
Eskeko est un mot basque qui désigne un mendiant, c'est-à-dire une personne qui sollicite l'aumône. Dans les croyances populaires du Pays basque, les dons faits aux mendiants pouvaient également intervenir dans des pratiques rituelles associées à la guérison, à la protection et à la fertilité agricole,.
Le terme eskeko appartient au vocabulaire basque de la mendicité. L'Académie de la langue basque (Euskaltzaindia) le répertorie dans son dictionnaire normatif.
Dans plusieurs localités du Pays basque, l'aumône apparaît dans des pratiques populaires destinées à soigner certaines affections. L'Atlas Etnográfico de Vasconia rapporte notamment des rites contre les verrues dans lesquels une pièce de monnaie était frottée sur la peau, puis donnée à un mendiant. Cette pratique a été relevée, entre autres, à Apellániz, Beasain, Elosu, Orexa et Telleriarte. À Zerain, certaines versions prévoyaient de donner trois pièces à trois mendiants différents.
Une autre croyance attribuait une vertu particulière aux dons réunis auprès de plusieurs personnes. Selon une notice consacrée à l'aumône dans la mythologie basque, la participation collective était susceptible de conférer aux offrandes une efficacité mystique. Ainsi, les honoraires d'une messe demandée pour la guérison d'un malade pouvaient être recueillis auprès des voisins. De même, lorsqu'un enfant tardait à parler, du pain et des fruits provenant de dons recueillis dans le voisinage pouvaient lui être donnés dans l'espoir de favoriser l'acquisition du langage,.
D'autres traditions attribuaient aux mendiants un pouvoir redouté de malédiction. Dans plusieurs localités, le refus de leur accorder l'aumône pouvait susciter la crainte d'un malheur. Des témoignages recueillis à Bedarona, Pipaón et Zerain illustrent ces croyances.
José Miguel de Barandiaran a également rapporté une pratique liée à l'agonie. Dans un témoignage recueilli à Meñaka, il indique que, lorsque la fin de vie d'un malade se prolongeait dans de grandes souffrances, ses proches, ses voisins ou ses amis pouvaient recueillir des aumônes dans trois villages voisins afin de réunir la somme nécessaire à la célébration d'une messe. Celle-ci était destinée à obtenir, selon la croyance rapportée, l'amélioration de l'état du malade ou une mort plus rapide. Cette observation illustre le rôle attribué à la collecte collective de l'aumône dans certaines pratiques religieuses et funéraires traditionnelles.
Dans un récit recueilli à Arantzazu, Juan Garmendia Larrañaga décrit un mendiant qui parcourait les fermes en demandant l'aumône. Après avoir prié, il prononçait une formule souhaitant l'abondance du maïs, du blé (gari) et des haricots dans la maison visitée, tout en appelant le malheur sur les récoltes des autres. Un habitant ayant tenté de découvrir cette formule, le mendiant s'en aperçut et partit précipitamment sans accepter l'aumône.
Ce témoignage montre que la quête d'aumône pouvait être associée à des paroles rituelles censées agir sur les récoltes. Il s'agit d'un récit ethnographique local.