| Prix Montyon | |
Médaille de Jean-Baptiste Auget de Montyon par Caqué. | |
| Description | Prix littéraire destiné « aux auteurs français d’ouvrages les plus utiles aux mœurs, et recommandables par un caractère d’élévation et d’utilité morale » |
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| Organisateur | Académie française |
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| Date de création | 1782 (premier des prix remis à un ouvrage de vertu) 1976 (fusion de plusieurs prix en celui-ci) |
| Site officiel | www.academie-francaise.fr/prix-montyon |
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Le prix Montyon est un ensemble de prix créés à l'initiative de Jean-Baptiste Auget de Montyon et décernés par l'Académie française et par l'Académie des sciences.
Jean-Baptiste de Montyon avait fondé trois prix, tous trois appelés prix Montyon. Les deux premiers sont décernés par l'Académie française : l'un, sous la dénomination de prix de vertu, était remis à des personnes méritantes ; l'autre, prix pour l'ouvrage littéraire le plus utile aux mœurs, a été remis pour la première fois en 1782. Le troisième est un prix scientifique remis par l'Académie des sciences.
Le prix de Vertu a été maintes fois mentionné par Balzac dans ses romans et vivement critiqué par divers auteurs tels que Remy de Gourmont ou Charles Baudelaire en raison de l'aspect ostentatoire de la charité qu'il récompense. Baudelaire a également désapprouvé les prix attribués à ceux qui font une littérature à base de bons sentiments. Ce prix est également critiqué par Octave Mirbeau.
En 1976, le nouveau prix Montyon de littérature et de philosophie est constitué par regroupement des prix et des fondations Montyon, Louis Boudenoot, Capuran, Constant Dauguet, Dodo, Juteau-Duvigneaux, Fabien, Furtado, Marcellin Guérin, Halphen, de Jouy, Lafontaine, Louis P. Miller, Nicolas Missarel, Hélène Porgès, Saint-Cricq, Sobrier-Arnould, Paul Teissonnière et Maurice Trubert. Comme auparavant, il est destiné « aux auteurs français d’ouvrages les plus utiles aux mœurs, et recommandables par un caractère d’élévation et d’utilité morale ».
« Mlle Berteau, âgée maintenant de cinquante-six ans, remplit gratuitement, depuis vingt-neuf ans accomplis, les fonctions de directrice de l’hospice d’Elbeuf...c’est surtout pendant l’invasion du choléra, que la charité elle-même a paru se manifester à tous les yeux, sous les traits de cette vertueuse femme. À l’apparition du fléau, elle improvise en quelque sorte, dans l’hospice, une infirmerie spéciale, où cent-cinquante cholériques sont successivement admis : cent neuf en sortent guéris ; trois infirmières succombent : personne ne se présente pour les remplacer. Mlle Berteau, restée presque seule, ne perd point courage elle se multiplie ; elle ne quitte le lit d’un malade que pour courir à un autre. Elle double les jours, car pour elle il n’y a plus de nuits, plus de sommeil ; elle oublie quelquefois de prendre la nourriture nécessaire au soutien d’une vie si précieuse ; mais la charité la fait vivre, et son courage désarme le trépas. »
« femme du sieur Guiraud concierge de la maison d’arrêt de la ville de Florac, dans le département de la Lozère. Depuis vingt-six ans, ces deux époux se sont partagé les soins et les devoirs de leur profession...Ce fut surtout en 1818 que cet ange des prisons (comme on l’a surnommée dans la ville) s’abandonna, sans réserve, à cet instinct charitable qui la dirige dans toutes les actions de sa vie. La ville de Florac manque d’hôpital, et depuis seize ans la prison sert d’asile aux malades indigents...Un détenu, sorti des prisons de Millau, est amené dans la maison d’arrêt de Florac ; il était atteint d’un typhus chronique. La contagion se communique rapidement : quatorze prisonniers sont frappés à la fois ; tout le monde fuit ; personne n’ose approcher de cette maison empestée. Suzanne, restée seule, partage pendant deux mois son temps et ses secours entre les quatorze malades et son mari, que le typhus avait atteint. De ses six enfants, quatre sont en bas âge et réclament les soins journaliers de sa tendresse maternelle. Elle suffit à tout, elle est partout, et trouve le moyen de remplir à la fois ses devoirs d’épouse, de mère et de satisfaire à tous les vœux de l’humanité. Il est prouvé, Messieurs, que, pendant plus de deux mois qu’a duré la contagion, Suzanne Guiraud n’a pas une seule fois reposé sur un lit. »,
« Depuis 1814 jusqu’au mois de mars dernier, François Morvillez a exposé ses jours pour sauver successivement la vie à huit personnes près de périr dans les eaux de la Somme ou du canal d’Amiens. Je ne citerai qu’un fait. Au mois d’octobre 1832, époque si funeste du choléra, Morvillez, convalescent à peine de la maladie dont il avait été lui-même dangereusement atteint, après avoir été saigné trois fois, malgré un froid très-vif et l’état de faiblesse où il était réduit, sort de son lit à six heures du matin pour se précipiter dans le canal, et en retirer un ouvrier du faubourg Saint-Pierre qui périssait quelques moments plus tard. »
« Clotilde Vochelet, du village d’Aclou dans le département de l’Eure, était depuis vingt ans au service de la dame Hue, à Brionne, lorsque des revers de fortune survenus à ses maîtres la forcèrent, en quittant cette famille, à se séparer du jeune Jean Hue, dont elle avait élevé l’enfance avec les soins de la plus tendre mère. Deux ans s’étaient à peine écoulés ; Clotilde Vochelet retrouve son jeune maître à Paris, seul, sans parents, sans secours, déjà souffrant de la maladie de poitrine à laquelle il devait succomber, et cherchant dans la carrière des lettres, ou quelques essais l’avaient déjà fait connaître, une ressource éphémère contre l’indigence absolue dont il était menacé. C’est ici que commence pour la bonne Clotilde une vie d’abnégation et de tendresse, dont les détails, auxquels nous ne pouvons-nous livrer, attestent l’inaltérable dévouement de cette excellente fille pour un jeune homme de lettres qu’elle avait vu naître et qu’elle venait aider à mourir. Quand le moment fatal arriva, Clotilde, qui avait épuisé toutes ses économies, toutes ses ressources pour prolonger pendant sept ans la vie de ce malheureux jeune homme, consomma son admirable sacrifice en vendant ses vêtements, afin de rendre les derniers devoirs à l’enfant de son cœur. Il est pénible d’ajouter que cette vertueuse créature, en s’arrachant à ce tombeau, à peine vêtue, n’emporta que trois sous pour se rendre dans le village où elle achève sa vie, sans autre ressource que sa quenouille et 20 francs de rente viagère. »