Corbais

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Corbais
(nl) Korbeek
Corbais
L'église Saint-Pierre.
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province du Brabant wallon Province du Brabant wallon
Arrondissement Nivelles
Commune Mont-Saint-Guibert
Code postal 1435
Code INS 25068B
Zone téléphonique 010
Démographie
Gentilé Corbaisien(ne)
Population 1 414 hab. (1/1/2025)
Densité 232 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 38′ 46″ nord, 4° 39′ 18″ est
Superficie 610 ha = 6,10 km2
Localisation
Géolocalisation sur la carte : Belgique
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Corbais
Géolocalisation sur la carte : Belgique
Voir sur la carte administrative de Belgique
Corbais
Géolocalisation sur la carte : Région wallonne
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Corbais
Géolocalisation sur la carte : Brabant wallon
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Corbais

Corbais (en wallon Côrbåy, en néerlandais Korbeek) est une section de la commune belge de Mont-Saint-Guibert située en Région wallonne dans la province du Brabant wallon.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Corbais est arrosée par le Ry de Corbais, affluent de l'Orne.

Toponymie

Plusieurs hypothèses coexistent sur l'origine du nom de Corbais.

En latin, depuis le Moyen Âge, le village s'appelle "Corbacum". Il sera déformé d'années en années pour donner le wallon : "Corbaye" localement. Le latin restant la langue de l'administration, le nom Corbacum subsistera dans les registres et cartes pendant tout le Moyen Âge et le début des Temps Modernes jusqu'à ce que le français s'impose comme nouvelle langue d'administration. Le nom Corbaye sera transformé en Corbais par les autorités pour sonner plus français. Cependant l'appellation wallonne restera en usage en grande majorité parmi la population du village et de la région jusqu'au milieu du XXe siècle,

L'hypothèse avancée par des linguistes indiquerait que Corbacum en latin viendrait d'une déformation du germanique "Kort-beek" qui signifie: court ruisseau, le suffixe -beek est en effet fort présent en Flandre et à Bruxelles. Ou bien kork-beek (ruisseau bordé de chênes), ce qui n'est pas impossible car à l'antiquité les terres du brabant wallon n'étaient pas du tout aussi défrichées qu'aujourd'hui. Une tribu germanique aurait pu s'installer là ou simplement nommer le lieu qui sera ensuite habité par des gallo-romains,

Une autre hypothèse indiquerait une parenté avec le village voisin Corroy le Grand, du latin -coryletum désignant un bois de coudriers ou de noisetiers, Le nom des deux villages viendraient de là car se trouvant à l'époque dans le même bois de noisetiers et comme Corbais se trouve plus au sud que Corroy, le suffixe -bas, typique des langues d'oil se serait rajouté au préfixe -Cor, diminutif de -Coryletum. Selon cette hypothèse, Corbais viendrait donc de Cor-bas, c'est-à-dire le bas du bois de noisetiers. Le suffixe -bacum en latin serait une analogie topographique ou une assimilation phonétique,

Géographie

Le village de Corbais se trouve sur le plateau brabançon, région naturelle du milieu de la Belgique, caractérisée par des bas plateaux sablo-limoneux très fertiles, un relief plat ou vallonné et une forte tradition agricole.

Démographie

En 1374, on compte à Corbais 43 ménages. Vers 1436, durant l'époque du chevalier Griffon du Bois, il n'y a plus qu'une trentaine de foyers

Selon les registres paroissiaux, entre 1650 et 1670, la moyenne des baptêmes est de sept par an. Ce qui donnerait une population de 200 à 250 habitants.

Les registres de l'état civil remontent à 1648 pour les mariages, à 1650 pour les naissances et à 1654 pour les décès. On comptait à Corbais en 1666, « 180 communiants ».

À la fin du XVIIe siècle, époque de guerres et de troubles, le nombre d'enfants baptisés par an tombe à cinq. Un recensement de 1686 ne signale à Corbais outre les fermes, qu'une trentaine de maisons de manouvriers.

En 1709, sont recensés 129 habitants.

La visite d'église de 1732 rapporte qu'il y a à Corbais : « 120 communiants qui satisfont au devoir pascal »".

En 1754, le recensement fait par l'ordonnance de Marie-Thérèse d'Autriche, Impératrice du Saint-Empire Germanique et Duchesse de Brabant, et exécuté par Charles-Alexandre de Lorraine, son beau-frère, gouverneur général des Pays-Bas autrichiens, donne tous les noms et prénoms des habitants de Corbais, qui ne dépassent alors pas 250 âmes et occupant une cinquantaine de maisons.

En 1784, via les registres paroissiaux, il y'avait à Corbais 52 couples mariés, 9 veufs et 14 veuves, 56 jeunes gens, 50 jeunes filles et 88 enfants. Au total 321 personnes.

En l'an VIII de la Révolution (1799), le recensement fait par les Français indique seulement 224 habitants, à la suite des troubles et atrocités commises par les troupes révolutionnaires.

En 1808, le calme retrouvé après le Concordat de 1801, on compte plus de 400 habitants.

Histoire

Moyen Âge

Les premières traces de la mention de Corbais datent de l'an 948. Le village est alors propriété de l'abbaye de Gembloux,

Vers la fin du XIIe siècle, un donjon d'une vingtaine de mètres est érigé, très probablement à côté du manoir des seigneurs de Corbais disparu depuis des temps indéterminés et qui se trouvait entre cette tour et la Ferme dite du seigneur. Elle est apparentée à la tour d'Alvaux, située entre Hévillers et Nil, et la tour de Bierbais localisée à Hévillers,. Elle s'effondra partiellement en 1848.

La tour, de nos jours.

Tout au long de cette époque médiévale, cette solide structure fortifiée remplissait une fonction vitale : elle servait de refuge protecteur pour la famille seigneuriale et pour l'ensemble des villageois de Corbais en cas d'attaque ou de pillage. En effet, le duché de Brabant et le comté de Namur étaient en ce temps là en proie à de violents affrontements.

Des documents attestent qu'une église digne de ce nom existait déjà à Corbais en 1230.

Chevaliers

Grâce à des chartes médiévales, des chevaliers corbaisiens sont connus:

En 1366, des habitants de Corbais ont engagé eux-mêmes un homme chargé de protéger leurs biens. Ils lui ont fait prêter serment, mais ils n’avaient pas demandé l’autorisation du mayeur de Mont-Saint-Guibert. Le sénéchal de Brabant les a donc punis d’une amende. Voici leurs noms et ce qu'ils durent payer: Collin dou Puich de Correbays, 25 moutons, Frankart dou Tige de Corbays, 50 moutons, Jean Conet, 20 moutons, Henri, son frère, 20 moutons, Arnoul le Barbieur, 15 moutons, Marion Des Chaus, 5 moutons.

En 1431, Pierre le Mulman et quatre autres habitants de Corbais ont libéré de force un homme qui venait d’être arrêté à Corbais par un sergent du bailli du Brabant. Ils estimaient que le sergent n’avait pas le droit de l’arrêter, car selon eux, Corbais se trouvait à cet endroit sous l’autorité du seigneur de Walhain. Le bailli leur répondit que, même s’ils avaient raison sur le fond et que l’arrestation était effectivement injustifiée, ils n’avaient pas le droit de s’opposer par la force à son sergent. Cependant, à la demande du seigneur de Dongelberg et de Jean de Woude, seigneur de Walhain, les cinq hommes furent autorisés à régler l'affaire en payant une amende de 16 griffons, soit 2 livres et 14 sous de gros.

En 1492, on ne compte plus que 23 foyers à Corbais. Le Brabant connaît au XVe siècle des guerres, des crises politiques et militaires, des réquisitions et des destructions, auxquelles s'ajoutent des crises agricoles et démographiques.

Et Corbais n'est pas simplement un village agricole isolé, il se trouve dans un territoire seigneurial, avec des voies de communication et des intérêts militaires locaux. La tour de Corbais, devenue propriété du chevalier Griffon du Bois au début du XVe siècle, avait précisément une fonction de refuge pour la population en cas d'attaque. Il faut toutefois être très prudent dans l'interprétation des chiffres. Le dénombrement de 1374 porte notamment sur les adultes imposables, tandis que les dénombrements de la période bourguignonne utilisent les foyers/maisons comme unité fiscale. Les historiens soulignent explicitement que les comparaisons directes sont difficiles

Temps Modernes et Ancien Régime

Carte de Corbais en 1742 dessinée par Edmond Bourguignon en 1910.

Lors des guerres de la ligue d'Augsbourg contre le Roi de France Louis XIV, en 1691, les troupes des puissances coalisées contre la France campèrent dans les plaines entre Corbais et Chaumont-Gistoux, souscommandement du Roi d'Angleterre Guillaume III. Les troupes anglaises ont alors entièrement fourragé le village de Corbais. En 1693, l'armée de France toujours campées dans ces campagnes fourragea et ravagea le village

Corbais sur la carte de Villaret vers 1748. Les proportions, distances et formes ne sont pas totalement exactes. Elle n'a d'ailleurs jamais été terminée.

En 1773, après plusieurs effondrements et rénovations, l'évêque interdit l'entrée dans l'église pour la sécurité. Une nouvelle est alors construite, c'est d'ailleurs à cette période que les hommes du comte de Ferraris passent dans le village pour y étudier la géographie en vue de réaliser la célèbre carte. L'église de Corbais y est donc représentée en cours de construction.

Corbais sur la carte de Ferraris (1770-1778).

En 1784, après un siècle de paix relative et de prospérité pour le Duché de Brabant, on monte à 314 habitants 1 prêtre, 54 hommes, 62 femmes, 54 garçons et 50 filles âgés de plus de 12 ans, 47 garçons et 46 filles âgés de moins de 12 ans.

Période révolutionnaire

À partir de 1787, c'est la révolution brabançonne contre Joseph II. Contrairement aux Français, la révolution de Brabant est conservatrice et catholique. Elle mène à la création des États belgiques unis, qui seront néanmoins récupéré rapidement par l'Autriche.

En 1794, l'armée autrichienne perd la bataille de Fleurus contre la première république révolutionnaire française. La France annexa donc les Pays-Bas autrichiens et la Principauté de Liège via le vote de la Convention du 9 vendéminaire an IV (octobre 1795). Les provinces furent créées. Le Brabant se scinda et devint les départements de la Dyle, des Deux-Nèthes et des Bouches du Rhin. Corbais se trouva dans le département de la Dyle et dans le canton de Nil-Saint-Martin.

Selon les travaux de l'abbé Ploegaerts, curé de Corbais, la domination française était une véritable tyrannie pour les populations des campagnes. Le directoire étant profondément anticlérical, les persécutions religieuses se firent ressentir rapidement. L'église fût immédiatement pillée et fermée, les croix furent brisées, 3 des 4 cloches de l'église furent descendues et fondues, le mobilier fût saisi et vendu tout comme les fermes seigneuriales. Les chapelles ont été profanées (les statues ont pu être sauvées et cachées à temps). Les prêtres refusant de prêter serment au serment de haine à la royauté furent menacés de mort ou de déportation, ils durent célébrer la messe en secret. Le presbytère fût saisi et vendu Les cultures furent piétinées, ravagées, brûlées et fourragées par les soldats. Les révolutionnaires menacèrent de brûler et saccager le village comme l'abbaye de Villers si les fils corbaisiens refusent de servir dans l'armée révolutionnaire, alors en guerre avec l'Autriche. Les chevaux, le bétail et les récoltes sont réquisitionnés et des femmes sont victimes de viol. Des passages à tabac gratuits sur des habitants ont également lieu. Le nombre d'habitants de Corbais diminue presque de moitié lors de cette période.

Toutefois, sous les conseils du curé, Corbais ne participa pas à la révolte des paysans en 1798. Surnommée la « Vendée belge », cette rébellion est mal organisée et privée des soutiens étrangers escomptés (comme les Britanniques ou les Autrichiens). En décembre 1798, l'armée française écrase définitivement les derniers grands rassemblements rebelles lors de combats décisifs à Hasselt, Diest, Mol et Bornem. Au final, Corbais a échappé a une vaine insurrection qui lui aurait coûté gros. En effet, cette révolte a fait environ 6 000 morts, 2 000 prisonniers dont 400 exécutés et 643 prêtres déportés parmi la future population belge.

XIXe siècle et époque industrielle

À partir du coup d'état de 1799 et du concordat de 1801 sous Napoléon, les violences se calment. C'est la fin de la "Terreur".

