Dans la mythologie basque, ubendua désigne la morsure qu'un génie maléfique laisse sur le corps d'une personne endormie, opérant principalement de nuit. Par extension, le terme désigne également un onguent ou une substance médicinale et parfumée, utilisée à la fois pour soigner, protéger contre les esprits et dans des pratiques rituelles.
Dans la mythologie basque, ubendua est la morsure ou la marque qu'un mauvais génie laisse sur le corps d'une personne. Il opère de nuit alors que ses victimes dorment. Pour se prémunir contre de tels agissements, on dit qu'il faut placer dans la chambre un missel ouvert à la page correspondant au début de l'Évangile selon saint Jean.
L'ubendua ou ukendu est employé comme substance médicinale ou aromatique, souvent à base de baume, de myrrhe, d'aloès ou d'huiles parfumées. Dans la tradition basque, l'onguent servait à:
Les textes du XIXᵉ et XXᵉ siècle témoignent de la persistance de l'usage domestique de l'onguent, que ce soit comme remède, parfum, ou substance rituelle. On le retrouve dans les contes, les sermons et les documents ethnographiques, où il est décrit comme usaintsu, gozoa (odorant et agréable), et parfois associé à des préparations élaborées avec de l'arnica, de la menthe ou d'autres herbes locales.
Le terme ubendua (ou ungüento, selon les variantes régionales) désigne à l'origine un onguent ou une substance médicinale et parfumée, mais il est également employé dans la tradition populaire basque pour désigner une marque ou un geste protecteur lié aux génies ou esprits malins. Le mot se retrouve sous de nombreuses formes dialectales et historiques : ubendu, ubientu, ugendu, ugentu, ujentu, ukentu, ungendu, ungenta, ungentu, unguentu, unjentu, unkentu, unkuntu, unkutu, unkute, urgentu, okendu, okentu, ongendu, etc.
Les variantes reflètent des différences géographiques marquées entre le nord et le sud du Pays basque, ainsi que des évolutions phonétiques et orthographiques. Certaines formes apparaissent déjà dans les textes du XVIIIᵉ siècle, tandis que d'autres se maintiennent jusqu'au XXᵉ siècle.
| Variante | Localisation / Dialecte | Époque / Source attestée | Commentaires |
|---|---|---|---|
| ubendua | Nord du Pays basque, Aezkoa | XIXᵉ s., contes et documents ethnographiques | Utilisé pour l'onguent et marque protectrice contre les génies |
| ubendu | Vallée de Añ (V) | XIXᵉ s., textes ethnographiques | Synonyme d'onguent |
| ubientu | Vallée de Gipuzkoa (V-gip) | XIXᵉ s., EY II 144 | Variante phonétique |
| ugendu | Guipuscoa (V-gip) | XIXᵉ s., textes de Lizarraga, Echenique | Employé comme onguent |
| ugentu | Guipuscoa | XIXᵉ s., Otaegui | Variante phonétique locale |
| ujentu | Guipuscoa | XIXᵉ s., Uriarte, N. Etxaniz | – |
| ukentu | Guipuscoa (H, G) | XIXᵉ s., textes religieux et ethnographiques | Variante la plus fréquente au sud |
| ungendu | SP | XIXᵉ s., Lizarraga, Echenique | Souvent associé aux rituels |
| ungenta | SP | XIXᵉ s., Pouvreau | Variante féminine ou adjectivée |
| ungentu / unguentu | Guipuscoa, Navarre, SP | XVIIIᵉ–XIXᵉ s., Moguel, Aguirre de Asteasu, Oteiza | Forme standard pour onguent |
| unjentu | Guipuscoa (V-gip) | XIXᵉ s., textes Oteiza | – |
| unkentu / unkuntu / unkutu / unkute | Soule, Gèze, Foix (S) | XIXᵉ s., Belapeyre, Maister, Foix | Variantes souletines ou occitanes |
| urgentu | Guipuscoa (Gudu) | XIXᵉ s., Haraneder | Rare, forme archaïque |
| okendu / okentu | Guipuscoa, Biscaye, Haut-Navarre | XVIIIᵉ–XIXᵉ s., Lardizabal, Uriarte, Ostolaiz, D. Agirre | Masse de "greffe" ou onguent; forme méridionale et septentrionale |
| ongendu | Navarre | XIXᵉ s., OrorbSerm | Forme attestée par les documents navarrais |