| Cernunnos | |
| Dieu de la mythologie celtique gauloise | |
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Cernunnos sur le Pilier des Nautes. | |
| Caractéristiques | |
| Fonction principale | Dieu des forêts |
| Lieu d'origine | Gaule |
| Période d'origine | Antiquité celte et gauloise |
| Région de culte | Gaule |
| Symboles | |
| Animal | Cerf |
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Cernunnos est un dieu Celte. Les chercheurs en sont réduits à des conjectures fondées sur l'interprétation de l'onomastique et de l'iconographie pour comprendre son rôle dans la religion gauloise puis gallo-romaine. Figure majeure du panthéon celtique, Cernunnos incarnerait le cycle biologique de la nature, reflétant simultanément la vie et la mort, la germination et le dépérissement, à l'image du cerf, l'animal qui le symbolise, lequel perd ses bois en hiver pour les recouvrer au printemps. Fréquemment associé à la Déesse-mère, une autre figure majeure du panthéon celtique, il représenterait par ailleurs la puissance masculine et la fécondité.
Son nom est attesté par une inscription gallo-romaine : celle du pilier des Nautes de Paris, conservée au musée de Cluny. Le pilier des Nautes est le seul document où on trouve l'image et le nom associés.
On trouve le nom seul sur 3 autres documents épigraphiques. Le premier est une dédicace mise au jour à Montagnac en lettres grecques : αλλετ[ει]υος καρνονου αλ[ι]σο[ντ]εας, que l'on peut traduire par « Alleteinos [a dedié ceci] à Karnonos d'Alisontia ». Le deuxième et troisième sont une paire d'inscriptions identiques découvertes à Steinsel-rëlent au Luxembourg : Deo Ceruninco. Par ailleurs, on a pu identifier des dieux cornus sans nom existant sur plusieurs artefacts archéologiques, lesquels sont répartis dans une aire géographique très vaste. Le plus ancien serait représenté au Val Camonica en Italie du Nord , laquelle est proche de la vallée des merveilles située, dans le massif du Mercantour (Alpes du Sud).
Néanmoins l'icône de Cernunnos la plus connue et la plus étudiée demeure celle ouvragée sur la partie supérieure du chaudron de Gundestrup.

La traduction usuelle du théonyme est « (dieu) cornu ». On restitue d'après carnon « corne, trompe » rapporté par le lexicographe Hésychius comme étant un terme galate ϰἀρνον (karnon) et le nom des peuples gaulois Carni, Carnutes, Carnonacae. Ils doivent signifier ± « les Cornus, ceux à la corne ». On rapproche aussi carnyx « trompe de guerre des celtes » (par analogie avec les cornes traditionnellement utilisées pour produire des sons). On compare avec le breton karn et le gallois carn qui signifient « sabot » (« fait de corne »). Carnonos est attesté au datif comme théonyme dans l'inscription gallo-grecque de Montagnac : carn + suffixe -no- fréquent dans les noms divins. Enfin, on connaît un gallo-latin carnuātus signifiant « cornu », cornu étant issu du latin cornutus.
Le thème avec vocalisme en e kern (le vieil irlandais a cern < *kernā « excroissance [cornue] ») désigne en celtique expressément le sommet de la tête et il s'apparente aux mots indo-européens désignant des bêtes à corne en général et le cerf en particulier. L'élément -unnos est, quant à lui, un suffixe augmentatif dont la signification porte sur la qualité physique du morphème central. On pourrait ainsi traduire de façon littérale Cernunnos par « bellement corné », ou encore « belles cornes, beau cornu ».
De nombreux sites et régions géographiques pourraient présenter des filiations linguistiques avec le théonyme Cernunnos (on pourrait retenir entre autres villes Concarneau (du breton : Konk-Kerne « anse de Cornouaille »), dans le Finistère ; Cerny, nom porté par plusieurs communes françaises, qui sont issus de Cerniacum[réf. nécessaire] ; Cernusco Lombardone en Lombardie ; Cernusson ; Cernuc, en Tchéquie)[réf. nécessaire].
Il y a également un cours d'eau français nommé le Sânon (fluvius Cernuni 699), affluent de la Meurthe en Moselle, nom dont les formes anciennes sont Cernune, Cernone, Kernone (VIIe – VIIIe siècles). De plus, durant l'Antiquité, les dieux fleuves étaient représentés avec des cornes. Le Cernon affluent de l'Isère à Chapareillan.
Ce constat doit toutefois être nuancé ; factuellement, très peu de ces filiations linguistiques sont attestées et/ou vérifiées. On doit cependant citer les Cornouailles, bretonnes et britanniques, le site de Carnac et son église Saint-Kornely, celui-ci étant représenté avec des bœufs (bêtes à cornes). Dans ce cas précis, le morphème celte kern est devenu korn, le -e- remplacé par le -o-, par le biais de l'influence linguistique latine[réf. nécessaire]. On peut également appliquer le même procédé en regard de l'ethnonyme Cornovii (terme décliné en Cornobii, Cornavii et Cornabii), le peuple celte antique qui occupait le territoire des Cornouailles, d'une partie de l'Écosse et des Midlands.


