| Autres noms | Arpeko Saindua, Harpeko Saindia, Arpeko Saindia, Saint de Bidarray |
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| Nom basque | Harpeko Saindua |
| Sous-groupe | Figure sacrée ; être pétrifié |
| Caractéristiques | Jeune bergère changée en pierre ; figure sacrée dont la stalagmite est réputée posséder des vertus guérisseuses |
| Habitat | Grotte de Zelharburu |
| Proches |
| Origines | Mythologie basque ; croyances populaires |
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| Région | Pays basque, Basse-Navarre |
| Première mention | José Miguel de Barandiarán |
Harpeko Saindua signifie en basque « la sainte (ou le saint) de la grotte ». On peut aussi trouver les graphies arpeko et saindia, xaindua, xaindia.
Harpeko Saindua désigne une stalagmite de la grotte de Zelharburu, à Bidarray, en Basse-Navarre.
Une légende raconte qu'un jour, une jeune bergère était partie chercher ses chèvres. Elle alla vers les rochers sous les falaises de l'Artzamendi.
Ne la voyant pas revenir, les hommes partirent à sa recherche. L'un d'eux découvrit l'ouverture d'une grotte, et il trouva la jeune fille pétrifiée, figée à jamais dans le rocher. Selon certains témoignages recueillis par le père Barandiaran, c'est une traînée lumineuse (semblable à celle que peut laisser le passage de Mari) dans le ciel qui indiqua l'emplacement de la grotte. À cause de l'eau qui en coulait goutte à goutte, on l'appela la « sainte qui pleure ».
On commença à y venir, de très loin, pour solliciter ses vertus thérapeutiques : ses fidèles recueillaient sur des linges l'eau suintant, et elle était supposée guérir les maladies de peau et des yeux lorsqu'on en frottait les parties atteintes. Un grand pèlerinage avait lieu chaque année pour la Trinité. Les fidèles plaçaient des bougies devant la stalagmite, et laissaient des offrandes : pièces de monnaie, petites croix, vêtements des malades, mouchoirs.
Les témoignages ethnographiques recueillis au XXe siècle mentionnent également des chapelets, des croix, des médailles, des peignes, des mouchoirs, des chemises et des bérets parmi les ex-voto déposés dans la grotte. Les malades laissaient ces vêtements en croyant que leur maladie y demeurait attachée. Des bougies étaient déposées devant la stalagmite, tandis que l'eau qui ruisselait sur celle-ci était utilisée dans des pratiques de guérison, notamment pour les maladies de la peau et des yeux.
La tradition rapporte également la présence de monnaies françaises et espagnoles dans les anfractuosités situées au-delà de la stalagmite. Lors d'une visite, José Miguel de Barandiaran indique avoir observé plusieurs monnaies de bronze du siècle précédent. Il précise qu'elles avaient été jetées dans un endroit difficilement accessible, ce qui lui faisait interpréter leur dépôt comme une offrande destinée à la « sainte » plutôt que comme une contribution à l'entretien du lieu .
Le dépôt d'ex-voto et les pratiques thérapeutiques associés à Harpeko Saindua s'inscrivent dans un ensemble plus large de pratiques de pèlerinage et de guérison attestées au Pays basque. Juan Madariaga Orbea mentionne ainsi Harpeko Saindua parmi les lieux de pèlerinage où une stalagmite d'apparence humaine faisait l'objet d'une dévotion accompagnée d'ex-voto et d'inscriptions.
José Miguel de Barandiaran rapprochait la légende de Harpeko Saindua de certains récits du cycle de Mari. Il relevait également une ressemblance entre le récit de l'apparition de la « sainte » et celui de Notre-Dame du Puy, à Estella. L'Encyclopédie Auñamendi présente ainsi le thème central de la légende comme apparenté à un épisode du cycle de Mari et le récit de l'apparition comme semblable à celui de Notre-Dame du Puy.
La grotte faisait encore l'objet d'une fréquentation rituelle annuelle à l'occasion de la fête de la Trinité. Barandiaran décrit cette célébration comme une romería réunissant notamment les jeunes des villages et quartiers voisins autour de danses. Une étude consacrée aux temporalités rituelles du Pays basque confirme également l'existence d'un pèlerinage à Harpeko Saindua au mois de juin, à l'occasion de la Trinité.
La grotte de Zelharburu se situe à l'ouest du territoire de la commune de Bidarray, à proximité de la frontière entre l'Espagne et la France, dans la vallée du Bastan. Le GR 10 passe devant la grotte.
Elle se trouve sur le versant du mont Zelharburu, dans un secteur proche des falaises de l'Artzamendi et de la ferme Arrusia. La grotte est accessible depuis le GR 10, qui passe à proximité immédiate de l'entrée.
La grotte, située près de la ferme Arrusia, est de dimensions modestes. Son vestibule mesure environ 5 mètres de largeur, 6 mètres de hauteur et 5 mètres de profondeur. Une galerie étroite, accessible par un escalier d'une dizaine de marches, se trouve sur la gauche de l'entrée ref name="Barandiaran"/>.
Au fond de cette galerie se trouve une colonne stalagmitique qui atteint le plafond. Elle mesure environ 1,10 mètre de hauteur pour 0,20 mètre de largeur moyenne et présente une forme évoquant un torse humain. De l'eau ruisselle continuellement à sa surface. Cette particularité est à l'origine de l'appellation française « le saint qui sue » et de la dévotion thérapeutique attachée à la stalagmite,.