Napoléon perd à Waterloo en 1815. Pour éviter une nouvelle révolution et stabiliser l'Europe, le congrès de Vienne créée deux états-tampons sur les territoires anciennement conquis par la république Française. Les régions de la future Belgique sont donc rattachés au Royaume des Pays-Bas.

Sous le gouvernement hollandais (1815-1830), il y'a une prospérité commerciale et économique alliant parfaitement le nord et le sud du pays. Ce qui permet beaucoup de travaux publics. La moderne route Nationale 4 entamée par les Français sur l'axe Wavre-Lauzelle, est terminée par les pouvoirs publics en continuant depuis Lauzelle jusqu'à Namur. Cette route coupe le village en deux et fût construite à travers champs. Certains corbaisiens ont été réquisitionnés pour aider les travaux sur les remblais et déblais. Elle va profondément changer le mode de vie du village. La révolution industrielle arrive également en même temps. Le travail d'usine se démocratise.

Corbais vers 1850. La Grand'Route (N4) est récente. On voit déjà à l'époque des commerçants installer leurs maisons le long de cet axe.

Après l'indépendance, le département de la Dyle créé par les français reprend le nom de Brabant et devient une province nationale. Le français, pourtant parlé par la minorité bourgeoise est seule langue officielle du pays. Corbais devient une commune à part entière.

Beaucoup de commerçants viennent s'installer le long de la Nationale 4. Cet axe pavé, droit et plus ou moins stable, est bien plus pratique pour transporter des marchandises que les vieux chemins de terres. Les autorités suppriment, vendent ou détruisent tous les anciens chemins devenus inutiles. L'ancien axe principal et sinueux, qui passait à 200 m à l'ouest de la nouvelle chaussée, pour se rendre à Wavre et Namur, le fameux Grand Chemin de Wavre devint presque totalement inutile. Il est vendu en 1835 par la commune et est remembré, mettant fin à des siècles de passages quotidiens. La tour des griffons s'effondre en fin février 1848.

En 1846, le gouvernement avait entreprit la création d'une ligne de chemin de fer S.N.C.B. de Bruxelles à Namur. L'intention de base était de diriger cette voie à partir de La Hulpe sur Wavre et Gembloux, en suivant plus ou moins la Nationale 4. Finalement ce tracé fût abandonné au profit de la gare d'Ottignies, construite et mise en service en 1855. Elle engloba donc la ligne entre Bruxelles et Gembloux, supprimant donc la possibilité d'un chemin de fer le long de la N4 et d'une gare à Corbais, halte qui avait été demandée par le Conseil Communal corbaisien par une requête à la Chambre des Représentants. Vu l'abandon de ce projet au profit d'Ottignies, ce même conseil communal demanda, et obtint, en 1852, la création d'une halte à Mont-Saint-Guibert.

Croisement entre la N4 (encore en pavés) et la rue Thomas à droite, à Corbais vers 1900.

Une loi du 24 juin 1885 étudia les modalités de création et d'exploitation d'une ligne de Chemin de Fer Vicinal S.N.C.V. entre Chastre et Jodoigne. L'accord se fit le 12 mars 1896. Chaque commune traversée devait participer aux frais d'installation sous forme d'annuités pendant 90 ans, de même que l'État et la Province. Corbais refusa de contribuer. Ce qui amena la S.N.C.V. à modifier le tracé. Néanmoins, elle consenti à établir un arrêt à l'extrémité du village, à 600 m à l'est de l'église. Si la commune avait accepté de participer, le tram venant de Nil-Saint-Vincent serait passé par le rue de l'église et rue de la tour pour rejoindre la rue haute et se diriger vers Corroy-le-Grand.

En 1900, plus aucun chemin dans le village n'est en terre. Toutes les rues sont pavées avec des têtes de moines, des gros pavés bruns mal équarris. En 1902, le tram à vapeur S.N.C.V emporte pour la première fois des passagers après la fin des travaux d'installation. En 1905, la N4 est macadamisée et élargie.

La Rue Haute vers 1910.

Lors de l'arrivée de l'automobile au début du XXe siècle, on compte 10 voitures par jour sur la N4. À cette époque là, les gens se déplaçaient encore majoritairement à pied, à cheval, à vélo, en tram ou en charrette. Les enfants jouaient souvent aux billes sur la chaussée (car propre et sèche comparé aux rues du village qui recevaient constamment les eaux usées, résidus de travaux agricoles et déjections de bovins) devant de temps en temps s'écarter pour laisser le passage aux voitures. Chose impensable de nos jours ,. dec

Première Guerre mondiale

Corbais avait été informé de la résistance des forts de Liège et la plupart de villageois ne pensaient pas que les allemands pouvaient arriver jusqu'à eux. La semaine suivantes des dragons et cuirassiers français campèrent dans le village, ils battaient déjà en retraite. Ils repartirent dans la direction de Gembloux. Leur cheminement était surveillé par une "Taupe" allemande, un gros avion bruyant et volant lentement.

Le 15 août, le Corbaisien René Gillet abat un soldat allemand égaré. Après sa mort, les militaires allemands déportèrent le bourgmestre Dubois pendant quelques semaines en France. Il reviendra très affaibli et n'en s'en remit jamais totalement, il décéda le 19 juillet 1915. Le 16 août 1914, une quinzaine de cavaliers Uhlans divisé en trois groupes apparurent. Le premier groupe venait de la direction du moulin du Tiège, un autre groupe est arrivé par la N4 et le troisième, venait de Wavre. Il s'agissait probablement d'une avant-garde.

L'infanterie fit son apparition dans le courant de la semaine suivante. Un défilé continu de fantassins. La troupe passa pendant trois jours. La population n'eût pas à endurer de sévices. En revanche, des poules furent volées. Des officiers allemands passèrent la nuit dans la maison d’Émile Leglise à la rue haute. Ils parlaient couramment le français pouvant communiquer avec les villageois qui savaient le parler. Les officiers payèrent leurs consommations en faisant néanmoins remarquer qu'un mark valait non pas 1 franc mais 1,25 francs. La population de la rue haute fut contrainte d'installer, le long du chemin, des pots remplis d'eau pour que les soldats puissent y remplir leur gourde. L'infanterie allemande se dirigeait vers Blanmont sans cheminer, nécessairement par les routes, ceci afin de gagner du temps.

Ensuite, ce fût l'artillerie qui défila durant deux jours. Elle était principalement composée de canons légers à traction hippomobile. L'intendance suivait l'artillerie, ceux-là ont campé dans le village et ont tué et volés des bêtes, vidèrent la cave à vin du curé et s'enivrèrent, laissant un mauvais souvenir aux habitants. Il menacèrent de représailles le village sous le prétexte que le drapeau belge flottait toujours à la maison communale. En arrachant le drapeau, ils découvrirent la caisse d'armes cachées dans une petite pièce du bâtiment. Ils les confisquèrent.

Après leur départ, peu de militaires ont encore circulé en rue. Quelques cavaliers vivaient dans les fermes, entretenant leurs chevaux. La guerre des tranchées avait rendu leur participation inutile. Très peu parlaient le français et évidemment aucun le wallon. Ils assistaient cependant à la messe dominicale. L'administration avait cessé de fonctionner, personne n'allait travailler hors du village. Un contrôle mensuel avait lieu à Mont-Saint-Guibert, pour assurer la présence physique des individus. Nombreux, en effet, étaient ceux qui tentaient de rejoindre le front en passant par les Pays-Bas.

Le ravitaillement fut organisé par la commune. Chaque habitant possédait sa carte. Henri Haulotte était chargé des distributions de vivres. Les vols et maraudages augmentèrent. Les fermiers furent astreints à fournir une partie des récoltes et des viandes à l'ennemi.

En 1918, des dirigeables partant de Suarlée vers l'Angleterre pour la bombarder furent aperçus au-dessus du village. Les Allemands installés dans le village informèrent les habitants que les Anglais étaient entrés dans Mons. Ils avaient eu l'information par radio, installée sur le clocher de l'église. L'armistice fut paradoxalement fêté par les Allemands qui se soulèrent copieusement, si heureux de rentrer dans leur pays.

Les deux Corbaisiens tués sur le front sont :

Émile Jules Joseph Fabry, né à la Ferme du Seigneur de Corbais en 1896. Engagé volontaire en 1914, il est lieutenant au 2e régiment de Ligne à seulement 22 ans lorsqu'il est tué 29 septembre 1918 à Zarren-Klerken.

et Émile Ghislain Léonard, né à Corbais en 1891. Soldat au 14e régiment de Ligne, tué à Dixmude le 26 octobre 1914.

Il y eût donc deux tués sur 25 hommes mobilisés.

Deux autres soldats originaires du village mais résidants à Mont-Saint-Guibert ont aussi perdu la vie. Il s'agissait de :

Fernand Anciaux, né en 1886, rue de l'église à Corbais. Marié et père de famille. Soldat au 13e régiment de Ligne. Tué à Ramskapelle le 2 juin 1915.

Jules Joseph Ghislain Gomand, né à Corbais en 1888. Soldat au 2e régiment des grenadiers, première compagnie, deuxième bataillon. Tué le 22 août 1914 à Hofstade,

L'entre-deux-guerres

La Rue de la Tour dans l'entre deux-guerres.

En 1928, l'électricité arrive dans le village. Elle modifia le paysage avec l'installation de poteaux électriques. La tension était de 130 volts. En ce temps-là, une ampoule par pièce était suffisante.

En 1930, le ruisseau est voûté partiellement.

En 1934, le tram à vapeur S.N.C.V. est remplacé par un tram diesel.

Seconde Guerre mondiale

Le vendredi 10 mai 1940, durant la nuit, des avions passent et laissent dans leur sillage de larges bandes blanches entrecroisées. Les villageois croient à un exercice, jusqu'à ce que la radio informe qu'à l'aube, les allemands ont attaqué la Belgique, la Hollande et le Luxembourg. Dès ce moment, les Corbaisiens restent scotchés à leur T.S.F.

En début d'après-midi, des automitrailleuses et des chars légers français arrivent à Corbais. Ils passent par la rue Haute vers Corroy et Chaumont-Gistoux. Dans la nuit du 15 au 16 mai, les Français reçoivent l'ordre de se replier malgré la victoire à la bataille de Gembloux. En effet, l'ennemi a réalisé une percée plus au sud et risque de prendre en tenaille les troupes françaises. Ces derniers se replient alors vers Dunkerque. Ce repli a très probablement sauvé Corbais et les villages alentours d'énormes ravages. René Louis, un jeune corbaisien militaire de carrière disposant pourtant d'un congé à partir du 10 mai 1940, est vite rappelé dans son unité. Il ne reviendra qu'en mai 1945, à son retour du stalag.

Le dimanche 12 mai 1940, fête de Pentecôte. Les villageois se rendent vite à la messe et rentrent tout aussi rapidement. D'autant plus que dans le ciel un bombardier allemand poursuivi par un chasseur allié se déleste de ses bombes qui explosent à la lisière du village détruisant un mur du cimetière. Dans la matinée du 13 mai 1940, une bombe tombe sur le café de Joseph Barbier, près de l'église. Seule la façade reste debout. Joseph était absent mais sa femme sera blessée. L'après-midi, Jules Haulotte, le garde champêtre, invite les jeunes gens à partir de 16 ans à se rassembler devant la maison communale. Le but est de les soustraire aux allemands, ils parent en début de soirée vers Roulers. Au crépuscule, d'innombrables ambulances françaises arrivent, elles se garent devant la ferme du Château. Un officier-médecin français apprend aux habitants que la bataille fait rage dans la région d'Hannut-Orp. Les lignes de défense ont été franchies à certains endroits, de nombreuses pertes humaines et mécaniques sont à déplorer. Après le départ des ambulances, des soldats arrivent. Les habitants se concertent. L'évacuation est envisagée. Idée confortée par les officiers français expliquant qu'une bataille va s'engager suivant la ligne KW. Il ne restera, selon eux, plus aucune maison debout. Comme les troupes de couvertures se replient déjà derrière la ligne KW, les décisions d'évacuation sont prises et les convois s'organisent par groupements familiaux et amicaux. La plupart des villageois ont quitté la commune avec des chariots et vélos avant minuit. Les touts derniers, le lendemain matin seront arrêtés sur la route de Mont-Saint-Guibert par les barrières Cointet, qui viennent d'être verrouillées. Pour eux, l'exode se termine à 3 km de leur résidence. Ils durent rentrer au village.

