| Schirmeck | |
Vue depuis le château. À droite, la déviation. | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Collectivité territoriale | Collectivité européenne d'Alsace |
| Circonscription départementale | Bas-Rhin |
| Arrondissement | Molsheim |
| Intercommunalité | Communauté de communes de la Vallée de la Bruche (siège) |
| Maire Mandat |
Laurent Bertrand 2020-2026 |
| Code postal | 67130 |
| Code commune | 67448 |
| Démographie | |
| Gentilé | Schirmeckois(es) |
| Population municipale |
2 056 hab. (2023 |
| Densité | 180 hab./km2 |
| Population unité urbaine |
12 882 hab. (2023) |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 28′ 46″ nord, 7° 13′ 11″ est |
| Altitude | Min. 289 m Max. 823 m |
| Superficie | 11,42 km2 |
| Type | Petite ville |
| Unité urbaine | La Broque (ville-centre) |
| Aire d'attraction | Strasbourg (partie française) (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Mutzig |
| Législatives | Sixième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | https://www.ville-schirmeck.fr/ |
| modifier |
|
Schirmeck [ʃiʁmɛk] est une commune française, située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
Cette commune authentiquement alsacienne s'étend largement vers le massif des Vosges, à partir d'une portion de la vallée de la Bruche.
Schirmeck est une ville neuve fondée au Moyen-Âge par l'évêque de Strasbourg et est longtemps restée sous sa tutelle spirituelle et seigneuriale.
Dès le début du XIXe siècle, Schirmeck a été un chef-lieu de canton du département des Vosges. En 1871, le traité de Francfort l'a intégrée au nouveau land d'Elsass-Lothringen. De retour dans le giron français en , malgré l'intermède nazi de 1940 à 1944, elle a retrouvé la région historique et culturelle d'Alsace.
Ses habitants sont nommés Schirmeckois(es).
La ville est située au bord de la Bruche, au cœur d'une vallée du massif des Vosges.
La commune s'étend sur 1 142 hectares du col entre les Deux Donon à la Bruche, du ruisseau Goutte du Marteau à celui de Tommelsbach, englobant le massif de l’Évêché et les chaumes du Colbery, de 290 m à 823 m d’altitude.
Le relief, très confus, appartient au Dévono-dinantien d’âge primaire et se compose d’une série de schistes et de grauwackes en coulissage irrégulier mis en place au fond d’une mer malmenée par des éruptions volcaniques. La quasi-totalité du territoire est occupée par la forêt caractérisée par un relief très accidenté mais riche du point de vue minéralogique avec la formation de lentilles et de filons ferrifères et accessoirement de manganèse.
Centre de gestion de l'Office National des Forêts.
Les communes limitrophes sont Barembach, La Broque, Grandfontaine, Rothau, Russ et Wisches.
La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Bruche, le ruisseau de Framont, le ruisseau le Barenbach, le ruisseau de la Halle, le ruisseau le Steinbach et le ruisseau le Tomelsbach,,.
La Bruche, d'une longueur de 77 km, prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Strasbourg, après avoir traversé 37 communes. Les caractéristiques hydrologiques de la Bruche sont données par la station hydrologique située sur la commune de Russ. Le débit moyen mensuel est de 5,81 m3/s. Le débit moyen journalier maximum est de 94,6 m3/s, atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de 144 m3/s, atteint le .
Le ruisseau de Framont, d'une longueur de 12 km, prend sa source dans la commune de Grandfontaine et se jette dans la Bruche sur la commune, après avoir traversé trois communes.

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : la fontaine du Colbéry (0 ha),.
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée (1 500 à 2 000 mm/an) en toutes saisons et un hiver rude (moins de 1 °C). Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves,.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 9,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,1 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 018 mm, avec 12,1 jours de précipitations en janvier et 1,1 jours en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Belmont à 8 km à vol d'oiseau, est de 7,0 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 341,9 mm,. La température maximale relevée sur cette station est de 32,4 °C, atteinte le ; la température minimale est de −20,3 °C, atteinte le .
L’étroitesse du site urbain entre la montagne et la Bruche a conduit au percement d'un tunnel de 610 m afin de soulager la ville du transit automobile. Cette déviation est ouverte à la circulation depuis le .

