| Baigorix | |
| Mythologie pyrénéenne | |
|---|---|
BAIGORISO / DEO / GEMINVS E- / DVNNIS F(ilius) / V(otum) S(oluit) L(ibens) M(erito). | |
| Caractéristiques | |
| Autre(s) nom(s) | Baigorixo, Baigoriso, Baicorrixo, Buaigorixe |
| Nom Aquitain | Baigorix |
| Fonction principale | Divinité locale des Pyrénées |
| Représentation | Inconnue |
| Période d'origine | Antiquité romaine |
| Groupe divin | Divinité aquitaine |
| Culte | |
| Région de culte | Haute-Garonne, notamment Huos, Balesta, Cier-de-Luchon et Labarthe-Rivière |
| Mentionné dans | Inscriptions votives de Huos, Balesta, Cier-de-Luchon et Labarthe-Rivière |
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Baigorix est une divinité indigène attestée dans l'Aquitaine pyrénéenne à l'époque romaine. Le théonyme est connu par plusieurs inscriptions votives découvertes principalement dans la région du Comminges, sous différentes formes, notamment Baigorixo, Baigoriso, Baicorrixo et Buaigorixe. Ces différentes graphies sont généralement considérées comme des variantes d'un même théonyme
Le théonyme est attesté par plusieurs inscriptions votives de l'Aquitaine méridionale. Les principales formes connues sont Baigorixo, Baigoriso, Baicorrixo et Buaigorixe.
Les lieux d'attestation traditionnellement associés à ces formes sont les suivants :
« BAIGORI- / XO DEO / VERNVS / SERANI F / V S L M »
— « Au dieu Baigorixo, Vernus, fils de Seranus, s'est acquitté de son vœu de bon gré et comme il se devait. »
« BAICORRIXO DEO / HANNAXVS / AXIONNIS FIL / V S L M »
— « Au dieu Baicorrixo, Hannaxus, fils d'Axionnis, s'est acquitté de son vœu de bon gré et comme il se devait. »
« BVAIGORIXE DEO / ANDOSS / PIANDOSS /... »
— « Au dieu Bvaigorixe, Andoss Piandoss… »
« BAIGORISO / DEO / GEMINVS E- / DVNNIS F / V S L M »
— « Au dieu Baigoriso, Geminus, fils d'Edunnis, s'est acquitté de son vœu de son plein gré et à juste titre. »
F ., V . S ., L . M . sont des abréviations latines épigraphiques très courantes dans les inscriptions votives gallo-romaines.
Julien Sacaze avait déjà réuni au XIXe siècle plusieurs de ces inscriptions et souligné leur appartenance à un même ensemble. Il signalait notamment les formes Baigorixo, Baicorrixo et Buaicorrix ou Buaicorrixe, ainsi qu'une variante Baigoriso.
La diversité des graphies porte notamment sur la représentation de la consonne vélaire, avec l'alternance entre c et g, ainsi que sur celle de la vibrante, avec l'alternance entre r et rr. Des recherches récentes soulignent que le doublet Baicorrixo deo / Baigorixo deo constitue un exemple de cette variation graphique dans les inscriptions aquitaines. La variation graphique ne doit donc pas conduire à multiplier les divinités. Les différentes formes sont généralement réunies dans les études consacrées à l'onomastique indigène de l'Aquitaine.
Baigorix appartient au groupe des divinités attestées par l'épigraphie de l'Aquitaine romaine. Les inscriptions connues sont des dédicaces votives et associent le nom indigène de la divinité aux formules latines habituelles de la religion romaine provinciale.
La documentation actuellement connue ne permet toutefois pas de déterminer avec certitude la fonction précise de Baigorix, ses attributs, son iconographie ou un domaine particulier de son culte. Les inscriptions fournissent essentiellement le nom de la divinité et les renseignements épigraphiques liés aux dédicaces. Il convient donc de ne pas lui attribuer, en l'état actuel des sources, une fonction de divinité des eaux, de la montagne, du bétail ou de la métallurgie.
Le théonyme Baigorix a été rapproché du toponyme basque Baigorri. Cette comparaison repose principalement sur la proximité des éléments Baigor- et Baicorr- présents dans les inscriptions aquitaines avec le toponyme basque.
Joaquín Gorrochategui relève notamment les formes aquitaines Baigorixo, Baigoriso, Baicorrixo et Buaigorixe et les met en relation avec une base bai- que plusieurs auteurs rapprochent du basque ibai, « rivière » ou « cours d'eau », ainsi qu'avec l'élément gorri, « rouge ». Luis Mari Zaldua relève également les formes baigoriso, baigorixo et baicorrixo et souligne que les éléments -cori-, -corri- et -gori- ont été associés au basque gorri.