Après cela, la première semaine de guerre, Corbais faillit avoir le triste privilège d'être placé au rang de village martyr. Un régiment allemand faisait halte dans le village. Ils avaient placé une pièce d'artillerie en batterie derrière la Ferme du Château. Elle était dirigée en direction de Mont-Saint-Guibert vers la Ferme de La Grange à la Dîme (cette ferme se trouve le long de la route allant de Mont-Saint-Guibert à l'Axis Parc). Un fermier demanda le but de cette manœuvre. Les Allemands le prirent pour un officier belge retraité. Sa demande le fit considérer comme un espion. Conséquence, les soldats ratissèrent le village. Tout ceux qui n'avaient pas pu évacuer furent rassemblés devant la Ferme. Les hommes alignés contre le mur à l'arrière et les femmes debout devant la rue Haute. On estime qu'il restait environ 20 femmes et 20 hommes dans le village. Une mitrailleuse fût installée en face des otages masculins. L'un d'entre-eux, Georges Dujacquier, au verbe aisé, demanda à parlementer avec le commandant, ce qui lui fût accordé. Il expliqua que ces gens étaient des simples cultivateurs qui n'avaient pas quitté le village pour s'occuper de leur bétail, il se proposa même comme otage unique. Après cela, le commandant expliqua qu'il hésitait soit à les fusiller, soit à les employer comme bouclier humain lors de la prochaine opération. La première option fût choisie. La mitrailleuse fût chargée. Mais avant la mise à mort, une estafette se présenta au commandant et lui remit un message. Après l'avoir lue, il lança un ordre. Les soldats replièrent la mitrailleuse, le régiment monta dans les camions et la colonne s'ébranla vers la chaussée. En quelques minutes, le village fut vide d'Allemands. Le contenu de la missive est à ce jour resté inconnu. Quelques jours après cela, le curé Van Hoeck, voulant rendre services aux villageois éprouvés, se rend à pied à la distillerie Descamp de Gembloux pour un ramener de la levure, denrée devenue très rare. Sur le chemin du retour, un officier de la Wehrmacht l'invite à monter dans sa voiture. Le prêtre souhaite s'arrêter au carrefour de la N4 avec la rue haute. L'Allemand lui dit qu'il va le déposer au café Martin (l'actuelle pompe Lukoil), car le chemin sera plus court pour rejoindre la cure via la rue Thomas. Il demande également des nouvelles de Victor Casse chez qui il a séjourné avant la guerre. Stupéfait, le curé ne comprend pas sur le moment et descend de la voiture au café Martin. Il se confie à un paroissien qui lui explique que la petite ferme de Victor Casse est ouverte à tout colporteur demandant l'hospice et à manger. C'est probablement ainsi que cet espion allemand, sous le déguisement d'un clochard, a connu cet agriculteur. Il aura ainsi pu étudier tous les environs du village en toute liberté et à bon compte.

Des Corbaisiens restés au village s'engagèrent dans la résistance. Le Front de l'Indépendance (section Corbais-Mont-Saint-Guibert). En mars 1941, 3 anciens militaires de carrière : Louis FONTAINE, René NISET, Jules FONTAINE, caporaux, et de concert avec Joseph ANCIAUX, bourgmestre de Corbais formèrent un noyau de résistance. Vinrent s'ajouter à eux plusieurs patriotes de la commune : Jules BOUSMAN, Emile FABRY, Auguste WINANT, Pierre MERLIER, Henri GILBERT, Ernest JASSOGNE et enfin, un autre militaire de carrière, le sergent Marcel ANDRE de la commune de Saint-Géry et qui était employé au service de ravitaillement,

La résistance commença par le sabotage de la livraison de métaux non-ferreux. Ils sabotèrent aussi toutes les fournitures destinées à l'ennemi : paille, fourrage, avoine, lin, colza. Lors des réquisitions de chevaux, celles-ci furent presque infructueuses grâce aux recensements faussés, faux certificats d'abattages et de mortalité. Le seul qui ait eut la malchance de se voir voler ses étalons par les Allemands fût Paul Jadoul, natif du Limbourg, père de Gaston Jadoul, l'ancien jockey de Corbais. Il élevait ses chevaux comme locataire dans les étables restantes de l'ancienne Ferme du Beau-Logis. Se retrouvant ruiné sans ses bêtes dont il prenait soin. Il sombra dans une dépression. Il mourût en 1949 d'un cancer. Il s'agissait du grand-père de Paul Jadoul ancien bourgmestre PSC de Mont-Saint-Guibert,La résistance était mise en rapport avec le bourgmestre de Wavre, Alphonse Bosch, et travaillant avec lui. Ils établirent, avec les administrations communales, de fausses cartes d'identités, de ravitaillement, de domicile pour les étrangers réfractaires. Ils distribuèrent des timbres et hébergèrent des militaires poursuivis. Les registres de population sont falsifiés aussi, mettant les agents de la Weberstelle dans l'incapacité d'accomplir un travail sérieux et exact. Résultat : aucun déporté dans la commune de Corbais, sauf un des résistants, Auguste WINANT qui, attiré dans un piège par la Feldgendarmerie de Wavre, fût déporté sur les côtes de la Manche pendant 6 mois et revint la santé ébranlée.

La diffusion des tracts et des journaux clandestins était assurée par les membres de la C.N.A.A. de la résistance. Une dénonciation, interceptée de justesse par le percepteur des postes de Mont-Saint-Guibert accusait Pierre MERLIER d'espionnage et de dépôt d'armes. Il dût se cacher un certain temps. Il parvint en août 1942 à soustraire à l'ennemi des papiers de bords d'un avion anglais qui s'était écrasé. Mis en contact en juillet 1943 avec un délégué du F.I., M. Tilmant d'Ottignies, le comité a décidé de rejoindre ce groupe de résistance et a travaillé depuis sous les directives de ce dernier.

Alphonse Bosch, le bourgmestre de Wavre avec qui les Corbaisiens travaillaient n'eût pas la chance même chance que les résistants de Corbais. Le 6 août 1944, des collaborateurs rexistes accompagnés d'un officier allemand de la SS se présentent à son domicile. Ils embarquent le bourgmestre et trois de ses compagnons. Ils sont amenés au milieu du Bois du Val où ils sont agenouillés et exécutés froidement. L'ancienne place du Sablon de Wavre portera après la guerre le nom de ce bourgmestre martyr. Un monument y est érigé,

Durant la guerre, les Corbaisiens n'ont pas trop à souffrir de la pénurie de nourriture car ils possèdent tous un jardin. La grosse majorité élève des poules, des lapins, des moutons, des chèvres et un ou deux cochons. Les mieux lotis sont propriétaires d'une ou plusieurs vaches. Les citadins ne peuvent pas en dirent autant. De nombreuses familles émigrées depuis plus ou moins longtemps dans les villes reviennent rendre visite aux familles restées au village. Des liens familiaux parfois distendus, se renouent. Ils repartent alors dans leurs villes avec des cabas remplis de denrées. L'occupant se sert tout de même dans les réserves. De plus, le blocus empêche tout commerce entre zone libre et zone occupée. Indépendamment de leur production personnelle, beaucoup de villageois travaillent encore dans les fermes comme ouvriers agricoles. Ils y obtiennent comme salaire du lait, du beurre, du blé. Cela évidemment après que les Allemands se soient servis. Les fermiers doivent livrer une grosse partie de leur production.

En ce qui concerne l'information, seuls ont droit de cité les médias officiels à la solde de l'ennemi. La radio libre est brouillée, mais beaucoup l'écoutent au péril de leur vie. Une autre contrainte est instaurée le 12 septembre 1943. Si quelqu'un est pris en rue après le couvre-feu, il peut être déporté. Cela est arrivé à trois Corbaisiens, réquisitionnés pour patrouiller le long de la N4. Surpris par une brigade, ils furent envoyés dans les mines de sel en Autriche après un court passage à la citadelle de Huy. Ils furent libérés quelque mois plus tard.

Une autre contrainte concerne l'occultation des portes et fenêtres. Comme très peu de maisons possèdent des volets, les habitants se procurent des rouleaux de papier noir épais à dérouler devant la fenêtre la nuit venue. De même, tous les phares de véhicules doivent être cachés avec un tissu peint en bleu, avec une fente horizontale et orienté vers le bas. Même les lampes de poche doivent être occultées.

Le 30 octobre 1943, les cloches de l'église sont réquisitionnées, descendues et envoyées à Hambourg pour être fondues.

Le dimanche 3 septembre 1944, un contingent allemand important, en repli, arrive à Corbais. Il y a énormément de mouvements. Camions et véhicules en tout genre s'installent dans la Rue Haute et la Rue de la Tour. Les villageois ne se montrent pas, car comme en ont subis les conséquences les malheureux villages français de Tulle et d'Oradour-sur-Glane, rien n'est plus dangereux qu'une armée en déroute. La troupe repart le 4 septembre laissant des obus derrière eux. Ces derniers sont enterrés vite par Étienne Séverin au nord du mur longeant la Ferme du Château. Ils ne furent jamais exhumés.

Le mardi 5 septembre en matinée, la libération de Bruxelles est annoncée par radio. Les ponts de la voie ferrée 161 sont détruits par l'ennemi. Les habitants apprirent la possibilité d'une destruction du pont qui permet à la N4 de passer au-dessus du ry de Corbais. Les habitants fuyèrent pour se réfugier au nord du village. Finalement, les Allemands abandonnèrent le projet de minage du pont. En fin d'après-midi, la bonne nouvelle se répandit, les Américains sont là. Pratiquement tout le village sort pour voir ces libérateurs dont ils ont tant entendu parler. Les jeeps et leurs occupant apprécient fortement l'alcool qui leur est offert. Le curé Van Hoeck invite les paroissiens à les rejoindre dans l'église afin d'y chanter un salut d'action de grâce en l'honneur de la Vierge Marie. Dans son homélie, il rappelle que malgré la libération, vingt Corbaisiens sont encore prisonniers depuis plus de quatre ans. Au sortir de l'église, les villageois sont sidérés par les sifflements d'obus qui passent au-dessus du village. Des chars allemands, venant de Wavre, tirent leurs dernières munitions en direction de Gembloux avant de manquer de carburant. Ce soir-là, on peut dire que Corbais est libéré, alors que les bois entre Vieusart et Gistoux grouillent encore de soldats allemands. Pendant cette période, ils essayent de profiter de la nuit pour regagner leurs positions, sans grand succès.

Au retour des prisonniers, après la capitulation de l'Allemagne nazie, une procession d'action de grâce est organisée. Aucune victime n'est à déplorer.

De l'après-guerre à aujourd'hui

Après la guerre, la vie reprit son cours petit à petit. L'eau courante arriva en 1951, amenée du captage de Chaumont-Gistoux. Certains habitants refusaient cette arrivée du progrès, préférant continuer à utiliser l'eau du puits ou de la fontaine. Avant cela, l'hygiène quotidienne se faisait avec l'eau pure ramenée du puits et un linge sec et doux pour frotter, le matin et le soir. Parfois avec de la saponaire pour se laver les cheveux. Les vêtements et le linge étaient lavés très régulièrement avec du savon noir. Les villageois ne mangeaient pas souvent du sucre ou des aliments transformés. Leurs dents étaient donc en meilleure santé. Pour enlever les résidus, ils se frottaient avec un linge propre. Pour enlever le tarte et blanchir les dents, la suie ou le charbon de bois pilé faisaient l'affaire en brossant doucement à l'aide d'un linge. Pour l'haleine, les gens mastiquaient des plantes comme la menthe, le persil, la sauge...

Fusion des communes de 1977

En 1977, lors de la fusion des communes, Corbais n'est plus une commune à part entière et est absorbée dans l'entité communale de Mont-Saint-Guibert.

Radio 6 vallées

Le premier septembre 1979, une radio d'animation régionale émettant depuis une villa de Corbais équipée d'un pylône émetteur est mise en service. Il s'agissait de : Radio 6 vallées. Cette radio avait été créée à la toute base par des des anciens animateurs radio de Louvain-la-Neuve qui estimaient que la radio néo-louvaniste : "Radio la neuve" créée en 1978, était trop centrée sur le campus universitaire. Leur but à Corbais était de créer une radio qui s'adresse d’avantage à la population régionale qu'aux étudiants urbains. Leur volonté est aussi d'être totalement neutre et apolitique, ne tentant d'aucune sorte d'influencer l'auditeur vers des courants de pensées, si ce n'est la mise en valeur de la culture régionale. La radio diffusait quotidiennement des bulletins d'informations locaux, des émissions sur la musique avec parfois des invités, des directs sur un évènement sur le terrain, des émissions humoristiques en wallon auquelles l'ancien résistant et animateur du village Jules Bousman alors âgé de plus de 80 ans participait avec grande joie.