Les aéroports les plus proches sont :
Au , Schirmeck est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022. Elle appartient à l'unité urbaine de la Broque, une agglomération intra-départementale regroupant huit communes, dont elle est ville-centre,,. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronne,. Cette aire, qui regroupe 268 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris),.
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (80,4 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (85 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (76 %), zones urbanisées (14,8 %), prairies (4,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,5 %). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).

Commune située dans une zone de sismicité modérée.
Schirmeck, qualifiant d'abord le château verrouillant la vallée, signifierait « endroit protégé », la localité est dite Chermec en langue romane ou en patois local, une variante de lorrain.
En 1315, la première mention écrite de la ville neuve de Barembach, dite Schirmecke apparaît dans un acte de fondation de la collégiale de Haslach (Niederhaslach). Dans la description des limites de l'abbaye de Senones, la ville nouvellement fondée réapparaît sous le nom de Neufville en Barembax : le terme de « ville neuve ou Neufville» suggère une création récente. La ville est cependant à peine plus grosse qu'un village, c'est une «micro-ville» dont on ignore tout des privilèges (marchés, franchises) et de l'étendue de sa justice, sinon qu'elle dépend étroitement de l'évêché de Strasbourg. Elle occupe néanmoins une position stratégique sur la Bruche, à un carrefour de routes fréquentées reliant l'Alsace à la Lorraine.
Le nom allemand Schirmeck, issue de la formule latine opido nostro Schirmeck, n'est adopté dans les actes de chancellerie qu'à partir de 1348.
Le territoire sur lequel la ville est fondée ex nihilo est une ancienne possession des comtes de Nordgau, acquise du dernier héritier Frédéric de Leiningen de l'illustre lignée de Linange en 1239 par Berthold 1er de Buchhegg, évêque de Strasbourg. Vers la fin du XIIIe siècle un habitat dense se constitue vraisemblablement, juste avant qu'il ne soit emmuré et doté du statut de ville. L’évêque de Strasbourg Johann Ier de Dirpheim (1308-1328) entoure la ville d'un mur d'enceinte, le Ringmauer encore attesté en 1666, et d'un château épiscopal.
Le château et la ville contrôlent un point de passage important entre l’Alsace et le comté de Salm, qui ouvre vers les grands chemins ou rivières du duché de Lorraine, après l'entrée fortement contrôlée et surveillée de La Broque. Vers 1350, un péage contrôlant le franchissement de la Bruche est cité pour la première fois. À cette date, une administration urbaine est en place, avec à sa tête un écoutète, équivalent roman du Schultheiss, fonctionnaire représentant l’évêque. Un péage non moins important était également établi en limite des terres évêchoises de Strasbourg sur le col entre les deux Donons, par où transitent encore au début de l'époque moderne plusieurs milliers de têtes de bétail en cinquante ans, selon la déposition d’un habitant de Harbouey en 1579. Des relations économiques élargies aux marchés et foires aux bestiaux de Francfort, de Strasbourg à Nuremberg font transiter par la ville du vin, du poisson, des céréales, du fer, des moutons, des porcs, des bœufs et des chevaux. Bovidés et céréales, fer et sel viennent plus souvent de Lorraine ou du comté de Salm, mais l'axe est nettement secondaire par rapport à Saverne, joignant Metz et Strasbourg.
En 1362, la ville est peuplée d'environ 260 habitants, les terres du finage de Wackenbach comprises. Rattaché au Moyen Âge au bailliage de Molsheim, le château devient la résidence d'un bailli, lequel se trouve à la tête du nouveau bailliage que forme Schirmeck, comprenant 19 localités, de Mutzig à Natzwiller.
Le , la ville (ou Statt) est vendue, avec tout le territoire compris entre la seigneurie du Ban de la Roche et le château de Guirbaden, au comte Jean III de Salm et à son épouse Philippine de Falkenburg, pour 12 000 florins d'or. L'origine lorraine de l'évêque Jean de Luxembourg-Ligny, fier de ses origines ardennaises, ne paraît pas étrangère à cette vente en faveur du comte de Salm. Dès 1373 néanmoins, le comte de Salm revend en trois parts le territoire à des nobles strasbourgeois. Dès lors, les biens sont progressivement morcelés par des ventes, des successions et des engagements, jusqu'à leur retour à l'évêché en 1518 grâce aux efforts de l'évêque Guillaume de Honstein.
