèse de Cambrai auquel les fondateurs attribuent 43 livres et 15 sols de gros. La même année, Engelbert accroit la ville d'Estaires sur la seigneurie de Neuf-Berquin (Zuut-Berquin).
Jean III de Stavele et Marguerite d'Antoing donnent naissance à Josse ou Jean IV de Stavele, qui va devenir seigneur d'Estaires. Il épousera Jeanne de Berlaymont, dame de Glajon (Glageon).
En 1470, des religieuses du Tiers-ordre de Saint-François (François d'Assise) viennent de Bailleul à Estaires pour diriger l'hôpital qui accueille les malades et les pèlerins pauvres.
Estaires brûle en totalité en 1474 : l'incendie détruit toutes les maisons et les 874 métiers de tisserands que comptait la ville. Disparaissent également toutes les chartes de la ville, dont un cahier de coutumes, statuts et ordonnances relatives au bourg, datant de 1436 et contenant 176 articles.
Au XVe siècle, le duc de Bourgogne Philippe le Bon autorise Estaires à mettre sur ses rôles d'imposition les fiefs revendiqués par le Neuf-Berquin.
Charles Quint confirme, en 1515, les marchés et la foire d'Estaires et autorise le rétablissement des fabriques de draps. La fabrication et le commerce des draps vont faire l'objet d'instructions en 1528. La même année 1515, en son conseil à Bruxelles, il autorise l'établissement de droits d'octroi dans la ville, pour financer la réparation des chaussées. Le souverain passe par Estaires en 1531, accueilli par 2000 hommes en armes, puis passera au Pont d'Estaires en 1553 ou 1554.
En 1565, du fait de la cherté des grains, la commune en achète à Gand pour les revendre à moindre prix. En 1566, face à la menace constituée par les adeptes du protestantisme, la ville érige des barrières et des portes pour se défendre. En 1567, le roi d'Espagne Philippe II autorise la ville à lever une taxe sur le vin, la cervoise et la bière, pour solder un arriéré de 1000 livres de gros et achever les chaussées et les portes.
Toute la Flandre maritime était catholique. L'apparition de la pensée luthérienne au XVIe siècle engendra des troubles dans la région. En 1566, la révolte des Gueux éclata, n'épargnant pas Estaires. Les icônes catholiques furent saccagées par les calvinistes lors des furies iconoclastes. À Estaires, le jour de la Fête-Dieu, les Gueux promenèrent en procession un âne sous le dais, à la place du curé. Cet épisode restera marqué dans la mémoire de la cité : les Estairois se surnommèrent les Baudets.
En 1577, les huguenots mettent le feu à la ville. Cette même année, la première pierre d'une nouvelle église est posée par Mme de Pallant, veuve du seigneur d'Estaires.
En 1582, Philippe II d'Espagne, en son conseil à Bruxelles, autorise la ville à établir des taxes (octroi) pour entretenir quelques gens de guerre. En 1586, l'église est de nouveau incendiée. Le pays se dépeuple à cause des conflits, de la peste, de la pauvreté, des meutes de loups et de chiens qui attaquent les personnes l'année suivante.
En 1589, Anne du Pallant, douairière d'Estaires, et Floris de Stavele, son fils, seigneur du lieu, établissent une confrérie d'archers de saint Sébastien ; dans l'église, ils érigent un autel en l'honneur de Dieu et du saint. Le , Phillippe II d'Espagne approuve la confrérie, qui pourrait participer à la défense du pays si nécessaire. Il favorise la ville en constituant une rente pour la messe du samedi en l'honneur de Marie, mère de Jésus.
À cette époque, des médailles datant du temps des Antonins sont trouvées au pont d'Estaires. De nouvelles médailles sont trouvées le long de la voie romaine venant de Cassel en 1608. Le droit de pontenage, sur et sous le pont, est partagé entre l'abbaye Saint-Vaast et le seigneur d'Estaires, au temps des Montmorency.
Les coutumes d'Estaires font l'objet d'une enquête des archiducs Albert d'Autriche et de son épouse Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas pour le roi d'Espagne,en 1604. Les archiducs confirment les coutumes de la ville et de la bourgeoisie (commune médiévale) l'année suivante.
En 1609, le bailli d'Estaires, Adrien Scriekius, rédige un ouvrage de réflexions sur Estaires et son ancienne implantation à l'époque romaine.
Le , l'archiduc érige en comté les seigneuries d'Estaires et de Zenecbergue, sous le nom de comté d'Estaires, pour Nicolas de Montmorency.