Radio 6 vallées s'était installée sur 100.5 avec un 10w et la couverture était excellente malgré les reliefs. Leur volonté était d'atteindre la vallée de la Dyle et l'axe Wavre, Ottignies et Court. Soixante animateurs s'y relayaient. Les problèmes arrivèrent au début des années 80 avec les grosses radios bruxelloises comme Radio Cité, qui forcèrent les Corbaisiens à acheter du matériel plus puissant. Comme un émetteur de 400w à 100 000 francs. Ils nichèrent alors leur studio dans l'étage le plus haut de la tour des Griffons. Le matériel, très couteux, avait été acheté grâce à des emprunts.

Cependant, une première saisie a lieu en janvier 1981. L'émetteur de 400w est saisi. Les auditeurs sont furieux, des hommes politiques communaux de la région vinrent au studio, le téléphone sonna sans arrêt à la suite de messages de soutien.

Les membres achetèrent un nouvel émetteur de 800 W qui sera à nouveau saisi en juin 1981. L'équipe déménagea pour Bierges avec pour seul rescapé un émetteur de 15 watts. Le groupe se scinde et émet alors au ralenti, le weekend uniquement, depuis une caravane. Dans le même temps, les frais judiciaires des procès contre l’État qu'elle a intentés s'ajoutent aux remboursements des prêts que l'équipe avait contractés pour s'acheter du matériel. L'autofinancement n'est plus suffisant. Wavre leur accorde 5000 francs de subventions. Ce n'est pas suffisant pour sortir du déficit. Le débat existe alors pour certains d'intégrer de la publicité locale, sans devenir "une radio PME".

La radio tiendra jusqu'en 1984, avant de cesser totalement d'émettre. Son parcours n'est que peu différent d'un grand nombre de ces radios pirates. À partir de 1985, ce sont les radios commerciales qui ont pris le dessus dans les campagnes.

Travaux publics

Début des années 90, le carrefour à feux N4/N25 fort embouteillé au nord du village est remplacé par un rond-point dit de la « planche à voile » en raison de l’œuvre artistique se trouvant en son centre.

En 2023 commencent les travaux pour désengorger le rond-point aux heures de pointe. Est alors mis en projet le premier échangeur en diamant de Wallonie La SOFICO et Inbw ont débloqué 24 millions d'euros d'argent public. Le projet a été réalisé par la société TRBA, en collaboration avec le SPW Mobilité. Ces travaux ont nécessité des dizaines de milliers de mètres cubes de terrassement, plus de 1 500 tonnes d’acier et près de 10 000 m³ de béton.

Il a été inauguré le 2 octobre 2026 après un peu plus de 3 ans de travaux. L'ouvrage facilite grandement les passages N25/E411 mais est critiqué par certains automobilistes sur les sorties de la N4 vers Corbais et sur ses feux,.

Liste des bourgmestres de 1830 à 1977

Le , la fusion des communes est effective. Les corbaisiens ont préféré Mont-Saint-Guibert à Walhain comme choix de commune pilote.

Patrimoine et culture

Patrimoine architectural

Tour Griffon du Bois

Corbais vers 1699. On aperçoit le donjon dans sa hauteur maximale. Il le restera jusque 1848. Le bâtiment adossé à la tour est peut-être le manoir disparu.

Elle est aussi appelée localement Tour des Griffons ou Tour des sarrasins. Son histoire commence à la fin du XIIe siècle, lorsque le seigneur Arnoul de Walhain décide de céder la seigneurie de Corbais à l'un de ses fils. C'est précisément à cette époque, ou éventuellement au début du XIIIe siècle, que le donjon est sorti de terre.La famille de Walhain conserve la mainmise sur ce domaine durant plus d'un siècle, avant que la seigneurie et sa tour ne changent de mains au tout début du XVe siècle pour devenir la propriété du chevalier Griffon du Bos (dont la tour prendra jusqu'à aujourd'hui le nom pour des raisons inconnues) alors vassal des Walhain.

La tour vers 1900, le toit n'a pas encore été posé. La rue de la Tour est encore bordée de ses haies.

Lors des incursions ennemies elle servait à alerter les tours aux alentours comme celle d'Alvaux et de Bierbais. Elle permettait aux habitants de se réfugier dans de petites caves souterraines en cas d'attaque .

Le manoir seigneurial, qui se trouvait entre la tour et la Ferme du Seigneur a disparu, au moins avant 1742.

La tour, de nos jours.

À sa construction, elle faisait un peu plus de 20 mètres de haut. La plateforme du toit possédait des redents. Elle tiendra pendant plus de 600 ans jusqu'à son effondrement en 1848, le haut de la bâtisse, non entretenu, tombait en ruine. Après cet événement, elle ne fit plus qu'un tiers de son élévation d'origine sur son côté occidental. C'est-à-dire environ 6-7 mètres. Elle fait environ 13 mètres sur son côté oriental.

Dans les années 1920, le bourgmestre Albert Fabry la couvrit d'un toit pour y abriter les ouvriers communaux.

Après une rénovation, elle a accueilli de 1979 à 1981 le siège de Radio 6 Vallées.

L'ASBL corbaisienne des Amis de la Tour y organisait des dégustations de bières trappistes.

Elle figure à l'Inventaire du patrimoine immobilier culturel de la Wallonie.

Ferme du Château (Cinse del Tchastia)

La ferme dans la première moitié du XXe siècle. On aperçoit la grange d'origine ainsi que le porche colombier.

Jadis aussi appelée : "le vieux Château" (Lë Vî Tchastia), elle fût la seigneurie principale de Corbais de 1618 jusqu'à la Révolution. C'est une ferme brabançonne traditionnelle en quadrilatère fermé, bâtie en 1618 et de style espagnol (la région se trouvant en ce temps-là sous domination des Pays-bas espagnols). Elle fût probablement construite par la marquise douairière Rodriguez d'Evora y Vega.

La ferme du Château depuis les prés vers 1900.

Elle fût jadis occupée par la famille de Pinchart de Castillon. Elle passa de mains en mains jusqu'à la comtesse Yolande Van der Stegen de Schriek qui la vendit en 1949 aux époux Fabry. La ferme a été rachetée en 1958 et relancée après de nombreuses années d'abandon par la famille Vander Cruyssen et est toujours en activité aujourd'hui,.

La ferme prise depuis la rue du Baty en 2026.

Elle possède un magnifique pignon sur rue. Elle disposait également de deux superbes porches-colombiers surplombés de tourelles de toit mais qui, tombant en ruines, ont été remplacés dans les années 60 par des toits à pentes classiques. La grange monumentale d'origine a pareillement dû être détruite et reconstruite de bien moindre taille (faute de moyens colossaux pour la rebâtir à l'identique) en 2003, car menaçant de s'effondrer.

Ferme de la Franche Taverne

L'entrée de la ferme depuis la rue Haute en 2026.

Ferme en carré typique du Brabant. Datant du Moyen Âge, elle fut d'abord probablement en bois et torchis et a été recouverte de murs de pierre entre le XVIIe et le XIXe siècle comme ce fut le cas pour beaucoup de fermes des environs comme la ferme du Biéreau (1722), la Ferme de Nil-Pierreux (1811), et à Corbais, la Ferme du seigneur et celle du Beau-Logis au début du XVIIIe siècle.

En 1953, elle subit un incendie qui ravagea la grange qui était une des plus hautes du Brabant. Cette dernière fut reconstruite au tiers de son élévation d'origine. Elle était également pourvue d'un porche monumental avec pigeonnier. Mais vu le danger qu'il représentait après l'incendie, il fut abattu.

Elle appartenait au seigneur de Corbais, Nicolas d'Argentaux en 1661, au seigneur de Hellin en 1715. Elle devint propriété des de Pinchart de Lyroux en 1742. Puis, des de Grunne de Pinchart.

La dernière famille noble à la posséder furent les de Liedekerke de Pailhe qui se verront confisquer leur ferme par la République française. Elle leur a soit été rendue sous Napoléon si elle n'avait pas réussi à être vendue par l’État ou bien la famille a utilisé un prête-nom pour la racheter. Quoiqu'il en soit, cette famille la posséda jusqu'en 1978, date à laquelle elle fut vendue aux époux Henricots dont les descendants l'exploitent toujours.

Dessin de la Franche Taverne de Corbais en 1892, elle sera rasée en 1913.

Dans les années 70, une partie de ses quelques 105 ha de terres furent expropriés pour la construction de l'UCL dans la future ville de Louvain-la-Neuve.

Le nom Franche Taverne vient du Moyen-Âge. C'étaient des brasseries/ tavernes possédées par les seigneurs et qui étaient mises à disposition des roturiers en échange d'une petite taxe appelée la banalité. À Corbais, cette petite dépendance de la ferme était donc le seul endroit où l'on pouvait brasser et vendre de la bière. Elle se trouvait juste derrière la grange de la ferme, le long de la rue Haute. Les locataires du lieu avaient interdiction de vendre de la bière au delà de 21h30 ainsi que les dimanches. La taverne fut rasée en 1913 car tombant en ruine. Cette maison était également le lieu où la chambre scabinale du village avait son siège

Ferme du Seigneur

Appelée jadis aussi: "Grande Cinse", "Cinse del Dame de Corbaye", et aujourd'hui connue sous le nom de "Ferme Fabry".

L'entrée de la ferme en 2026.

C'est très probablement le lieu de la plus ancienne seigneurie de Corbais. Les bâtiments en pierre datent du XVIIIe siècle.

La vicomtesse Vaernewyck d'Engest en était l'une des dernières propriétaires nobles avant que la propriété ne commence à transiter vers des propriétaires bourgeois et non plus nobles au XIXe siècle comme Sylvain Pols qui décéda en 1887. Son épouse Marie-Amélie Bellens, devenue veuve, épousa Edmond Fabry en 1889.

La famille Fabry en est alors devenue propriétaire et en reprit l'exploitation. La ferme a aujourd'hui perdu sa fonction agricole. L'élevage y a cessé depuis les années 60. L'agriculture depuis 2004. Des appartements y ont été aménagés et loués dès 1990.

Ferme du Beau-Logis (Li bia Lodji)

L'ancienne ferme brabançonne en carré du Beau Logis (Li bia Lodji en wallon) anciennement Cense aux Champs, dont ne subsiste aujourd'hui que le corps de logis se trouve à l'extrémité Est du village et conserve un style classique. La grange a disparu (peut-être lors d'un incendie) entre 1921 et 1940. Les étables ont été abbatues dans la seconde moitié du XXe siècle.

Copie d'un croquis de la ferme en 1742.
Photo du beau logis en 2025.

Elle était la propriété de Nicolas de Pinchart en 1561, du seigneur de Boïen en 1663, du seigneur de Bardouille en 1676, du baron de Haneffe en 1677, puis, du seigneur de Wartez et ses descendants jusqu'à la Révolution où elle fût confisquée et vendue comme bien national. En 1921, la ferme perdit sa fonction agricole.

Le jockey du village, et père de l'ancien bourgmestre de Mont-Saint-Guibert, Gaston Jadoul, décédé à la suite d'un accident avec un concurrent inexpérimenté lors d'une course à l'hippodrome de Tongres en 1976, y a vécu comme locataire avec sa famille pendant une trentaine d'années.

L'église

L'ancienne église de Corbais sur le registre des manants de 1742.

L'église actuelle de style classique fut bâtie dans les années 1770, comme on peut le voir sur la carte de Ferraris. En remplacement d'une église plus ancienne qui tombait en ruines. C'est le chanoine Jamotte de Nivelles qui en fit les plans. Le bâtiment est fait de briques rouges avec soubassements de moellons blancs de calcaire gréseux, venant sûrement des carrières de Nil-Pierreux, de Blanmont ou de la carrière des trois fontaines de Mont-Saint-Guibert.

L'église Saint-Pierre de Corbais datant de 1773.

Des travaux d'agrandissement seront réalisés en 1836 par l'architecte provincial Antoine Moreau. Les deux premiers vitraux aux motifs décoratifs furent installés en 1910. En 1937, il fut décidé d’orner les autres fenêtres de vitraux représentant des saints. Les diverses représentations sont celles de Saint Pierre, Saint Jacques le Mineur, Saint Albert de Louvain, Notre-Dame de Bon Secours, le Sacré-Cœur, Saint Joseph, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et Saint Théophile, vitrail offert par les paroissiens en souvenir du curé Théophile Ploegaerts qui dirigea la paroisse de 1894 à 1937.