L'étymologie du toponyme Baigorri fait toutefois l'objet de discussions dans la toponymie basque. Patxi Salaberri présente plusieurs hypothèses anciennes et modernes concernant ce nom et rassemble les formes historiques attestées. L'une des analyses anciennes rapproche Baigorri de ibai gorri, avec le sens de « rivière rouge ». Cette interprétation a notamment été associée à Louis-Lucien Bonaparte et a ensuite été reprise ou discutée par différents spécialistes de la langue et de la toponymie basques. Toutefois, Salaberri expose plusieurs interprétations concurrentes et notamment les réserves formulées par Jean-Baptiste Orpustan concernant la reconstruction d'une forme ibaigorri comme étape historique du toponyme.
Il convient donc de distinguer deux propositions : le rapprochement du théonyme Baigorix avec le toponyme Baigorri, qui est solidement documenté dans la littérature onomastique, et l'étymologie de Baigorri par ibai gorri, qui demeure une analyse discutée.
La documentation médiévale de Baigorri présente plusieurs variantes graphiques. Patxi Salaberri Zaratiegi relève notamment les formes Bigur, Beygur, Beigur, Baigur, Baygur, Baiguerr et Baigorri dans la documentation historique de la Basse-Navarre. La diversité de ces attestations montre que l'histoire phonétique et graphique du toponyme est complexe. Elle constitue l'une des raisons pour lesquelles l'étymologie de Baigorri ne peut être réduite à une simple évolution phonétique supposée de ibai gorri vers Baigorri.
Le nom Baigorri est notamment celui d'une localité de Basse-Navarre, aujourd'hui Saint-Étienne-de-Baïgorry, ainsi que celui d'un ancien lieu aujourd'hui intégré au territoire d'Oteiza. L'Académie de la langue basque (Euskaltzaindia) donne Baigorri comme forme basque officielle du nom de Saint-Étienne-de-Baïgorry.
Les formes du théonyme Baigorix sont importantes pour l'étude des relations entre l'onomastique aquitaine et la langue basque ancienne. Les noms de divinités et de personnes attestés dans l'Aquitaine romaine constituent en effet une source majeure pour l'étude d'une langue indigène que les linguistes rapprochent du basque.
Le segment -corri- ou -gori- présent dans les formes du théonyme a été rapproché du basque gorri. Cette comparaison ne repose pas sur une seule inscription mais sur l'ensemble de l'onomastique aquitaine et sur la comparaison avec des formes basques anciennes et modernes.
La forme Buaigorixe est également intéressante en raison de sa terminaison en -e. Joaquín Gorrochategui considère que la terminaison -e, attestée dans plusieurs théonymes aquitains et vascuons, peut correspondre à une désinence propre à cette aire linguistique et alterner avec les désinences latines attendues.
Dans cette perspective, Buaigorixe et Baigorixo peuvent être considérés comme deux réalisations épigraphiques différentes du même nom, la première présentant une terminaison en -e et la seconde une terminaison en -o adaptée à la flexion latine.
La coexistence de Baicorrixo et Baigorixo constitue par ailleurs un exemple de la difficulté à représenter au moyen de l'alphabet latin certains contrastes phonétiques des langues indigènes. Des travaux récents observent que des variations comparables concernent notamment la représentation des vibrantes.
Dans cette perspective, Buaigorixe et Baigorixo peuvent être considérés comme deux réalisations épigraphiques différentes du même nom, la première présentant une terminaison en -e et la seconde une terminaison en -o adaptée à la flexion latine.
La coexistence de Baicorrixo et Baigorixo constitue par ailleurs un exemple de la difficulté à représenter au moyen de l'alphabet latin certains contrastes phonétiques des langues indigènes. Des travaux récents observent que des variations comparables concernent notamment la représentation des vibrantes.
Le rapprochement entre Baigorix et Baigorri permet d'envisager une interprétation fondée sur les éléments ibai « rivière » et gorri « rouge ». Dans cette hypothèse, Baigorri pourrait être compris comme « rivière rouge », et le théonyme aquitain serait apparenté au même ensemble lexical. Cette interprétation doit toutefois rester présentée comme une hypothèse étymologique. Les inscriptions antiques ne donnent aucune traduction du nom Baigorix, et elles ne permettent pas à elles seules d'établir que la divinité était effectivement associée à une rivière de couleur rouge.
Il n'est donc pas possible d'affirmer, sur la seule base du nom, que Baigorix était une divinité fluviale. De même, aucune identification précise avec une rivière particulière des Pyrénées ne peut être établie à partir des inscriptions actuellement connues. Le dossier de Baigorix est particulièrement important parce qu'il met en relation l'épigraphie aquitaine, l'onomastique ancienne et la toponymie basque. Ce rapprochement contribue à l'étude des correspondances entre les noms aquitains de l'époque romaine et le lexique basque. Il ne signifie toutefois pas que la langue des inscriptions aquitaines puisse être simplement identifiée au basque moderne : il s'agit d'une relation historique et linguistique plus ancienne, reconstruite notamment à partir de l'onomastique. Le théonyme Baigorix constitue ainsi un témoignage important pour l'étude de la continuité ou des relations entre les traditions linguistiques aquitaines et basques dans les Pyrénées occidentales et centrales.