| Erditse | |
| Mythologie pyrénéenne | |
|---|---|
| Caractéristiques | |
| Autre(s) nom(s) | Erditze |
| Fonction principale | Divinité locale pyrénéenne |
| Fonction secondaire | Inconnue |
| Représentation | Inconnue |
| Lieu d'origine | Toulouse |
| Période d'origine | Antiquité romaine |
| Groupe divin | Divinité aquitaine |
| Culte | |
| Région de culte | Pyrénées, localisation précise inconnue |
| Mentionné dans | Inscription votive aujourd'hui disparue, connue par des transcriptions anciennes |
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Erditse, également transcrit Erditze, est une divinité probablement issue de l'aire aquitaine ou pyrénéenne, connue par une inscription votive aujourd'hui disparue. Celle-ci aurait été observée au XVIe siècle par Joseph Juste Scaliger dans le secteur du Parlement de Toulouse, à Toulouse. Son lieu de découverte antique demeure inconnu, mais une origine pyrénéenne a été envisagée en raison des parallèles avec d'autres dédicaces religieuses de la région du Comminges.
L'absence du monument original et les incertitudes entourant sa transcription empêchent de déterminer avec précision la fonction de cette divinité, ses attributs et les modalités de son culte. Plusieurs hypothèses étymologiques ont été proposées, notamment celle d'un lien avec la naissance et la reproduction animale, sans qu'aucune soit établie.
La principale source concernant Erditse est une dédicace votive publiée dans les recueils épigraphiques anciens, notamment celui de Jan Gruter. Selon les témoignages disponibles, l'inscription aurait été relevée par Joseph Juste Scaliger au XVIe siècle, dans le secteur du Parlement de Toulouse. Le monument n'a pas été conservé,.
Eugène Camoreyt propose la lecture suivante :
« ERDITSE D[EO?]
CONSACRAN(I)
BORODATES
V.S.L.M. »
— « À Erditse, [dieu ?], Consacranus (?) Borodates s'est acquitté de son vœu de bon gré et à juste titre. »
Cette transcription reste incertaine. La restitution de D en d(eo), « au dieu », n'est pas assurée, pas plus que l'interprétation des termes suivants et l'identification des personnes mentionnées dans la dédicace.
La formule finale V.S.L.M. correspond à l'expression latine v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito), généralement traduite par « il s'est acquitté de son vœu de bon gré et à juste titre ». Courante dans l'épigraphie religieuse romaine, elle témoigne du caractère votif de l'inscription. Le terme consacran(i), selon la restitution retenue, a également été interprété comme une possible référence à un groupe de personnes associé au culte. Cette lecture demeure toutefois hypothétique.
La date de la dédicace ne peut être déterminée. En l'absence du monument et de données archéologiques fiables, aucune datation plus précise n'est possible.
Le sens du théonyme Erditse demeure inconnu. Il est généralement rattaché à l'onomastique aquitaine, dont plusieurs éléments présentent des rapprochements avec l'ancienne langue basque.
La terminaison -tse rappelle celles de noms tels que Herauscorritsehe et Selatse, attestés dans l'aire aquitaine et pyrénéenne. Ces similitudes peuvent présenter un intérêt pour l'étude linguistique du nom, mais elles ne suffisent pas à établir une origine commune,.
Plusieurs rapprochements avec le basque moderne ont été proposés. Le premier élément erdi- pourrait évoquer erdi, « moitié », terme également associé, dans certains contextes, au champ lexical de la naissance. Une autre hypothèse rapproche le nom du verbe erdietsi, « obtenir » ou « parvenir à obtenir »,. Ces rapprochements ne permettent cependant pas de restituer avec certitude le sens du nom dans son contexte antique.
L'écrivain et chercheur basque Anastasio Arrinda Albisu, également connu sous le nom d'Arrinda'tar Anes, interprète Erditse comme une divinité liée à la mise bas et à la reproduction des animaux domestiques. Il fonde cette hypothèse sur le rapprochement avec le verbe basque erditu, « accoucher », et sur l'expression Erdit eta Erditse deo, qu'il comprend comme une invocation favorisant les naissances. Cette interprétation constitue une proposition moderne, qui ne peut être confirmée par la seule inscription.
La dédicace attribuée à Erditse constitue l'unique témoignage connu de son culte. Bien que l'inscription ait été observée à Toulouse, cette localisation ne prouve pas que la divinité y était originellement honorée. Le monument a pu être déplacé avant sa découverte. Une provenance pyrénéenne a été envisagée, sans que le sanctuaire ou la communauté concernés puissent être identifiés.
La restitution proposée par Eugène Camoreyt a suscité l'hypothèse d'un groupe de fidèles ou d'une association religieuse. L'état de la documentation ne permet toutefois ni de confirmer l'existence d'une telle communauté ni d'en préciser les pratiques.
L'interprétation d'Anastasio Arrinda Albisu conduit à envisager une divinité protectrice de la fertilité des troupeaux, particulièrement associée à la réussite des mises bas. À l'appui de cette lecture, il écrit : « Erditze ona artzai eta unai guztien azken helburua da », soit « Une bonne mise bas constitue l'objectif ultime de tous les bergers et gardiens de troupeaux ». Cette proposition repose sur une interprétation linguistique du théonyme et sur le contexte pastoral, mais aucune source antique ne précise les domaines d'action de la divinité.
Enfin, aucune assimilation à une divinité romaine, telle que Jupiter, Mars ou Hercule, n'est attestée. Le genre de la divinité reste lui aussi incertain, la restitution de deo dans l'inscription n'étant pas assurée.