Le clocher est surmonté d’une flèche octogonale d’ardoises. Il présente un soubassement de moellons blancs et des chaînages d’angle de blocs de pierre bleue. Il est équipé de trois cloches qui ne sont pas celles d’origine. En effet, lors de la Révolution française de 1789, la nouvelle république française annexe les actuelles Flandre et Wallonie. Après des violences commises sur la population locale, l'armée révolutionnaire française subtilisa sans laisser le choix aux habitants trois des quatre cloches, elles servirent à alimenter les fonderies qui fabriquaient les canons de la nouvelle armée républicaine. Corbais ne conserva qu’une seule cloche, baptisée « Pierre et Paul », datant de 1601. Elle resta orpheline jusqu’en 1817, année où deux nouvelles cloches « Rosalie » et « Victoire » la rejoignent Durant la Première Guerre mondiale, l'église conserva ses cloches ce qui ne fut pas le cas de la plupart des clochers de Belgique. Par contre, la Seconde Guerre mondiale fut fatale à « Rosalie » (560 kg) et à « Victoire » (210 kg). Sur réquisition de l’occupant, elles furent enlevées le 30 octobre 1943 laissant à nouveau « Pierre et Paul » orpheline. Grâce au fonds des Dommages de guerre, la paroisse put acquérir trois nouvelles cloches. Elles furent baptisées en grande pompe, le 17 juin 1962, par Monseigneur Schoenmaekers, évêque auxiliaire de Malines et reçurent comme noms « Rosalie », « Pierre et Paul », « Victoire ». Pour pouvoir les installer dans le clocher, il fallut descendre l’aïeule de 1601 qui selon la rumeur termina ses jours au Congo.

Le cimetière paroissial qui entourait l’église est désaffecté depuis la fin de la Première Guerre mondiale. Il a été aménagé en un jardin lapidaire et clôturé d’un muret. Plusieurs dalles funéraires ont été conservées et sont scellées dans les murs extérieurs de l’église dont celles des seigneurs de Pinchart et de plusieurs curés de la paroisse.

La Fabrique d'Eglise Saint-Pierre

Les Fabriques d'Eglise ont été créées par les dispositions du Concordat de 1801 de Napoléon, du décret impérial de 1809, de la loi communale de 1836 et de la loi sur le "Temporel des cultes" de 1870. Ce sont des institutions de droit public. Elles possèdent la personnalité civile, elles sont donc capables de posséder ou d'aliéner des biens meubles, sous réserve d'acceptation par les autorités de tutelle que sont la commune, l'évêché et la province. Les communes prennent en charge l'entretien global des édifices religieux. Les Fabriques, elles, doivent s'acquitter des frais liés à l'exercice du culte, comme les hosties, le vin, l'éclairage, le chauffage, le nettoyage, l'entretien intérieur...

La Fabrique au début des travaux en septembre 2026.

La Fabrique de Corbais date de 1894 et est construite à la place de l'ancien presbytère.

Le 14 octobre 1990, en présence des autorités communales, au cours d'une messe solennelle, le curé remet la croix d'or de Saint-Rombaut à Xavier Dubois, président en exercice et à Joseph Leglise, trésorier démissionnaire, pour plus de 30 ans passés au service de la Fabrique. Ils étaient entrés en fonction en 1954.

La Fabrique d'Eglise Saint-Pierre de Corbais a, en 2025, engagé un processus de fusion volontaire avec la Fabrique Sainte-Gertrude d'Hévillers et celle de Saint-Guibert à Mont-Saint-Guibert. Faute de moyens pour rester indépendants et pour moins de bureaucratie administrative pour la commune. Cette demande a été acceptée par les autorités de tutelle.

En 2026, des travaux y sont donc en cours pour en transformer une partie en logements qui seront loués pour renflouer les caisses.

Les habitations

La dernière chaumière de Corbais, rasée en 1962.

Au niveau de l'architecture des maisons, le village se trouve non-loin de plusieurs villes industrielles et est situé sur l'axe routier N4. Il est alors naturel qu'à partir de 1830, beaucoup de petites chaumières agricoles en chaume et torchis se sont vites transformées en maisons ouvrières peu coûteuses et pratiques comme on peut le voir à l'entrée du village sur le début de la rue haute à l'ancien lieu-dit "la tannerie". À partir du XXe siècle, on voit apparaître beaucoup de maisons de type « 2 places », typiques dans le nord de la France et en Belgique. Ainsi que des "Maisons avec Bel Etage" avec la cave se trouvant au rez-de-chaussée côté jardin.

Maisons modernes de style presbytère à Corbais, fort prisées entre 1990 et 2015.

Dans les années 60-70-80, les maisons de plain-pied préfabriquées ont la cote.

Depuis les années 90, des grosses maisons de style presbytère ou néo-brabançon, très en vogue dans le brabant wallon et surtout chez les bruxellois venus s'installer en campagne, prédominent le village,.

Les projets immobiliers ayant la cote depuis 2015 en Brabant wallon sont les rénovations en maison moderne cubique recouvert de crépi blanc. Ce style est populaire chez la génération Y.

Les Chapelles

Le village possède également plusieurs petits oratoires de campagne comme celui dédié à Saint-Pierre datant du XVIIIe siècle, et rattaché à l'ancienne seigneurie et ferme brabançonne dite du « Seigneur » situé proche de l'église. La chapelle de l'Immaculée Conception en face de la ferme du Beau-Logis datée de 1860 et construite par la famille Ernotte.

L'histoire de la Chapelle Notre-Dame Bon Secours

L'ancienne chapelle le long du Grand Chemin de Wavre.

Mais la plus connue est sans aucun doute la chapelle Notre-Dame de Bon Secours située au nord du village, le long de la N4 devant laquelle bon nombre d'automobilistes passent quotidiennement. Cependant, ce n'est pas l'originale. En effet, l'ancienne chapelle fût construite en 1724 par le curé Michel-Joseph Brion sur les terres d'un notable espagnol resté en Brabant après les traités de 1713 et allié à la noblesse locale par des unions ; le Chevalier Comte d'Alcantara, de la famille de don Pedro d'Alcantara.

L'ancienne chapelle en 1846, abandonnée à la suite de la vente de l'ancien chemin.

Elle se trouvait à environ 200m au nord-ouest de la chapelle actuelle, le long de l'ancien Grand Chemin de Wavre, un chemin de terre assez imposant reliant Wavre et Namur. Ce chemin traversait les campagnes un peu plus au sud ouest que l'actuelle N4.

Cette N4, dont le tronçon complétant l'axe Lauzelle-Namur longeant le hameau de la Baraque et traversant Corbais, Nil, Gembloux... fût construit dans les années 1816-1820 sous la commande des hollandais. L'obsolète Grand Chemin de Wavre devint alors inutile face à cette route droite et pavée, idéale pour les commerçants et voyageurs. Il fut donc vendu en 1835, laissant la chapelle abandonnée au milieu des champs.,

La chapelle actuelle vers 1870 le long de la N4. On voit à environ 200m à l'ouest les vestiges de l'ancienne.
1949, la chapelle est ornée pour les 100 ans de sa reconstruction.

En 1848, au centre du village la tour des Griffons, donjon datant du XIIe siècle et haute d'une vingtaine de mètres s'effondra. Les villageois prirent peur et émirent l'hypothèse qu'ils eurent trop délaissé leur chapelle qui tombait en ruine en pleine campagne. Ils firent alors des dons pour la construction d'une nouvelle chapelle le long de la N4, le coût total fût completé par la vente des tilleuls entourant l'ancienne chapelle. Début 1849, la nouvelle chapelle fût terminée et le curé Van Brempt, accompagné des enfants de la paroisse, y remis la statue en bois de la Vierge,

La statue originale de 1723 aux célébrations des 900 ans du sanctuaire marial de Wavre.

Sous le pastorat du curé Hermand, dans les années 80, la statue originale de 1723 fût volée. Le prêtre, furieux, remplaça aussitôt la porte en bois par la porte actuelle en métal et cadenassée. Il fit financer également une nouvelle toiture.

La chapelle au début des années 60.

La messe y était célébrée le mercredi des rogations jusqu'au concile Vatican II.

Aujourd'hui, ce petit oratoire n'est plus fort fréquenté. Depuis les remembrements des parcelles de terre, il n'est plus possible d'y accéder depuis les champs. Seul l'accès par la chaussée est permis, mais les possibilités de parcage y sont très réduites. De plus, les installations électriques qui la jouxtent, ainsi que la circulation très dense de la N4 la dénaturent complètement,

Patrimoine immatériel

Lieux-dits

Corbais compte un très grand nombre de lieux-dits. Nous les avons répertoriés ci-dessous avec la localisation de ceux-ci, ainsi qu'une explication ou théorie à propos du nom si elle est possible,,Tous ces lieux dits sont répertoriés dans le plan cadastral de la commune de Corbais de 1820, ainsi que dans le plan du ministère des travaux publics entre 1950 et 1973.

À rappeler que beaucoup de ces noms d'origine wallonne ont été traduits ou francisés sur les cartes de l'époque. Ce qui a altéré leur prononciation même parmi les villageois au fil du temps. Si bien que la forme wallonne pure à souvent été perdue.

  • À la croix Cattelain, dérive du nom d'un fermier de Corbais très ancien. Se situe au carrefour de la rue du Fonds Cattelain qui traverse l'Axis Parc et de la rue de Rodeuhaie qui mène au quartier des Bruyères de Louvain-la-Neuve. Il s'y trouvait là, une croix nommée "Cattelain", peut-être du nom de son bâtisseur, qui a disparu dans la première moitié du XXe siècle. Elle se trouvait déjà sur la carte de Ferraris(1770-1778).
  • Chemin du Seigneur, c'est l'ancien nom de la Rue Haute.
  • Grand Try, try signifie en wallon une terre laissée en jachère. Se situe entre la N25, la N238 et l'Axis Parc.
  • Sept Bonniers, un bonnier est une unité de mesure de la terre. N'existe plus car se trouvait à l'endroit où est creusée la sablière de Mont-Saint-Guibert.
  • Champ du petit bois, se situe juste après la N25 dans le parc scientifique près de Louvain-la-Neuve, plus ou moins à l'actuelle Rue du Bosquet.
  • Au Bon Secours, une partie à été creusée mais se situe entre la sablière de Mont-Saint-Guibert, la N25 et la N4 et s'arrête environ 150 mètres plus bas. C'est l'endroit où était construite l'ancienne chapelle dédiée à Notre-Dame de Bon Secours de 1724 à 1848 et qui sera reconstruite en 1849 à environ 200m au sud-est le long de la N4 nouvellement construite.
  • Haye d'Auve, littéralement : Haie de Wavre. Se situe en dessous du précédent lieu-dit : Au Bon Secours, entre la N4, la sablière et la rue du petit Baty. Ce lieu-dit tient son nom des grandes haies qui longeaient le Grand Chemin de Wavre, un ancien grand chemin de terre qui servait de route principale pour se rendre à Wavre ou Namur. Il passait environ à 150m à l'ouest de l'actuelle N4. Il fut vendu et disparut en 1835, à la suite de la construction de la N4.
  • Reposoir, situé en contrebas du précédent lieu-dit Haye d'Auve et juste derrière la Brasserie Gaillard.
  • Stampia, signifie marque/emprunte en wallon. Lié au relief. Se situe entre le magasin BiOk, la N4 et le lieu-dit Reposoir.
  • Trou du bois, désigne probablement un relief vallonné, le bois dont il est fait référence est l'ancien Bois de Béclines, ou Beclem selon les variantes. Ce petit bois se trouvait entre la rue de Corbais vers Mont-Saint-Guibert, la ferme de la Grange à la Dîme (et continuait jusqu'à une bonne partie de l'actuelle sablière) et l'ancien Grand Chemin de Wavre dont il est déjà fait mention plus d'une fois dans ce wiki. Ce bois est aujourd'hui presque entièrement défriché.
  • Al Maplaqué, se situe à l'exacte entrée de la sablière de Mont-Saint-Guibert, le long de la N25, lorsqu'on vient de la Ferme de la Dîme de Mont-Saint-Guibert. Nom d'un ancien cabaret ayant existé au moins entre 1820 et 1904. Il se situait le long de l'ancien Chemin de Grez, qui deviendra la N25. Rien de spécial n'est connu sur ce cabaret, si ce n'est qu'il se composait de trois bâtisses sur le plan cadastral de 1820 et qu'il est attesté comme lieu de Mont-Saint-Guibert en 1858.
  • Linchet
  • Terre du Trou
  • Chapouval et Chenoy
  • Cul du Sac
  • Vieux Chemin, situé aux environs de la maison la plus à l'ouest du village, vers Mont-Saint-Guibert. Désigne l'ancien Grand Chemin de Wavre, cette grande route de terre traversait entre Corbais et Mont-Saint-Guibert, 200m au sud-ouest de la N4. Il disparu après la construction de cette dernière.
  • Trois Fontaines, nom d'une ancienne carrière de quartzite datant du XIXe siècle. Elle a été aujourd'hui condamnée et remplie d'eau. Au XXe siècle, une villa est construite toute proche par les pouvoirs publics pour y envoyer les jeunes délinquants citadins afin qu'ils respirent l'air de la campagne. Cette carrière est devenue aujourd'hui un lieu de plongée et la villa, un gîte.
  • Grand Bon Pré, attesté depuis 1686 sous la forme Grembonpreit, il désignait à l'origine tout un petit bois qui a été défriché depuis. Se situe entre la chapelle de Bon secours et la N25 et est large d'environ 300m vers Corroy.
  • La Chèvre,(Lë Gate) situé à l'endroit de l'actuel Intermarché de Corbais.
  • Margo, situé dans le village au sud du Ry de Corbais entre la N4 et la rue Margot. Continue vers le sud et s'arrête à la hauteur de l'actuel Auto 5. Ce toponyme est présent depuis longtemps à Corbais. Ce lieu-dit est associé aux sorcières. Peut-être l'une d'elles portait-elle ce nom?
  • Copjou, situé à l'intersection du ry de Corbais et du chemin reliant Nil-Pierreux à la route de Corbais.
  • La Dîsme, située à l'actuelle rue de la dîme. En Europe féodale, la dîme était un impôt prélevé sur les produits de la terre et de l'élevage pour entretenir le clergé, les lieux de culte et aider les nécessiteux. Une grange pour la stocker, appartenant au Chapitre de Nivelles, était située derrière la ferme du Beau Logis. La rue pour y accéder était donc la rue de la grange à la dîme devenue rue de la dîme.