En 1510, un incendie détruit une partie de la ville, et la communauté urbaine ne compte plus en 1544 qu'environ 140 habitants. Selon Henri Lepage, le château, désormais sans affectation, est détruit au XVIe siècle,.
La situation géographique de la ville dans une vaste zone d’expression romane, très minoritairement alémanique, explique sans doute qu'elle a favorisé l’installation de nombreuses familles originaires principalement du comté de Salm, sous conditions : avoir une fortune supérieure à 50 florins, d’être en règle avec la justice et de parler la langue allemande (ce qui n’était pas le cas de tous les habitants du duché de Lorraine, hormis la Lorraine Thioise) [date ?].
Exploités déjà au Moyen Âge, de nombreux filons et amas minéralisés en oxyde de fer ont été exploités par des entrepreneurs principalement au XVIe siècle, ainsi dès 1577 le comte Georg Hans von Veldenz (seigneur de La Petite-Pierre), puis au XVIIIe siècle par les maîtres de forges de Rothau.
Entre ces deux périodes, une forte activité sidérurgique s'était développée avec l'installation d'un haut fourneau à Wackenbach (fonderie de Elias Guntzer de Sainte-Marie-aux-Mines) et de deux autres à Schirmeck à partir de 1597 sous la direction de Nicolas Gennetaire, maître des monnaies du duc de Lorraine de Nancy. Après un début prometteur, la démesure de cette implantation sidérurgique se trouva confronté à la pénurie chronique de charbon de bois que ne pouvait assurer la couverture forestière trop morcelée et peu homogène de l’époque. Même après avoir réduit son ambition sidérurgique à deux hauts fourneaux, Gennetaire fut contraint en 1611 d’abandonner son bail d’exploitation à la suite du pillage de ses forges par des troupes favorables à l’union évangélique (guerre des Évêques).
L’éclatement de la guerre de Trente Ans (1618-1648) qui ravage le Saint-Empire romain germanique ruine le pays ainsi que la ville. De violents combats se produisent entre des troupes impériales aidées par des paysans de la vallée de la Bruche et du Val de Villé et les troupes suédoises en 1633. Ils se soldèrent par la défaite des premiers nommés. A cette occasion, la ville et le château sont détruits et; seules neuf maisons dont trois auberges échappent aux flammes. L'année suivante, une nouvelle administration se met en place et attribue au nom de la couronne de Suède Schirmeck et son bailliage à la famille comtale de Veldenz, un seigneur protestant du Ban de la Roche. Mais la même année, la vallée se trouve, livrée à une soldatesque sans merci, à la suite de la bataille indécise de Nördlingen et du retrait des armées suédoises. En 1635, la ville reçoit le cantonnement de mercenaires au service du roi de France. Mais cela paralyse la reconstruction et n'empêche pas son nouveau pillage par les impériaux la même année.
De plus de 300 âmes en 1634, la population passe à 110 habitants en 1653. La paix ne s’installe que tardivement avec la mort de Louis XIV en 1715, délivrant la ville de la lourdeur catastrophique des impositions militaires. Pendant ce temps, l’Alsace puis Strasbourg (1681) viennent d’être annexées par la France.
Schirmeck perd ses droits de propriétaires forestiers, mais non ses droits d'usages, sur les vastes bois du ban au voisinage du Donon, en 1601 : l'acte de vente signé le 29 décembre 1601 par la communauté endettée, au cardinal Charles de Lorraine, évêque de Strasbourg en atteste. Les droits d'usage, sévèrement encadrés, sont limités à la subsistance des familles, mais les temps troublés qui s'annoncent n'alarment guère la communauté sur cette perte à long terme de ses revenus. Nicolas Garnier, le grand maître des Eaux et Forêts institué à Mutzig à partir de 1692, restreint encore les tolérances d'usages, et applique en 1700 avec sévérité les règlements, d'autant plus qu'il touche un dixième des amendes. La communauté schirmeckoise s'estime de plus en plus flouée et démunie devant une acquisition opportuniste et quasiment frauduleuse par le seigneur temporel, passée inaperçue. Elle tente à plusieurs reprises de vendre ou de récupérer ses droits collectifs d'usages, en passant outre aux interdits.