L'iconographie, elle, comporte un dossier d'une soixantaine de représentations. La plus ancienne connue pourrait être une gravure de l'ensemble rupestre du massif de Fontainebleau datant de âge du bronze final, ce qui ferait remonter sa vénération en Gaule à une époque significativement plus ancienne que ce qui prévalait dans le consensus scientifique. Sa représentation la plus connue est celle du chaudron de Gundestrup (récipient cultuel datant du Ier siècle av. J.-C.) et sur le pilier des Nautes de Lutèce (monument élevé par la corporation des Nautes, sous le règne de Tibère entre 14 et 37 après Jésus-Christ). Son iconographie présente certaines caractéristiques fréquentes et/ou récurrentes, cependant, il apparaît parfois sous des formes différentes.
Les divinités traditionnelles des Gaulois ont continué d'être honorées après la conquête. Cela ne dérangeait pas l'autorité romaine dans la mesure où la religion ne servait pas de prétexte à comploter contre elle et n'excluait pas le culte fédérateur à l'empereur. Il arrivait certainement que les Romains installés en Gaule adoptassent dans leur pratique religieuse une divinité locale.
Cernunnos porte le bijou emblématique des Gaulois, le torque, parfois autour du cou, accroché à ses bois ou dans une de ses mains.
Cernunnos est souvent assis en tailleur, à la manière « bouddhique ». Cette posture est traditionnelle des dieux et des héros celtes, représentés en tailleur. On retrouve cette figuration chez les guerriers accroupis découverts en 1860 à Roquepertuse dans les Bouches-du-Rhône. Il apparaît également dans cette position sur certains monuments de Reims, de Vendœuvres, de Saintes ou encore de Sommerecourt. Il peut être debout aussi (Cernunnos de Margerides).

La représentation de Cernunnos, dieu mi-humain, mi-animal, cesse apparemment au IIe siècle de notre ère. À cette période, le panthéon gallo-romain est dominé par les formes classiques anthropomorphiques (en témoigne ce que l'on suppose être l'équivalent romain de Cernunnos, Mercure). Peu de temps après la conquête et le processus de romanisation de la Gaule, les principaux piliers et vecteurs culturels gaulois se voient "récupérés" et absorbés dans ceux indubitablement prégnants des Romains.

On pourrait interpréter le fait qu'il est représenté tenant un sac de pièces ou un panier plein de nourriture comme le signe qu'il est le dieu de la richesse. Les bois peuvent symboliser la puissance fécondante et les renouvellements cycliques, ils repoussent pendant la saison claire de l’année celtique. Une sculpture de Cernunnos trouvée à Meaux montre le sommet de son crâne muni de deux protubérances latérales qui suggèrent la repousse prochaine de la ramure.
Selon l'historienne Anne Lombard-Jourdan, le dieu père des Gaulois auquel Jules César donne le nom d'un dieu romain, Dis Pater, forme plus ancienne de Pluton, pourrait être Cernunnos. Dis Pater est en effet le dieu du monde souterrain et des richesses comme pourrait l'être Cernunnos. Le dieu que Jules César nomme Dis Pater pourrait avoir été honoré sous des formes et des dénominations variées : tel peuple pouvait célébrer son culte sous tel ou tel nom selon des qualités divines mises en avant par les druides locaux. Cernunnos est le seul dieu à porter systématiquement des attributs caractéristiques des peuples des Gaules comme les braies et le torque, ce qui plaide pour en faire un dieu père des Gaulois. Ces appellations ont donné naissance à des dieux plus connus : chacun de ces dieux ne serait en fait qu'une hypostase du dieu Père.
Plusieurs éléments semblent indiquer que la figure de Cernunnos correspond à une divinité très ancienne. Selon toutes apparences, le culte d'un dieu cornu pourvu de bois de cerf semblerait remonter à l'ère des mégalithes, ou plus précisément au cours de la période du mésolithique, lorsque le cerf faisait figure d'« animal sacré » ; on pourrait mettre en évidence ce postulat par la mise au jour d'une peinture pariétale sise dans la grotte des Trois-Frères dans l'Ariège, ladite peinture représente, entre autres, des « sorciers » munis de bois de cervidés sur la tête[source insuffisante].
Dès le IVe et le IIIe millénaire, dans la vallée de l'Indus, un dieu cornu est existant: assis en tailleur, à la face simiesque, et à ses côtés, des animaux sauvages, comme des éléphants et des rhinocéros.
Sa posture yogique pourrait indiquer une origine pré-celte (et pré-indo-européenne) selon Alain Daniélou, relevant de la même thématique iconographique que celle du sceau retrouvé à Mohenjo-daro (civilisation de l'Indus) : représentation d'un dieu à cornes, assis en tailleur, entouré d'animaux. Cette figure de Mohenjo-daro correspondrait à Pashupati, épithète de Rudra, une figure primitive de Shiva[source insuffisante], lui-même initialement épithète de Rudra. Une icône similaire et localisée dans la même région du monde a été identifiée sur un autre sceau, sur le site archéologique d'Harappa et datée de la période pré-aryenne de l'Inde. On pourrait donc conjecturer, en regard de ces deux indices, une probable parenté mythologique entre Cernunnos et Shiva.
On peut signaler qu'à l'époque proto-hittite, il existait dans la civilisation du Hatti un culte du cerf. Il persistera d'ailleurs, en Cappadoce un culte similaire, d'où pourrait découler la vision de saint Eustache, général romain amateur de chasse. Ainsi, Placidus se convertit au christianisme et prit le nom d’Eustache après avoir vu apparaître une croix entre les bois d’un cerf[source insuffisante].

Dès lors, Pwyll et Arawn reprennent leur place respectives et Pwyll, prince de Dyvet, est désormais également appelé « Roi d'Annwvyn » par son peuple vassalisé. Au-delà de l'apparition de Cernunnos sous les traits d'un autre avatar; ce conte oral mettrait également en lumière l'importance du culte marital dans la tradition celtique et post-celtique.