Le , les archiducs autorisent la ville à faire un emprunt de 10 000 florins au denier 16, pour construire une halle. L'année suivante, la commune lance un emprunt de 8000 florins pour reconstruire l'hôtel de ville. En 1614, la ville reçoit une nouvelle autorisation de créer des impôts, jusqu'à concurrence de 18 000 florins, pour construire la tour de l'église.
En 1619, un natif d'Estaires, Vincent Meurin, doyen et chanoine de Cassel, fonde trois bourses pour aider trois pauvres de sa famille à faire des études, les rentes sont servies par la ville.
Jean de Montmorency fait bâtir la même année un couvent à Estaires et y fait venir des moines de l'ordre des récollets (en 1861, un couvent de bénédictines prendra la suite de cet établissement). En 1620, la ville demande l'autorisation d'utiliser la maladrerie, (établissement accueillant les lépreux) pour financer l'établissement des récollets et les écoles latines. En 1622, des emprunts de 6000 florins, pour les écoles latines, sont gagés sur la maladrerie : elle possède 55 mesures de terre (environ 25 hectares) sur Cassel et Warneton. La première pierre de l'église des récollets est posée par l'abbé de Chocques, Guillaume Delval ou Deleval, futur auteur d'un ouvrage de théologie en 1633 Oculus Abbatum Duaci.
En 1624, un nouvel emprunt de 4000 livres parisis est lancé pour réparer l'église et construire sa tour. Une nouvelle maladie contagieuse, touchant surtout les pauvres, fait de nombreuses victimes.
En 1626, la ville, épuisée par les taxes imposées par le roi d'Espagne, obtient l'autorisation, au nom de Philippe IV roi d'Espagne, de lancer un nouvel emprunt de 1800 florins pour secourir les indigents atteints par la maladie contagieuse de l'époque. En 1633, le roi va de nouveau autoriser Estaires à créer des taxes pour financer l'aide aux pauvres.
En août 1636, est créée une infirmerie pour les pestiférés ; la ville tente de renforcer ses défenses (barrières) contre les incursions et les vols commis par des soldats.
Eugène de Montmorency, fils de Jean, est seigneur d'Estaires en 1636. Eugène est comte d'Estaires, prince de Robecq, marquis de Morbecque. Il épouse Marguerite Alexandrine, fille de Philippe-Charles d'Arenberg, prince d'Aremberg. Il est fait chevalier de la Toison d'Or en 1675, et gouverneur général d'Arlon et de Saint-Omer.
Le , sont données à Madrid des lettres d'anoblissement, contre finances, pour Jean Juvénal, Louis, Gabriel, et Nicolas de Mester, quatre frères. Ils sont fils de François de Mester, successivement secrétaire du comte de Herlies, bailli d'Estaires et de Haverskerque, député des nobles vassaux de la cour de Cassel, haut justicier de cette cour, et de Marguerite Van Cappel, fille du noble homme Guillaume Van Cappel.
François de Mester était lui-même fils de François, conseiller pensionnaire (conseiller juridique) de la châtellenie de Bergues. Gabriel de Mester, licencié ès lois, fut bailli général des villes et comtés d'Estaires et baronnie de Haverskercque après son père. Nicolas de Mester était receveur de la ville et châtellenie de Bailleul.
Les années suivantes, la ville est au centre de la guerre franco-espagnole : en juillet-, des soldats espagnols s'installent quelques jours à Estaires ; en septembre, les Français menés par le maréchal Jean de Gassion traversent Estaires en se dirigeant vers Lens. En 1648, le château est pris par les Espagnols, puis repris par les Français, qui font prisonniers 300 Espagnols.
En 1659, par le traité des Pyrénées, Estaires est rendue à l'Espagne. Le château est démantelé en 1667, Estaires retourne à la France en 1668.
La maladrerie est donnée en 1672 à l'ordre royal de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Elle est rendue à l'administration des pauvres en 1693 et réunie à l'hospice en 1728, à la requête du seigneur et des autorités de la ville.
En 1692, un édit royal crée à Estaires un conseiller du roi, un mayeur (maire), et un assesseur commissaire aux revues et logements des gens de guerre. Le magistrat avance 1540 florins au roi pour que ces charges soient réunies au corps de la ville. L'année suivante, la ville crée quatre charges de brasseurs à 2000 livres et leur accorde, en fin d'année, le privilège de la fonction.
En 1703, Estaires achète la Viersgate ou Vierschaere (cour de justice secondaire) de Zuut-Berquin (Neuf-Berquin) ; elle lui avait prêté 1200 livres parisis en 1672,.