En , les députés de la commune, les bourgeois Georges Mus, Marc Michon, Dommange Garat, Pierre Jacques, Vincent Brignont et Nicolas Babost, entérinent un accord avec Henri Laurent et ses associés fermiers des forges et hauts fourneaux de Framont, concernant la livraison extraite sur trois parcelles de 4000 cordes de bois de charbonnette sur pied, à prendre en deçà de la minière de l'Evéché, près de Grandfontaine. Il s'agit d'une cession de droits d'usage, chaque corde est payée un grosche ou deux sous courant, la délivraison et le marquage par la commune sont honorés par l'acquéreur vingt sous, sans compter la pension alimentaire des intervenants. L'église de Schirmeck doit recevoir de l'acquéreur 200 florins, une bannière de 15 florins. L'acheteur admodiateur des forges et hauts fourneaux Laurent doit, outre les 12 livres ou 240 sous pour les vins servis pour entériner l'accord, fournir du fer pour le battant de la cloche, payer les cent replants d'arbres, ajouter six florins par chêne, choisi parmi trois, pour confectionner des dormes ou pieux servant à consolider les barrages d'eau, etc. Mais en décembre, la transaction, approuvée le par le prévôt et la communauté réunie de Schirmeck, est annulée ex abrupto par la régence épiscopale. Le contrat reste ainsi lettre morte, et 16.000 stères de bois ne seront jamais vendus. La commune persévère, le maréchal-ferrant de Schirmeck, Pierre Jacques, obtient l'autorisation d'exploitation de 75 cordes en . Le 22 du mois, le contrevenant est condamné et le bois confisqué. Le jugement de l'administration forestière reste catégorique : le canton de bois dit Grandfontaine appartient à son altesse éminentissime le cardinal de Rohan, évêque de Strasbourg. Le , l'évêché propriétaire accorde des autorisations de coupes, moyennant bonne finance pour 3000 cordes adjugées, à Pierre Launay, fermier des forges de Framont. La commune, déboutée plusieurs fois dans ses réclamations, se lance dans un long procès contre l'administration de l'évêque, qu'elle perd après neuf ans d'un ultime procès le .
Après 1724, les grosses exploitations minières de la montagne de l’Évêché reprennent sous la direction des maîtres de forges de Rothau et se poursuivent jusqu’en 1785 sous Jean de Dietrich avant d’être reprises par la famille Champy, maître de forge de Framont-Grandfontaine. Plusieurs autres filons ferrifères sont accessoirement exploités ou sondés de 1827 à 1840 au-dessus du village de Wackenbach (amas d’hématite et de manganèse de Noire Maison) et sur la montagne du Crouhé par des villageois de Wackenbach et de Hersbach (recherche locale de manganèse). Bien que le minerai appartienne au sous-sol de la communauté de Schirmeck-Wackenbach, son extraction et son traitement échappent totalement, puis après la Révolution en partie, à son contrôle, le domaine ayant appartenu jusque-là à l’évêché de Strasbourg.
Avant la Révolution, Schirmeck, à l'instar de Barembach, Natzviller, Russ, Wisches fait partie du bailliage de Mutzig, en Alsace française depuis 1648 alors que sa voisine La Broque en rive gauche appartient à la principauté de Salm-Salm, une principauté d'Empire autonome, enclavée au sein du royaume de France, et Rothau sur l'autre rive de Bruche est du ressort de la seigneurie du Ban de la Roche.
Schirmeck devient en 1790 une commune du premier canton de Rosheim, du district de Sélestat dans le département du Bas-Rhin. Mais la réunion de la Principauté de Salm à la République Française, par acte de la Convention du , crée le 30 pluviôse an III () un dixième district dans les Vosges, celui de Senones auquel sont rattachés notamment neuf communes du Bas-Rhin. Barembach, Russ, Schirmeck et Wisches rejoignent ainsi le canton de La Broque, comprenant les deux autres municipalités de La Broque, Grandfontaine et Framont, de l'ancien ban de Salm. L'arrêté consulaire du 19 vendémiaire an X () remanie l'administration du département des Vosges, en diminuant le nombre de cantons. Le canton de Schirmeck apparaît ainsi avec 15 communes. Le premier consul a privilégié la vieille route stratégique du Donon, de Raon-l'Étape à Schirmeck, mettant en exergue les deux pôles urbains ouvrant cette route. Mais le 26 ventôse an XI, alors que les rapports de l'administration des ponts et chaussées sur les améliorations de la voie ont accablé le général Bonaparte, Allarmont, Vexaincourt et Luvigny sont distraites de ce canton et rattachées à celui de Raon-l'Étape, qui a reçu aussi Celles-sur-Plaine, pour mieux garantir cet axe. Le canton de Schirmeck ne comporte donc plus à cette date que les 11 communes de La Broque, Barembach, Grandfontaine, Natzviller, Neuviller, Rothau, Russ, Schirmeck, Waldersbach, Wildersbach et Wisches. Cette composition est préservée jusqu'à sa disparition en 1871.
