Begizko

Begizko est le mauvais œil du folklore basque que certains individus projettent avec leur regard mystérieux et qui peut nuire aux personnes, aux animaux et aux choses dans leur champ de vision.

Étymologie

Begizko signifie littéralement de l'œil en basque. Il faut comprendre ici "mauvais œil".

Le suffixe ko indique le futur des verbes ou adverbes etorriko da (Il viendra) ou le lieu d'origine begizko (De l'œil).

Description

Au Pays basque, la croyance populaire veut que des individus soient capables d'émettre par leur regard une énergie mystérieuse (adur en basque) pouvant porter préjudice à des personnes, des animaux et des choses se trouvant dans leur champ de vision. Ce pouvoir de lancer le betadur (la force magique) peut être exercé par des personnes qui ne l'ont pas voulu, qui ne veulent pas l'utiliser. D'ailleurs, parfois, elles-mêmes ne savent pas qu'elles le possèdent.

Le kutun (amulette en basque) est l'un des moyens de se préserver du mauvais œil. Il se présente sous la forme d'un petit sac carré, en toile, qui contient une petite feuille de papier où sont écrites des phrases des évangiles. On le porte suspendu à une cordelette.

Malédiction versus le mauvais œil

Anton Erkoreka, dans son travail, distingue la malédiction du mauvais œil. Contrairement au Begizko, celui qui maudit ou jette un sort veut sciemment nuire à un ou à un tiers, à sa famille ou à ses biens. bien. Tant le dommage que le bien auquel il se rapporte varient selon les causes de la discussion, les circonstances personnelles, etc. mais dans un nombre significatif de cas ils se réfèrent à des maladies ou à sa propre santé. Les formules sont multiples, par exemple, le curseur peut dire à l'autre :

Hau pasako zaizu (Cela va vous arriver !) précisant les dégâts. Ou : Ez duzu gozatuko hori zeuk ! (Vous n'allez pas apprécier ça vous !). La personne à qui la malédiction a été lancée ou qui croit qu'on lui lance, a également une série de formules avec lesquelles elle peut se défendre et essayer de retourner le mal. Par exemple : Zeuretzako hori ! (C'est pour vous !) ou Diozuna zeuretzako izan dadila ! (quoi que vous disiez, que ce soit pour vous !) ou même des phrases plus élaborées comme Zeure ahotik ateratzen dena, zeuretzako ! (ce qui sort de ta bouche, que ce soit pour toi !).

Prières et conjurations

Parmi ces sorts pouvant être jetés, il y avait un type particulièrement difficile à guérir. Le plus sûr dans ces cas était de faire venir le jeteur de sort afin qu'il envoie à trois reprises de la salive sur la personne ou l'animal atteint, en invoquant en même temps le saint patron adéquat :

  1. Pour une personne ou une abeille (erle en basque) : Jainkoak bedeinka deijela (que Dieu la bénisse).
  2. Pour un cochon, cheval ou vache : San Antoniok bedeinka deijela (que Saint Antoine le bénisse).
  3. Pour une brebis, poule : San Joanek bedeinka deijela (que Saint Jean le bénisse).
  4. Pour une chèvre : Samartiñek bedeinka deijela (que Saint Martin le bénisse).
  5. Pour un chien : San Lazarok bedeinka deijela (que Saint Lazare le bénisse).

Notes et références

  1. ↑
  2. 1 2 (es) « Urdaibaiko Hiztegi Mitologikoa A-tik Z-ra (Etnografia) » [PDF], sur Urdaibai.org, Eusko Jaurlaritza, Gernika-Lumoko Udala et Urdaibai Biosfera Erreserba, 118p., (consulté le )
  3. 1 2 3 (es) Amuletos, Atlas Etnográfico de Vasconia, Archivo Fotográfico Labayru Fundazioa: Fondo Felipe Manterola.
  4. 1 2 3 4 5 6 (es) Kutun, sur Auñamendi Eusko Entziklopedia
  5. ↑ Anton Erkoreka, Begizkoa : el mal de ojo entre los vascos, Ekain, 1995, 167 pages

Sources et bibliographie

Voir aussi