Anderexo

Anderexo
Mythologie pyrénéenne
(identification discutée)
Copie de l’inscription CIL XIII 23. ILVRBERRIXO ANDEREXO Elle se trouve dans l’église Saint-Pèir d'Escunhau. L’original a été volé.
Copie de l’inscription CIL XIII 23.
ILVRBERRIXO ANDEREXO
Elle se trouve dans l’église Saint-Pèir d'Escunhau. L’original a été volé.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Anderixo, Anderexso, Ande, Anderseni, Andereni
Fonction principale Inconnue
Représentation Inconnue
Lieu d'origine Escunhau
Période d'origine Antiquité romaine
Groupe divin Divinités pyrénéennes supposées
Culte
Région de culte Val d'Aran
Mentionné dans Inscription d'Escunhau, CIL XIII, 23
Symboles
Attribut(s) Aucun connu
Sarcophage aquitain sur lequel apparaît le nom de personne Anderexo. Il est aujourd'hui conservé au musée de Luchon.

Anderexo, également transcrit Anderixo ou rapproché de la forme Anderexso, est un nom attesté dans l'épigraphie de l'ancienne Aquitaine à l'époque romaine. Il a parfois été interprété comme celui d'une divinité pyrénéenne ou comme une épithète associée au dieu Ilurberrixus. Toutefois, son identification comme divinité demeure incertaine : plusieurs interprétations épigraphiques privilégient un anthroponyme, probablement féminin.

Inscription

Le nom apparaît dans une inscription découverte à Escunhau, dans la commune de Vielha e Mijaran, au Val d'Aran, en Catalogne. Le texte conservé est généralement transcrit ainsi :

« ILVRBERRIXO / ANDEREXO / [---] »

L'inscription est référencée dans le Corpus Inscriptionum Latinarum sous le numéro CIL XIII, 23, ainsi que dans le corpus des inscriptions romaines de Catalogne sous la référence IRC-II, 61.

Le nom Ilurberrixo est généralement interprété comme une forme au datif d'Ilurberrixus, un théonyme supposé d'origine aquitaine. Cependant, la lecture et la structure de l'inscription ne permettent pas de déterminer avec certitude la relation entre les deux termes. L'historien José María Blázquez a proposé de considérer Anderexo comme une épithète d'Ilurberrixus. À l'inverse, le linguiste Koldo Mitxelena a interprété Anderexo comme un nom de personne, éventuellement celui de la dédicante du monument. Cette dernière hypothèse avait déjà été envisagée par Julien Sacaze dans ses travaux sur les inscriptions pyrénéennes.

Une inscription funéraire découverte à Caubous, dans la vallée d'Oueil, en Haute-Garonne, fournit un parallèle important. Elle mentionne une femme nommée Anderexso, fille de Condannossus et épouse du défunt :

« BONBELES HAR-/BELEXSIS F(ilius) V(iva) AND-/EREXSO CONDAN-/NOSSI F(ilia) VXOR P(osuit). »

Référencée CIL XIII, 324, cette inscription permet d'identifier Anderexso comme un nom de personne féminin. La proximité géographique des découvertes d'Escunhau et de Caubous renforce l'hypothèse d'un rapprochement onomastique entre les deux formes, sans toutefois démontrer qu'elles ont exactement la même fonction grammaticale ou la même origine.

Étymologie

L'étymologie d'Anderexo reste incertaine. Une hypothèse rapproche le nom de l'élément andere, qui signifie « dame » ou « femme » en basque. Cette comparaison s'inscrit dans l'étude des noms féminins de l'ancienne Aquitaine, dont la langue est généralement considérée comme apparentée au basque. Elle rend plausible une interprétation anthroponymique, sans permettre de déterminer avec certitude le sens du nom antique.

Plusieurs noms présentent des formes comparables dans l'épigraphie aquitaine :

Ces rapprochements témoignent de l'existence d'un ensemble de noms régionaux présentant des éléments similaires. Ils ne suffisent cependant pas à établir une étymologie unique pour Anderexo.

Une autre hypothèse rapproche Anderexo du composé celtique ande-rix, interprété comme « grand roi ». Cette proposition permettrait d'envisager une épithète divine, mais elle demeure conjecturale et ne constitue pas une démonstration de l'origine celtique du nom.

Le rapprochement avec andere a également été mis en relation avec certaines appellations féminines de la tradition basque, notamment Andre, Andra, Dama et Señora, employées pour désigner Mari dans différents récits et lieux de culte. Cette comparaison relève toutefois de l'histoire des représentations religieuses et ne prouve pas l'existence d'un lien cultuel entre Mari et Anderexo.

Notes et références

  1. 1 2 3 4 5 6 (oc + oc-gascon) Jean-Luc Schenck-David, Era Val d'Aran ena epòca romana, Institut d'Estudis Aranesi – Acadèmia Aranesa dera Lengua Occitana, , 116 p. (ISBN 978-84-09-57283-0, lire en ligne)
  2. 1 2 Julien Sacaze, Inscriptions antiques des Pyrénées, Toulouse, Édouard Privat, (lire en ligne), inscription d'Escunhau, no 375 selon le classement de l'ouvrage
  3. ↑ « Étude épigraphique sur les inscriptions de la région pyrénéenne », Aquitania, vol. 22,‎ , p. 176 et suivantes (lire en ligne)
  4. ↑ Inscriptions et sculptures romaines d'Auch, Ausonius éditions / revue Aquitania, (lire en ligne)
  5. ↑ Xavier Delamarre, Noms de personnes celtiques dans l'épigraphie classique, Errance,

Voir aussi

Articles connexes