Charles Charton, dans les années 1830 comme en 1845 dans sa statistique du département des Vosges, décrit une petite ville de l'ancienne province d'Alsace, qui s'élève en rive droite de la rivière Bruche, vers le versant nord du massif du château. Les ruines de ce château, belle forteresse placée autrefois devant un à-pic de 100 mètres de haut et sur un replat rocheux au milieu de la montagne, au lieu-dit "côte du château", sont encore visibles au midi de la ville. Le clocher de la ville se situe à 347 m au-dessus du niveau de la mer, selon le relevé altimétrique de l'époque. La croyance commune veut que ce château soit à l'origine de la dénomination de la ville. Le marché du mercredi est très fréquenté, ainsi que les quatre vieilles foires qui durent toujours deux jours, le , le mardi avant la semaine sainteainsi que les premiers mardi de juin et de septembre.
La commune de Schirmeck, dont le centre urbain, à 85 km d’Épinal, à 40 km de Saint-Dié est traversé par la route départementale n°15 de Saint-Dié à Strasbourg, est chef-lieu de canton et d'une justice de paix. Outre la cure catholique dépendant du diocèse de Strasbourg, la petite ville de moins de 1490 habitants en 1844 accueille en son cœur un bureau d'enregistrement, une recette des contributions directes et indirectes, deux notaires, deux huissiers assermentés, un garde général des forêts, une brigade de gendarmerie à pied, un bureau et un relais de poste. En 1841, le recensement de l'habitat atteste 235 ménages et 185 maisons, parmi lesquelles figurent les 70 maisons des écarts et hameaux dépendant du hameau de Vackembach, qui vit de l'exploitation de quatre carrières de pierre calcaire et d'une mine de fer dont le minerai remonte par charroi vers les deux derniers hauts fourneaux des forges de Framont-Grandfontaine. La vie politique est bourgeoise et restreinte, avec seulement 125 électeurs censitaires qui élisent les douze échevins ou conseillers municipaux. Il existe un bureau de bienfaisance.
En 1845, outre une salle d'asile gardant 60 petits enfants, il existe quatre écoles : l'école publique de garçons de la ville accueille 108 élèves, l'école publique de filles 195 élèves, probablement du fait de la venue au bourg de filles d'autres communes voisines, l'école mixte du hameau de Wackembach et de ses écarts atteint 100 élèves et une école gratuite de filles adultes et de femmes, fondée selon le vœu du duc d'Orléans, qui est inaugurée le .
L'activité agricole, pastorale, viticole et forestière n'est nullement négligeable. Sur 1144 ha de surface communale, les terres labourées où la rotation froment/seigle/pommes de terre, avec diverses légumineuses de transition et parfois des choux, navets, navette, etc. représentent 271 ha, les prés et prairies humides, souvent renommés pour produire un bon fourrage 155 ha, les jardins où poussent également lin et chanvre et autres vergers ensemble 10 ha, les vignes 12 ha et les bois et forêts 620 ha. Schirmeck ne cultivant que peu d'orge possède une brasserie réputée. Rappelons le secteur industrieux du vallon du Vackembach, qui compte des carrières de pierre calcaire, un four à chaux, quatre scieries et un laminoir installé par les forges de Framont. Cet écart bruyant, inséré dans la vallée vosgienne, permet ainsi à la commune une forte exportation lucrative, suivant les tonnages, de planches de sapin, de bois de construction et de chauffage, de pierre calcaire, de la chaux et des tôles.
