| Acionna | |
| Déesse de la mythologie celtique | |
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| Caractéristiques | |
| Fonction principale | déesse des eaux |
| Lieu d'origine | Orléanais |
| Période d'origine | Antiquité celte et gauloise |
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Acionna est une divinité de la Gaule romaine, liée aux eaux. Son existence est attestée dans l'Orléanais.
En 1822, Jean-Baptiste Jollois, un des « inventeurs » de l'archéologie orléanaise, réalisa des sondages sur l'emplacement de la « fontaine de l'Étuvée », une ancienne source artificiellement tarie qu'il était alors question de redécouvrir pour alimenter en eau les fontaines publiques de la ville. Il mit au jour, dans ce qui lui paraissait être un ancien puisard, une stèle approximativement carrée (0,60 × 0,55 m) portant une inscription votive. D'après son style, elle pourrait dater du IIe siècle. La gravure en est soignée et la lecture ne présente aucune difficulté :
Acionna est inconnue par ailleurs, mais la finale en -onna indique indiscutablement un nom gaulois latinisé. La découverte de sa stèle dans une ancienne fontaine suggère une divinité liée aux eaux. Son nom peut être rapproché du nom de l'Essonne - Axiona, Exona, dans les textes médiévaux - qui prend sa source dans la déclivité nord de la forêt d'Orléans. (Le cours supérieur de cette rivière s'appelle aujourd'hui l'Œuf » et ne prend le nom d'« Essonne » qu'après sa jonction avec la Rimarde). Une autre rivière de la forêt d'Orléans, l'« Esse » ou « Ruisseau des Esses » qui, elle, s'écoule vers le sud, porte peut-être le même nom. L'Esse se jette dans la Bionne, au nom certainement celtique. L'École appelée autrefois Escolle est une rivière qui suit un cours parallèle à l'est de celui de l'Essonne.
Acionna avait probablement son sanctuaire à la Fontaine de l'Etuvée sur la commune d'Orléans. En effet, les vestiges d'un temple gallo-romain, ainsi qu'un tronçon d'aqueduc, ont été mis au jour en 2007, lors de fouilles archéologiques. Cette déesse a été vénérée à la source de ces eaux curatives sacrées de la Gaule pendant des millénaires.
Si le premier sanctuaire de l'Étuvée, du Ie siècle av. J.-C., se réduit à un enclos, il est remplacé au Ier siècle ap. J.-C. par un fanum, temple carré à galerie périphérique. Les archéologues ont découvert une série d’ex-voto sous forme de plaquettes en tôle de bronze représentant des yeux, des organes internes ou plus rarement des visages. Ces représentations servaient d'offrandes ou de remerciements à la déesse Acionna pour une guérison. À cela s’ajoutent des instruments destinés aux soins du corps, comme par exemple un miroir, une pince à épiler, un cure-ongle, etc. Leur présence permet d’identifier un sanctuaire guérisseur, souvent en lien avec une source en Gaule romaine. Au IIe siècle ap. J.-C., on observe la construction d’un bassin et d’une cour à portique monumental, mentionné dans l’inscription sur la stèle, mais également du réseau d’aqueducs souterrains. Cette composition architecturale marque simultanément la permanence d’un culte gaulois et son adaptation à la culture romaine.
Plusieurs déesses et nymphes gauloises sont liées aux fleuves et rivières comme Sequana aux sources de la Seine, Icaunis à la source de l’Yonne, Sirona à la source du Suran. parfois leur culte est rendu tout au long de la rivière comme Sagona le long de la Saône, Segeta le long de la Loire, Vesunna à Périgueux au bord de la Dordogne. Chaque source thermale vénère sa déesse ainsi Belisama à Blesme, Bormona à Bourbon-Lancy, Divona à Divonne-les-Bains. Damona a son culte à Bourbonne-les-Bains.
On notera aussi que Capillus — nom latin — est le fils d'un Illiomarus au nom nettement gaulois. À se fier à l'anthroponymie, Capillus peut apparaître comme représentant la seconde génération d'une lignée de notables romanisés, mais qui n'a pas oublié, en cas de nécessité, le recours aux divinités traditionnelles.
La stèle d'Acionna, déposée au jeune Musée historique d'Orléans après sa découverte, a disparu. Mais Jollois l'avait fait dessiner et reproduire en lithographie. Surtout, le Musée des Antiquités nationales a eu le temps d'en prendre un moulage qui se trouve aujourd'hui au musée d'Orléans.