Au début du XVIIIe siècle, les ennemis font des incursions à travers le pays, en 1708 les pertes sont estimées à 8400 livres. On prend des mesures contre la mendicité, mais les autorités, l'intendant de Flandre Claude Le Blanc et vicaires généraux de Saint-Omer, (Estaires relève alors du diocèse de Saint-Omer), refusent l'aliénation de possessions sur Estaires et le Doulieu pour seconder ces mesures. La ville est en difficulté financière : dans les années 1720, les recettes ne représentent que la moitié des dépenses ; elles ont quasi doublé en quelques années, (4000 florins en 1718, 7800 florins en 1721) ; les biens d'octroi ne représentant qu'un quart des dépenses de 1718.
Le , l'évêque de Saint-Omer Joseph-Alphonse de Valbelle-Tourves établit dans l'église paroissiale d'Estaires une confrérie du saint-sacrement (Eucharistie), sous le titre de saint-viatique. Elle est confirmée par le pape en 1724.
La ville devient française en 1769, après l'échange de plusieurs enclaves avec les Pays-Bas. Elle est productrice de textile, comme Armentières.
En 1769, est fondée une école dominicale de filles pauvres d'Estaires et des environs, grâce à une donation d'une habitante d'Estaires.
Au moment de la Révolution française, Estaires compte une raffinerie de sel marin et plusieurs artisans fabriquant divers objets (tuiles, poteries, savon, linge de table,..). Le curé d'Estaires refuse de prêter le serment à la constitution civile du clergé, il meurt en 1794 en déportation,.
Après la Révolution française, sous le premier Empire, se tiennent chaque année à Estaires deux foires de seconde classe, héritées de l'époque antérieure à la Révolution, pour marchandises et bestiaux ; en 1802-1803, elles ont eu lieu les 4 et 5 brumaire (26 et ) et 4 et 5 thermidor (23 et ). S'y ajoute un « franc marché » aux bestiaux chaque mois (marché où les ventes sont dispensées de taxes). Chaque décade (période de dix jours du calendrier républicain) un marché est consacré aux grains, petits animaux et légumes.
En 1802, Estaires est encore une place fortifiée ; les transports sont assurés par un carrosse d'eau, allant tous les jours vers Armentières, et une barque quotidienne vers Hazebrouck.
En 1858, on reconstruit l'église d'Estaires en la prolongeant de trois mètres au delà des anciens chœurs. À cette occasion, est retrouvée la première pierre posée par Anne de Pallant, veuve de Philippe de Stavèle en 1577.
Le Doulieu, hameau d'Estaires jusqu'en 1913, est érigé en commune.
De 1899 à 1932, la ligne de tramway de Béthune à Estaires, circulait de Béthune (Pas-de-Calais) jusqu'à Estaires, via Essars, Locon, La Couture et La Gorgue.
L'élan industriel de la ville s'arrête à la Première Guerre mondiale. Prise par les Allemands au cours de la bataille de la Lys (), et quasiment détruite, la ville fut reconquise par les alliés au cours de l'offensive de la seconde moitié de 1918. La ville a reçu la croix de guerre 1914-1918.
Détruite par la guerre, atteinte par la crise du secteur textile, la ville stagne.
Le , un incendie se déclare au collège d'Estaires. Les 160 internes sont évacués sans dommage.
Les armes d'Estaires se blasonnent ainsi : « Coupé d'argent sur gueules, à une croix ancrée de l'un en l'autre. » |
En 2011, la commune d'Estaires a reçu le label « Ville Internet @@ ».
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005.
En 2023, la commune comptait 6 525 habitants, en évolution de +2,29 % par rapport à 2017 (Nord : +0,43 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
La population de la commune est relativement âgée. En 2023, le taux de personnes d'un âge inférieur à 40 ans s'élève à 47,7 %, soit en dessous de la moyenne départementale (51,1 %). À l'inverse, le taux de personnes d'âge supérieur à 64 ans est de 19,3 % la même année, alors qu'il est de 18,1 % au niveau départemental,.
En 2023, la commune comptait 3 156 hommes pour 3 369 femmes, soit un taux de 51,63 % de femmes, inférieur au taux départemental (51,70 %),.
Les pyramides des âges de la commune et du département s'établissent comme suit :
En 2021, le revenu médian disponible par unité de consommation s'établit à 21 970 €:

Il ne subsiste pratiquement aucun bâtiment antérieur à 1918, la ville ayant été complètement détruite par les bombardements, allemands les 9 et , puis alliés jusqu'en .

Le géant Aliboron représente un âne monté sur un char et tiré par deux chevaux. Il clôt la cavalcade du lundi de Pentecôte. Cela fait référence à l'épisode de la révolte des Gueux.