En 1806, les premières filatures mécaniques de coton du département des Vosges sont fondées par l'Anglais John Heywood, pionnier de l'industrie cotonnière dans les Vosges. Ses installations industrielles sont par la suite reprises par la société du baron Aimé-Benoît Seillière (1776-1860) et son cousin Benoît-Aimé Seillière, puis le fils de ce dernier, Nicolas-Ernest Seillière (1805-1865). En 1845, les filatures de coton occupent à Schirmeck, pour la première ou plus grande, 220 ouvriers à l'année, avec 58 métiers et surtout 18500 broches, mettant en forme une centaine de tonnes de coton par an, livré par volume décroissant à Sainte-Marie-aux-Mines, Strasbourg, Nancy, Mulhouse et Saint-Dié ; pour la seconde plus modeste, 130 ouvriers sur 35 métiers et 8200 broches produisant 70 tonnes de filés par an, pour des débouchés similaires. Un tissage mécanique comporte 40 métiers à tisser, actionné ou surveillé par 45 ouvriers. Les quelques 7200 pièces de coton fabriquées annuellement sont exportées vers de grandes villes à vocations industrielles, Paris et Mulhouse, car il n'existe à Schirmeck qu'une seule teinturerie de coton en écheveaux.

À proximité de Schirmeck, deux camps furent construits par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale:

La ville est libérée le par la 3e division d'infanterie de l'Armée américaine.
La commune de Schirmeck est membre de la communauté de communes de la Vallée de la Bruche, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Schirmeck. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux.
Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Molsheim, à la circonscription administrative de l'État du Bas-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est.
Sur le plan électoral, elle dépend jusqu'en 2020 du canton de Mutzig pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Bas-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace.
| Scrutin | Candidat | Suffrages | Pourcentage inscrits | Pourcentage exprimés | Blancs et nuls | Abstentions | Inscrits | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Élection présidentielle de 2022 | Emmanuel Macron | 496 | 33,38 % | 50 % | 6,59 % | 28,53 % | 1 486 | |
| Marine Le Pen | 496 | 33,38 % | 50 % | |||||
| Législatives 2024 | Louise Morel | 451 | 31,34 % | 52,14 % | 4,2 % | 37,25 % | 1 439 | |
| Vincent Coussediere | 414 | 28,77 % | 47,86 % | |||||
| Élections européennes de 2024, | La France revient | 290 | 20,10 % | 44,41 % | 3,68 % | 53,01 % | 1 443 | |
| Besoin d’Europe | 100 | 6,93 % | 15,31 % | |||||
| Élections régionales de 2021, | Jean Rottner | 171 | 11,50 % | 39,04 % | 4,08 % | 73,74 % | 3 267 | |
| Laurent Jacobelli | 121 | 8,14 % | 27,63 % | |||||
| Brigitte Klinkert | 95 | 6,39 % | 21,69 % | |||||
En 2021, le budget de la commune était constitué ainsi :
Avec les taux de fiscalité suivants :
Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2020 : médiane en 2020 du revenu disponible, par unité de consommation : 20 520 €.
Établissements d'enseignements :
Professionnels et établissements de santé :
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007.
En 2023, la commune comptait 2 056 habitants, en évolution de −5,82 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
La population est forte d'environ 250 âmes en 1362, mais chute à 25 bourgeois en 1544. Elle totalise environ 300 âmes en 1634 au début de la guerre de Trente Ans pour retomber à 110 en 1653 - puis 290 en 1723 et 530 en 1770.
Dans les zonages d'étude de l'Insee, Schirmeck est rattachée à l'unité urbaine de La Broque, laquelle groupe 5 communes de catégorie « Ville centre » (La Broque, Lutzelhouse, Rothau, Schirmeck et Wisches) et 3 communes de catégorie « Banlieue » (Barembach, Muhlbach-sur-Bruche et Russ).
Radios alsaciennes et nationales présentes :
Commerces de proximité :
| Blason | De gueules au tau fleuronné d'or aux branches duquel sont appendues deux clochettes d'argent. |
|
|---|---|---|
| Détails | La cloche est un emblème qui fait référence à saint Antoine, patron de la bourgeoisie locale sous l'Ancien Régime, tout comme le tau franciscain qui est la croix de saint Antoine. |