Un agent anticholinergique dit aussi atropinique est une substance appartenant à une classe pharmacologique de composés qui servent à réduire les effets où l'acétylcholine joue le rôle de neuromédiateur dans le système nerveux central et le système nerveux périphérique. L'acétylcholine étant le principal neuromédiateur du système nerveux parasympathique, son blocage entraîne une augmentation du tonus sympathique.
L'ipratropium est l'étalon de cette classe. Il est particulièrement utilisé dans les bronchopneumopathies chroniques obstructives. Les principaux médicaments sont le bromure de tiotropium, le bromure d'ipratropium.
Typiquement, les anticholinergiques sont des inhibiteurs compétitifs réversibles de l'un des deux types de récepteurs de l'acétylcholine, et sont classés en fonction des récepteurs atteints :
La majorité des anticholinergiques sont des antimuscariniques.
Lorsqu'une quantité suffisante d'anticholinergique est en circulation dans le corps, un toxidrome (intoxication) appelé syndrome anticholinergique aigu peut se produire. Cela peut arriver accidentellement ou volontairement dans le cadre d'une consommation récréative (usage de drogues). Les drogues de cette classe sont généralement considérées comme peu « amusantes » par les consommateurs de drogues avertis. Parce que la plupart des usagers n'apprécient pas cette expérience, ils ne cherchent pas à la recommencer, ou très rarement. Les risques d'addiction sont faibles pour les médicaments de la classe des anticholinergiques.
Le syndrome anticholinergique aigu est complètement réversible et régresse lorsque le toxique a été éliminé de l'organisme. Généralement aucun traitement spécifique n'est mis en œuvre. Cependant dans des cas extrêmes, en particulier lorsque les troubles mentaux prédominent, un agent cholinergique réversible comme la physostigmine peut être utilisé.
Les effets potentiels des anticholinergiques sur le système nerveux périphérique comprennent :
Les effets possibles sur le système nerveux central ressemblent à ceux associés au délirium et peuvent comprendre :
Chez les personnes âgées, la charge anticholinergique, qui correspond à l'effet cumulé des médicaments ayant des propriétés anticholinergiques, est associée à un risque accru de déclin cognitif ou de démence. Une revue Cochrane de 2021 juge toutefois le niveau de certitude des données faible. Une revue parapluie publiée en 2025 estime modéré le niveau de certitude de l'association avec la démence, tout en soulignant les limites des données observationnelles. Les maladies motivant la prescription ou les symptômes précoces d'une démence peuvent notamment contribuer à l'association observée.
Une étude de cohorte publiée en 2020, portant sur 688 personnes initialement sans trouble cognitif, rapporte une association entre l'utilisation d'anticholinergiques et l'apparition d'un trouble cognitif léger : le rapport des risques instantanés (hazard ratio) est de 1,47, avec un intervalle de confiance à 95 % de 1,10 à 1,98. Ce résultat concerne l'apparition d'un trouble cognitif léger et ne démontre pas un effet causal sur la maladie d'Alzheimer.
Concernant les anticholinergiques utilisés contre l'hyperactivité vésicale, une évaluation de la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency publiée en 2026 constate également une association avec la démence, mais souligne une incertitude importante quant à son caractère causal et aux différences éventuelles de risque entre molécules.
L'effet d'une réduction de la charge anticholinergique sur l'évolution cognitive reste incertain. Une revue Cochrane de 2023, comprenant trois essais randomisés et 299 participants suivis pendant un à trois mois, conclut que les données, de très faible certitude, ne permettent pas d'établir si ces interventions préservent ou améliorent les fonctions cognitives.
Parmi les plantes qui contiennent des alcaloïdes anticholinergiques, les plus courantes sont :