Eza

Eza est un terme basque désignant la négation, le refus ou l'absence. Dans le folklore basque, il apparaît notamment dans l'expression ezari-emanak, associée aux biens non déclarés ou non reçus et à certaines croyances relatives aux conséquences surnaturelles des déclarations humaines. Ces traditions mettent en relation les notions de « oui » (bai) et de « non » (ez), la répartition des biens matériels et l'intervention de Mari, figure majeure de la mythologie basque.

Signification et expressions traditionnelles

En basque, ez signifie « non » et sert notamment à exprimer la négation grammaticale. Le substantif eza peut désigner la négation, le refus ou l'absence selon le contexte.

L'expression ezari-emanak, que José Miguel de Barandiaran traduit par « donnés au non », est mise en parallèle avec baiari-emanak, « donnés au oui ». Ces expressions apparaissent dans des récits populaires où les déclarations relatives aux biens récoltés ou produits sont susceptibles d'entraîner des conséquences surnaturelles.

Les légendes évoquent notamment des situations dans lesquelles les quantités déclarées ne correspondent pas aux quantités réellement récoltées ou produites. Les différences entre ces deux valeurs sont alors associées aux biens attribués au « oui » ou au « non ». Les paroles humaines s'inscrivent ainsi dans un système de croyances où les déclarations et la répartition des biens peuvent donner lieu à une intervention surnaturelle.

Mari, les biens non déclarés et la grêle

Dans son Diccionario ilustrado de Mitología Vasca, Barandiaran rapproche les ezari-emanak de certaines légendes relatives à la grêle. Il indique que celle-ci est également désignée par le terme esartuak, qu'il interprète comme « les non reçus ». Selon lui, cette appellation fait probablement allusion aux biens non déclarés évoqués dans les récits associés aux ezari-emanak.

Dans cette interprétation, la grêle représente la contrepartie de biens non reçus ou non déclarés. Elle est présentée comme une manifestation de la puissance de la Dame d'Anboto, autre désignation de Mari dans la tradition basque. Cette lecture est reprise par Jon Mentxakatorre Odriozola dans son étude La Dama de Amboto y el infierno. Mito y fórmula qui renvoie notamment à l'explication de Barandiaran concernant les esartuak et les ezari-emanak.

Le récit du berger et de Mari

L'encyclopédie Auñamendi rapporte une légende mettant en scène un berger et Mari dans la grotte d'Aketegi. Le récit aurait été recueilli auprès de Felipe de Aguirre de Mendiurkullu.

Un berger entre dans la grotte à la recherche d'une brebis. Mari, qui s'y trouve, se met en colère en l'apercevant et tente de s'emparer de lui. Pour se protéger, le berger lui passe un chapelet autour du cou. Incapable de se libérer, Mari lui demande de le retirer. Il accepte à condition qu'elle le conduise hors de la grotte. Elle le porte jusqu'à l'entrée, où il lui enlève le chapelet. Mari lui fait alors remarquer qu'il a eu la sagesse de venir bien accompagné, car ses compagnes sont absentes. Lorsque le berger lui demande où elles se trouvent, elle explique qu'elles sont occupées à recueillir les dîmes des « oui » et au « non ».

Les laminak et le « oui » et le « non »

La tradition rapporte également que les laminak, êtres surnaturels du folklore basque, vivent eux aussi du « oui » et du « non ». Cette association les rapproche de Mari dans les récits consacrés aux déclarations, aux biens matériels et aux sanctions surnaturelles.

Références

  1. 1 2 3 4 5 (es) « Eza », Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
  2. ↑ (es) Barandiaran, José Miguel de, Diccionario ilustrado de Mitología Vasca, vol. I, Bilbao, La Gran Enciclopedia Vasca, , 333-580, notamment p. 407
  3. ↑ (es) Mentxakatorre Odriozola, Jon, « La Dama de Amboto y el infierno. Mito y fórmula », Revista de Folklore, no 430,‎ , p. 4-19 (lire en ligne, consulté le )

Bibliographie