Vîs Tchapias d'Corbaye

Groupe folklorique créé dans l'entre-deux-guerres par Jules Bousman, Georges Bourgaux et Jean Burny. Ce groupe était ouvert à tous et avait pour but de mettre en valeur les traditions folkloriques du village qui s'étaient quelque peu perdues depuis le XXe siècle.

Les enfants déguisés en Vis Tchapias posant devant l'église.

Vîs Tchapias (Vieux Chapeaux): Depuis très longtemps, ce surnom était donné aux mariés de l'année, passés du statut de "djonnes" (jeunes) à "vîs" (vieux). Depuis, ce terme wallon est repris par des groupes folkloriques du Roman Pays du Brabant et du nord de la province de Namur…

Les vîs tchapias de Corbais déambulaient déguisés en paysans du XIXe siècle lors des kermesses et fanfares en chantant une chanson en wallon teintée de quelques mots français. Elle est assez longue mais en voici le refrain:

"C'ess't'on bin' de gais vîs tchapias

I n'a né des meyeux min y n'a des pu bias

Savans bé bwère ès bé mindji

Rondia des Vis Tchapias en 1955.

Sertout cwand nos avant des caur's po nol'payi"

Jules Bousman effectuant la danse du drapeau.

En 1955, Jules Bousman persuada l'instituteur Jean-Jacques Denamur de faire revivre les Vîs Tchapias avec les enfants de l'école. Les élèves purent alors confectionner leurs déguisements et participer à une grande fanfare lors des kermesses. Ils dansèrent alors le Rondia (danse traditionnelle en cercle) sur la place de l'église devant leurs parents.

Sur la place du Warichet, Jules Bousman faisait alors revivre la traditionnelle danse du drapeau.

Après cette renaissance, cette tradition disparu dans les années 80.

Légendes locales

Les Corbaisiens avaient régulièrement des contacts avec les villages alentours, que ce soit via la famille, les amis, le travail, ou le marché. Les récits et mythes circulaient alors entre les villages. C'est comme ça que les légendes les plus connues de la région comme le Maca de Wavre ou le Blan Tchfau du hameau de La Baraque et de la Ferme de Lauzelle ne leur étaient pas inconnues. Cependant voici des légendes particulièrement spécifiques à Corbais,.

Légende des souterrains de la tour.

Une légende circule encore parmi les anciens du village que les différentes tours de la région, dont celle de Corbais, sont toutes reliées entre elles et avec le Château de Walhain par un grand réseau de galeries souterraines. Des restes de quelques galeries ont en effet été trouvés à proximité des tours. En revanche, pour les légendaires kilomètres reliant les tours entre-elles avec le château de Walhain, 2 hypothèses subsistent. Soit elles n'ont jamais existé et la réalité des quelques galeries relativement petites s'est déformée avec le temps parmi les villageois. Soit ces grandes galeries ont effectivement existé, mais ont cessé d'êtres entretenues et le sol sablo-limoneux instable de la région s'est occupé de les faire disparaitre.

Légende de la sorcière de Wavre.

C'est une légende du XVIIIe siècle. Une jeune fille de Corbais s'était rendue le mercredi au marché de Wavre, elle reçut la bas, des mains d'une vieille femme pauvre, trois pommes de Saint-Jean bien mûres. Elle les mangea sur le chemin du retour. Mais rentrée chez elle, le soir, elle fût prise d'un mal mystérieux. Agitation, cris, pleurs, spasmes, elle sautait jusqu'au plafond. Aucun médecin ne pouvant la guérir, son père alla voir le spirite de Mont-Saint-Guibert. Ce guérisseur donna comme consigne au père que sa fille devra aller à Wavre, tête nue, et prendra trois pommes et trois sous qu'elle ne montrera à personne. Lorsqu'elle aura dépassé Van Damme, première maison de Wavre, elle donnera ses fruits et son argent à la première pauvresse vêtus de haillons noirs qu'elle rencontrera. Elle fit alors tout ce que le spirite avait ordonné et la première personne qu'elle vit, réunissant les conditions nécessaires, fût la sorcière auteure de ses maux. Ayant donné fruit et sous, la malade fût soudainement guérie. Elle revint très prestement à Corbais.

Culture

Dialecte corbaisien

Le corbaisien est un dialecte de la variété brabançonne du wallon central, une langue d'oïl. Cependant, le village ayant fait partie du duché de Brabant pendant la grande majorité de son histoire et se trouvant relativement proche de la frontière flamande, on ne peut donc nier un petit apport de mots d'origine germanique via les dialectes flamands brabançons (comme le brusseleir pur dit "vloms" càd sans influence francophone) dans son vocabulaire comme c'est le cas également pour les dialectes des communes de Grez, Wavre, Walhain, Ottignies, Chaumont-Gistoux, Mont-Saint-Guibert, Chastre… ce qui les diffère légèrement du wallon central de la province de Namur. Par exemple: dringuelle, pestenoke, gate, tchou...

Une autre différence avec le parler wallon-central standard de Namur est que dans le centre et l'est du Brabant Wallon, les mots courants -Bin (bien) et -Nin ( conjonction qui effectue la négation, équivalent de ne...pas), se prononcent : -bé et -né.

Le patois de Corbais est prononcé assez lentement, ce qui est caractéristique des dialectes du wallon namurois. Autrefois, les -r étaient roulés mais faute de plus en plus d'exposition au français, cette habitude a fini par se perdre à partir de la génération des baby-boomers. L'accent est plutôt chantant et l'avant-dernière syllabe est souvent prolongée avec un accent grave descendant. Sur des mots à deux ou trois syllabes se terminant toutes deux par des voyelles, le mot a tendance à être prononcé en deux parties avec une sorte de pause au milieu, par exemple -nauwje (fatigué en français) se prononcera : nauuw-je. Pareil avec le verbe -Mindjî (manger) il se prononcera Mîîn-dji. Avec la première syllabe durant toujours un peu plus longtemps que la deuxième qui, elle, est plus nette et sèche.

L'expression -M'fe (qui dans le Brabant ne se prononce pas M'fi comme à Namur) et -M'fèye est indissociable de ce parler wallon, elle signifie littéralement : Mon fils, Ma fille. Mais elle est utilisée par tout ancien s'adressant à une personne plus jeune que lui, qu'ils soient de la même famille ou non. Les exclamations: -Maria toteu et -Maria Deiou furent également monnaie courante dans le village bien que beaucoup plus rares aujourd'hui chez les nouvelles générations.

Aujourd'hui, le wallon de Corbais a largement été supplanté par le français dans la vie courante. Faute de politiques régionales et nationales qui ont échoué à promouvoir l'utilisation de cette langue qui s'était attirée les foudres de la bourgeoisie francophone des villes. Considéré depuis le XIXe siècle comme vulgaire et sale, interdit à l'école et rabaissé comme langue des « petites gens », des ouvriers et des paysanss, le wallon a fini par ne plus être enseigné par les parents à leurs enfants, le français étant vu comme langue de l'ascension sociale. Certains de ces préjugés subsistent encore de nos jours.

Dans le village, la langue survit par les anciens, les ASBL de préservation historico-linguistique, les anciennes cassettes de radios locales exclusivement en wallon, et via le souvenir des habitants.

Fêtes et traditions

Corbais possède de nombreuses fêtes de villages et traditions locales. Ces dernières sont notamment liées au Catholicisme et l'histoire agricole du village.

Au Moyen-Âge et sous l'Ancien Régime contrairement aux idées reçues, on comptait généralement entre 30 et 40 fêtes chômées par an (fêtes majeures chrétiennes, fêtes mariales, fêtes de Saints importants...), en plus de la cinquantaine de dimanches (dimègne en wallon). Tout cela sans compter les mariages, enterrements d'un proche ou le baptême d'un nouveau-né.

Il y'avait aussi la fête patronale, en l'occurence Saint-Pierre pour Corbais. Ainsi que les fêtes des corporations ou guildes pour chaque métiers qui pouvaient alors prendre congé pour se reposer, prier et vénérer le Saint-Patron de leur profession.

Les processions

Les descriptions sur ces rituels datent du XIXe et du XXe siècle. Bien qu'il soit certain que ces processions sont biens antérieures à cette époque, nous n'avons pas beaucoup d'informations sur l'évolution de ces pratiques dans le village en tout cas pas avant le XIXe siècle. Le souci est que en ce temps-là, la majorité de la population ne savait pas écrire, la vie culturelle de la campagne n'avait pas forcément de raison d'être écrite car elle était transmise à l'oral de générations en générations et surtout, elle n'intéressait pas vraiment les hommes de lettres, du moins, avant la naissance du courant du réalisme. Les curés du village étaient certes lettrés mais devaient surtout rédiger des greffes scabinaux ou registres paroissiaux. La mentalité était en effet plus pragmatique. Ce qui n'est pas utile n'a pas de raison d'être écrit.

Les rogations

Les rogations sont les 3 jours précédant l'Ascension. Elles furent instituées en 474 par Saint Mamert. Le concile d'Orléans en 511 les étendit à toute la Gaule. Elles avaient pour but de demander des bénédictions divines sur les travaux des champs et l'éloignement des maladies contagieuses des hommes et des animaux.

Dans la paroisse de Corbais, cette fête se traduisait par 3 jours de processions aux 3 chapelles du village, très tôt le matin : le lundi à la chapelle Saint-Pierre, la mardi à la chapelle Notre-Dame de l'Immaculée Conception et le mercredi à la chapelle Notre-Dame de Bon Secours. Les processions, forts simples, se composaient du curé, des enfants de choeur porteurs de la croix et des chandeliers, du clerc-organiste et du groupe de paroissiens, principalement les femmes et les enfants, lesquels pouvaient alors faire l'impasse sur la première heure d'école. À cette heure, les hommes étaient à l'usine ou aux champs. Pendant le cheminement vers la chapelle, des prières propres aux rogations et les litanies étaient psalmodiées. Arrivés à la chapelle, le prêtre y célébrait la messe.

Fête-Dieu

C'est une fête catholique instaurée au XIIIe siècle à l'instigation de Sainte Julienne de Cornillon. Elle est célébrée le jeudi suivant de la fête de la Sainte-Trinité, soit soixante jours après Pâques. Elle commémore la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie.

Procession de la Fête-Dieu dans les années 1940 dans la rue de la Rose. Le sol était encore en vieux pavés. Le curé est Paul Van Drise.

Une procession était organisée dans les rues du village. En quittant l'église, après la messe solennelle du Dimanche à 10 heures. Elle empruntait la rue de l'église, la rue du warichet, faisait une halte au reposoir. Elle reprenait son cheminement par la rue de la tannerie, la rue de la rose, la rue haute, la rue de la tour et la rue de l'église à nouveau.


Fête du Saint-patron de la paroisse : Saint-Pierre

La procession sortait le dimanche suivant la fête des Saints-Pierre et Paul. Elle parcourait le village jusqu'au cimetière, avant de revenir à l'église. Tout comme la procession de la Fête-Dieu, le processus était le même. Chaque ferme déléguait un cheval et son cavalier. Ils caracolaient en tête du cortège. Le harnachement des chevaux était blanc et garni de guirlandes. Ensuite venaient les enfants de choeur avec la croix de procession entourée de deux porteurs de cierges. Ils étaient suivis des enfants des écoles et des jeunes gens porteurs de bannières. Trois jeunes filles vêtues de blanc symbolisaient les trois vertus théologales qui sont la foi, l'espérance et la charité. Suivaient les porteurs des statues de la Vierge et de Saint-Pierre. Ensuite venait l'ostensoir avec le Saint-Sacrement présenté par le curé et abrité sous le dais porté par quatre homme plus âgés et entourés de paroissiens porteurs de flambeaux allumés. Les fidèles fermaient la marche en chantant et récitant le chapelet.

Une fois la procession rentrée, les loges foraines s'ouvrent ; tir aux pipes, carrousel, balançoires, tirages au sort de faïences, guinguette, friteries...


Fête de l'Assomption

Le jour de l'Assomption, le 15 août, la tradition voulait que la paroisse se rende en procession à la chapelle de Notre-Dame de Bon Secours située le long de la N4 au nord du village. Le cortège se composait des enfants de choeur, du curé et des paroissiens. Un salut y était célébré. Quand le temps le permettait, on se rendait à la chapelle par le Chemin du Baty (Baty de Rètche pour les anciens). Ce chemin de terre partait de la Rue Haute entre les fermes de la Franche Taverne et celle du Château, s'enfonçait à travers champs avant de bifurquer vers l'ouest et traverser la N4 au niveau de la chapelle en filant tout droit en direction du carrefour et lieu-dit de la Croix Cattelain (actuelle rue du fonds Cattelain dans le parc d'affaires de LLN) . Ce chemin faisait en réalité partie (avant la construction de la N4) des nombreux sentiers partant de différents endroits de Corbais pour rejoindre le Grand Chemin de Wavre, une large route de terre sinueuse qui traversait la région environ 200m à l'ouest de l'actuelle Chaussée de Namur (N4). Ce petit Chemin du Baty permettait donc également de rejoindre à l'époque l'ancienne chapelle de bon secours qui se trouvait alors le long du Grand Chemin de Wavre. Ce dernier disparut en 1835 à la suite de la construction de la Grand'Route N4 par les hollandais, nombre de chemins furent également vendus par la commune car il était inutile de maintenir des infrastructures et servitudes avec cette nouvelle route droite et pavée. Le Chemin du Baty resta néanmoins fort utilisé pour les travaux agricoles et ne disparaîtra que lors des politiques de remembrements dans les années après la seconde guerre mondiale.

Lundi de Pentecôte

Les villageois se rassemblent devant l'église. Accompagnés du curé, ils se rendent en pèlerinage à la Basilique Notre-Dame de Basse Wavre. Après avoir assisté à la messe, ils reviennent l'après-midi.

Dimanche des Rameaux

Les enfants de choeur portent du buis bénis à chacune des maisons du village. Ils reçoivent en échange quelques piécettes.

Fin de la moisson

Sur le tout dernier chariot ramenant les bottes de paille à la ferme, on place le "djou". Une grande branche à plusieurs rameaux, garnie de rubans et de banderoles. On chante : "C'esst fé l'ahous!"(c'est fini la moisson) en traversant le village. Le premier des fermiers à avoir terminé la moisson offre un souper à son personnel.

Sport

CS Corbais

En 1969, l'idée vint dans le village de créer une équipe de football. Le bourgmestre Fabry, fermier de son état et propriétaire de nombreux terrains dans le village, en mit un à disposition, près du cimetière. Il fut équipé d'une buvette et d'un vestiaire. Les premièrs matchs furent amicaux. Toutefois, il apparût qu'une affiliation à un groupement serait plus motivante pour l'équipe puisqu'elle pourrait participer au championnat. Une affiliation à l'ABSSA fût prise. Les matchs se déroulaient le samedi.

En 1974, sous l'impulsion de Léon Gérard, se constitua une équipe féminine. Elles participèrent à deux championnats. L'évènement le plus fort fût la rencontre avec l'équipe féminine du Standard de Liège. 500 personnes assistèrent au match.

En 1981, le club disparut, faute de nouveaux joueurs intéressés, préférant Mont-Saint-Guibert. Le terrain resta mais la buvette fût rasée.

Éducation

Durant toute période féodale et d'Ancien régime, les fonctions d'instituteur étaient remplies le plus souvent par le clerc de la paroisse. La première indiction des écoles de Corbais vient du testament du maïeur Gabriel Brion qui dit que si la communauté décide de construire des bâtiments ou de créer une structure permanente pour loger et installer le maître, on pourra soit vendre un terrain de 80 verges pour payer les travaux, soit donner ce terrain directement au maître d'école, selon ce que le curé jugera le plus opportun.

Le rapport de la visite d'église de 1732 rapporte que le collateur de la cure va financer ou organiser la création de l'école, et que le marguillier (ou un autre enseignant choisi par le curé) s'occupera d'y faire la classe.

En 1781, l'instruction était donnée par Joseph Bar, maître d'école, qui touchait pour salaire la somme de 42 florins. L'instruction était assez sommaire, on y apprenait à lire, compter, mais pas écrire. Elle ne se donnait qu'en hiver, de novembre à mars.

Après les révolutions, les clercs Libert et Bousman donnèrent aux enfants les premiers éléments de l'instruction primaire. Le premier dans une chaumière nommée Au Marchau de la Rue Haute, le second, dès 1821 avait son local en chaume où sera bâtie en 1851 l'école officielle. L'instruction ne se faisait toujours qu'en hiver. Chaque écolier apportait sa bûche pour chauffer la pièce. La seule fenêtre ne possédait même pas de vitre.

En 1835, l'administration communale tend à agrandir l'école du clerc Bousman, toutefois rien ne se fit.

En 1850, la commune rase cette chaumière fût rasée et remplacée en 1851 par l'école la plus récente. Conjointement à l'école du clerc Bousman, M. Gellarts, un particulier instruit, avait ouvert près de la cure une école privée vers 1835. Dans l'entretemps, l'inspecteur de l'enseignement avait déconseillé au clerc Bousman de continuer ses leçons. Il était donc assez naturel que M. Gellarts devint le premier instituteur officiel de Corbais et aille s'installer en 1851 dans les nouveaux locaux communaux fraichement bâtis. L'école était mixte et fréquentée en 1858 par 65 enfants. Il enseigna jusque 1863 et fût remplacé par M. Van de Schuren, premier professeur diplômé, nommé régulièrement. Il démissionna en 1871 et fût remplacé par M.Jossart qui quitta Corbais en 1880 pour enseigner à Nil.

En 1879, la loi Van Humbeeck votée par le gouvernement libéral lance la première guerre scolaire. Les catholiques qui avaient ces dernières années beaucoup investi dans la scolarité s'estiment trahis par les libéraux qui veulent réduire l'influence de l'Eglise dans l'enseignement. Les libéraux veulent alors limiter les idées chrétiennes à l'école et "reprendre" l'enseignement aux catholiques.

Le curé Van Brempt est alors sollicité par la commune pour donner des cours de religion seulement si les parents le demandent et ce après la classe et plus pendant. Il refuse catégoriquement. La paroisse ne pouvait cependant pas se permettre la création d'une école privée, ce qui était trop onéreux. Le curé Fontaine, lui aussi, s'abstenait de toute visite à l'école communale. En 1880, François Bourguignon avait été nommé instituteur de l'école, il tenta de concilier clergé et commune.

En septembre 1881, l'école n'est plus mixte. L'école des filles fût confiée à Mlle. Verbist, de Namur, première institutrice communale de Corbais. Grâce à des accords internes, la période de la guerre scolaire 1879 - 1884 ne fit pas trop de dégâts, ni trop de conflits entre la commune et les autorités religieuses.

Les locaux scolaires furent agrandis en 1884.

L'instruction n'était pas encore obligatoire, dès que la présence des enfants est requise dans les familles ou pour les travaux agricoles, les absences sont nombreuses.

À la suite des lois de 1914, l'école de Corbais devient obligatoire de 6 ans jusqu'à 14 ans, les enfants bénéficient de deux mois de vacances pour aider leurs parents aux champs durant la moisson.

Début 1980, l'échevin de l'instruction publique adressa une lettre circulaire aux corbaisiens afin de les sensibiliser aux "problèmes" que suscitait l'école rurale. Néanmoins, le conseil communal du 25/03/1986 décida d'approuver l'acquisition d'un terrain pour une nouvelle école communale à Corbais, qui se seraient trouvées non plus rue des hirondelles mais rue warichet. Et ce avec 60% subsidiés par la région wallonne. Cela n'aura pas lieu car le bâtiment fera l'objet d'une désaffection en 1987. La commune demanda alors en 1989 la reprise de l'école par la communauté française car la population scolaire ne pourrait pas atteindre les normes requises. Cette demande sera refusée en 1990. Il n'existe plus d'école à Corbais depuis lors,

Économie

Durant la grande majorité de son histoire, l'économie du village fût essentiellement basée sur l'agriculture et l'élevage. Ce fût le cas jusqu'au XXe siècle.

Les cabarets (cafés)

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, tout change. Avec la chaussée N4 nouvellement construite et longeant le village, de nombreux commerçants et artisans ont créé leurs activités le long de cet axe. Les gens travaillent de moins en moins aux champs et de plus en plus en usine. C'est alors l'âge d'or des "cabarets" (mot wallon dérivé du flamand) ce mot signifie une taverne ou auberge, plus tard un bistrot), À leur apogée vers 1900, on comptait 28 cabarets à Corbais.

Certains cafés devenaient clandestins, quand, la clientèle diminuant, le tenancier ne payait plus la patente (taxe professionnelle).

À partir des années 1980, c'est le début du déclin pour les cafés. Il s'amorce avec la génération X qui connaît la nouvelle ère de la télévision et de la pop culture, les changements dans les habitudes de travail et l'interdiction progressive de l'alcool au volant.

Dans la fin des années 2000, avec l'adhésion à l'Union européenne, la fermeture s'accélère à cause de nouvelles lois, comme l'interdiction de fumer dans les lieux publics et les coûts de gestion plus élevés. La Belgique taxant de plus en plus ses PME et TPE.À partir des années 2010, c'est une période plus critique. En dix ans, un tiers des cafés a fermé en Flandre et un cinquième a disparu en Wallonie, une baisse encore renforcée par la crise du Covid-19.Les années 2020 marquent un record historique du nombre de fermetures de cafés en Belgique, transformant la crise structurelle du secteur en une véritable hécatombe. Le nombre total de cafés traditionnels est tombé à seulement 13 566 établissements en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles, contre près de 25 000 à la fin des années 1990. Les confinements successifs ont imposé des mois de fermeture totale, asséchant la trésorerie des petits exploitants. Le changement d'habitudes s'est durablement installé, le télétravail massif ayant vidé les bistrots de centre-ville aux heures de bureau et après le travail.

L'inflation et la crise énergétique ont fait grimper en flèche les factures d'électricité (pour les frigos et pompes) et le prix d'achat des fûts de bière. Un niveau record de faillites frappe le secteur de plein fouet, l'Horeca payant le plus lourd tribut de l'économie belge avec des milliers de fermetures enregistrées à Bruxelles et en Wallonie. Le remboursement des aides Covid octroyées par l'État est devenu impossible à honorer pour de nombreux tenanciers arrivés au bout de leurs ressources. Le durcissement fiscal et administratif comme le contrôle de la "boîte noire" (système de caisse enregistreuse fiscale) s'est intensifié, limitant le travail informel qui permettait à certains petits cafés de survivre. La pression des communes pousse à l'uniformisation, de nombreux établissements typiques étant repris par de grands groupes ou fermés à la suite de réglementations locales strictes des communes gérées par le Parti socialiste et le parti écologiste sur les terrasses et le bruit.

Le dernier café de Corbais, chez Nadine : "À l'atomium" situé Rue Haute a fermé en 2010 après presque 40 ans d'existence.

Le Dancing Palace

En 1957, la famille Laeremans, forains originaires de Vertrijk, et la famille Noé sautèrent sur l'occasion d'acheter un grand terrain le long de la N4. Ils y firent construisent le "Dancing Palace". Il s'agit de l'actuelle pharmacie Servais.

Disposant d'une grande piste de dance avec plancher en pitchpin dans la guinguette circulaire derrière le bâtiment de façade, il faisait le bonheur des valseurs. Des loges garnies de banquettes permettaient aux clients de se reposer et de se désaltérer. Les jeunes préféraient s'éclater sur la piste longue du bar.

Le succès fût immédiat et important grâce aux dizaines d'autocars qui, à la bonne saison, y déversaient leurs cargaisons d'excursionnistes, et, d'autre part, au fait qu'il était le seul dancing à des dizaines de kilomètres à la ronde.

Cette discothèque fit le bonheur des Corbaisiens et habitants du coin, qu'ils soient jeunes ou vieux, pendant plus de 20 ans. Cependant, à partir de la fin des années 70, la construction du prolongement de l'autoroute E411 vers Namur (avant cela, elle s'arrêtait à la sortie Corroy le Grand), et le succès des boîtes de nuits de Louvain-la-Neuve dans les années 80 comme le "Cocotier" et le "New Orleans" ou encore les discothèques de Gembloux et Wavre ont peu à peu signé le déclin de cette entreprise de divertissement.

Le Dancing Palace ferma ses portes définitivement le 31 décembre 1988.

Le bâtiment fut scindé en deux parties, la partie arrière devint un hôtel mais la partie côté route resta abandonnée pendant pas mal d'années. Aujourd'hui, la partie route est une pharmacie,

Plasti-Nautic

Dans les années 60, Roland Pagnoulle, né à Schaerbeek en 1932, déménage son activité depuis Bruxelles jusqu'au nord du village. Au Grand'Route numéro 15, le long de la N4, dans un ancien garage automobile. Il s'agit du fils d'Armand Pagnoulle (en) (un canoéiste d'origine liégeoise, fondateur du Royal Brussels Kayak Club et ayant participé et terminé huitième aux Jeux Olympiques de 1936).

Sa petite entreprise indépendante fût spécialisée dans la fabrication de kayaks de compétition et de tourisme. Ses ouvrages étaient essentiellement réalisés en polyester.

Dans les années 70, les kayaks de Pagnoulle participèrent à plusieurs grands championnats, entre autres les Jeux Olympiques de 1972 à Munich, le Championnat du Monde de Canoë-Kayak de 1975 à Skopje.

Jean-Pierre Burny gagna les championnats du monde 1979 à bord du kayak : "River 80" de Plasti-Nautic.

Preuve de son savoir-faire, certains de ses modèles de compétition (comme le River 81) ont été fabriqués sous licence officielle à l'étranger, notamment par le constructeur britannique de référence Kirton Kayaks,

Après ces succès, l'entreprise est en perte de vitesse dans les années 80. Pagnoulle se reconvertit alors en 1987 dans la simple création et revente de pièces en polyester sous le nom : "New Plasti Nautic". Cette relance ne recontrera pas tellement de succès.

En 1989, Pagnoulle met définitivement fin à ses activités et vend son bâtiment,

L'ancien bâtiment de Plasti-Nautic est aujourd'hui tenu par le magasin Déco Attitude, et le glacier de la Ferme de l'Ornoy.

L'Axis Parc

En 2003, s'implante presque entièrement sur le territoire nord de Corbais, aux environs du lieu-dit Croix Cattelain (en bordure Nord-Ouest du Carrefour N4/N25) un parc d'affaires gigantesque juste aux portes de Louvain-la-Neuve.

Un des bâtiments de l'Axis Parc.

L’Axisparc accueille désormais environ 200 sociétés dans 21 bâtiments et emploie 2600 personnes.

Ces 18 hectares de terres appartenaient auparavant à des fermiers de Corbais qui y cultivaient du maïs. Le terrain ayant été vendu à des particuliers, elles ne sont donc pas propriété de l'Université Catholique de Louvain.

Le projet s'inscrit dans le boom économique du Brabant wallon débuté depuis les années 90. La province ne repose plus son économie sur l'agriculture mais s'est transformée en une véritable locomotive économique contribuant à 21% du PIB wallon. Les petits villages se sont alors transformés en cités-dortoirs résidentielles très cotées.

Cette transformation a valu au Brabant wallon d'être surnommé "Wallifornie" par le reste des provinces de Wallonie.

Les atouts principaux du parc est qu'ils ont multiplié les services avec 2 restaurants, 2 bars et une crèche. Ils ont également développé des activités comme les after-works ou le beach-volley et le tennis.

Chaque jeudi, pendant la période estivale, les soirées de la "Moonshine" s'y déroulent, accueillant nombre de fêtards venus de partout dans le Brabant wallon.

Vie associative

Les ASBL

Corbais, Toute une histoire...

ASBL créée en 2011 par une dizaine de corbaisiens dont Paul Jadoul (ancien bourgmestre de Mont-Saint-Guibert), avec l'objectif de mettre en valeur le passé du village. A été alors publié un livre qui se veut être la continuité de l'ouvrage Histoire de Corbais écrit par le curé Plogaerts en 1910.

Ce livre se nomme Corbais 1910-2010 et reprend les 100 dernières années de Corbais depuis la publication de l'ouvrage de Plogaerts. Il contient beaucoup de photos d'époques, d'anecdotes et d'explications sur la vie villageoise du XXe siècle.

Cette ASBL est aussi à l'origine de plaques de rues en wallon. Des panneaux explicatifs sur les fermes, chapelles et bâtiments pour permettre à chaque passant d'en apprendre plus sur l'histoire du village.

Jacques Vanderbist en est le président.

Les Amis de la Tour

En 1976, le comité des jeunes de Corbais est créé. Il organise, le dernier weekend du mois d'août, un buffet campagnard et musical où toute la population du village est conviée.

Le comité vend du muguet le , invite chaque année Saint-Nicolas à rencontrer les enfants sages et participe aux Moissons de l'Amitié. Elle rénove la Tour des Griffons, et qui depuis, accueille deux fois par an des visiteurs pour une dégustation de bières trappistes.

En 1995, l'ASBL change de nom pour « Les Amis de la tour » et s'installe dans cette dernière. La foire des weekends campagnards s'agrandit de plus en plus. À partir de 2007, elle accueille une section artisans.

En 2008, une grosse affluence est présente pour le concert du groupe belge : "MACHIAVEL", dont l'un des membres fondateurs, Marc Isaye, alors directeur de Classic 21, habitait Corbais depuis quelques années.

Les festivités annuelles comportent une dizaine d'événements. Les bénéfices engendrés permettent d'organiser la Saint-Nicolas pour les enfants du village et de verser une contribution significative au Télévie. Ponctuellement, différentes associations sont aidées. Citons les scouts de Mont-Saint-Guibert, la Croix-Rouge, l'école Escalpade de Louvain-la-Neuve, Cap 48...

Paul Felon préside l'ASBL.

Les confréries

Confrérie du Saint-Sacrement

L'évêque de Namur, le comte de Berlo, avait exhorté, via ses lettres du 16 octobre 1768, les recteurs des paroisses à ériger dans son diocèse des confréries du Saint-Sacrement, dont le but était l'adoration du Saint-Sacrement, inspirer les sentiments d'une piété véritable et conserver la pureté de la religion. Ces confréries étaient en communion avec la première érigée à Namur, dans l'église Saint Jean-Baptiste en 1560. Le pape Clément XIII approuva cette multiplication de confréries du Saint-Sacrement en 1768 et leur accorda plusieurs indulgences. Au début, les membres devaient adorer le Saint-Sacrement pendant quatre jours sur l'année.

La Belgique est historiquement liée à ce culte : la Fête Dieu avait été instituée à Liège au XIIIe siècle avant de rayonner partout ailleurs. Dans les villages brabançons, la procession annuelle de la Fête-Dieu était un événement majeur de l'année. La confrérie locale était indispensable pour: Porter le dais au-dessus du prêtre qui transportait l'ostensoir. Fabriquer et financer les cierges, les drapelets et les décors des autels extérieurs (les reposoirs). Escorter le viatique (la communion) lorsque le curé se rendait au chevet des villageois mourants. Contrairement à certains ordres religieux, une confrérie est une association de laïcs (les villageois eux-mêmes). Dans un petit hameau, elle regroupait souvent les notables locaux (fermiers aisés, bourgmestre, artisans), mais restait ouverte aux autres paroissiens moyennant une modeste cotisation. Elle offrait une forme d'assurance sociale (aide aux funérailles des membres).

Confrérie de Notre-Dame du Bon Secours

Cette confrérie fût instituée en 1825 par M.Moreau. Être membre de la confrérie du Rosaire à Corbais impliquait la récitation partagée : Les membres s'engageaient à réciter le chapelet (les confréries organisaient parfois un "Rosaire vivant" où chaque membre s'engageait à réciter une dizaine par jour pour que le rosaire complet soit récité continuellement par le village). Organisaient également l'entretien et les ornements des chapelles mariales lors des célébrations et processions. Cette confrérie érigea également les stations du chemin de croix dans l'église de Corbais en 1852 grâce à un don de la baronne d'Hoogvorst.

Mais le curé Van Brempt crut bon en 1857 d'ériger une nouvelle congrégation pour jeunes filles, la confrérie de l'Immaculée Conception, qu'il fit agréger canoniquement à l'archiconfrérie de Notre-Dame d'Hanswyck. Il regretta cependant d'avoir délaissé celle du Saint-Rosaire.

Les associations religieuses

Association de la Sainte-Famille

Son but était de rappeler aux fidèles les vertus de la Sainte-Famille. Elle fût établie le 21 juin 1895.

Association du Saint-Nom de Jésus pour l'extirpation des blasphèmes

Établie à Corbais en 1835 et renouvelée en 1863, elle était toutefois le plus souvent urbaine. La Société du Saint-Nom-de-Jésus est une institution d'origine médiévale, relancée au XVIe siècle par les Dominicains et les Jésuites sous l'impulsion du Concile de Trente. Son but premier était de combattre les péchés de la langue comme le blasphème (jurer, utiliser le nom de Dieu ou des saints de manière irrévérencieuse), le parjure (les faux serments, un problème civil et religieux majeur à l'époque) et l'hérésie (les infiltrations d'idées protestantes). Comme pour le Rosaire, l'érection officielle de cette association nécessitait une autorisation des Dominicains. Si le village était dans la zone d'influence et de quête des pères dominicains de Louvain ou de Bruxelles, l'influence s'est transmise plus facilement.

En 1835, la Belgique est un État moderne. L'association n'a plus aucun pouvoir juridique ou civil. Elle ne peut plus infliger d'amendes financières, ni exiger des peines publiques d'amende honorable comme au XVIIe siècle.Elle travaille alors par la réparation par l'adhésion : Le travail principal consiste à faire signer le registre de l'association aux villageois (les hommes surtout, les ouvriers agricoles et les artisans). S'inscrire, c'est s'engager sur l'honneur à bannir les jurons de sa bouche. Via la pression sociale, dans un petit village, si les hommes influents ou respectés (le bourgmestre, les gros fermiers) rejoignent l'association, le blasphème devient un signe de mauvaise éducation et de marginalisation. Le travail se fait par l'exemple et le regard des autres au cabaret local, et le recentrement sur les offices : Le curé utilise l'association pour remplir son église. Les confrères se rassemblent obligatoirement le premier dimanche du mois et lors de la fête du Saint-Nom (en janvier) pour réciter les litanies et assister à la messe de réparation.

Le curé s'en sert pour panser les plaies des décennies de révolutions, pour resserrer les liens de la communauté villageoise autour de l'autel, et pour purifier le langage populaire des influences antireligieuses de l'époque française.

Patrimoine de Corbais
Tour Griffon du Bois.
Tour Griffon du Bois.
Église Saint-Pierre.

Notes et références

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Voir aussi

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Bibliographie

Théophile Ploegaerts, Histoire de Corbais : suivie d'une étude géographique d'Edmond Bourguignon, t. XI, Nivelles, Imprimerie de la Société Archéologique, coll. « Annales de la société Archéologique », , 248 p.