Puska biltzea

Puska biltzea à Hondarribia.

Puska biltzea est une quête alimentaire carnavalesque au Pays basque lors des pratiques festives, et au cours desquelles des groupes costumés parcourent les maisons, les fermes ou les quartiers afin de recevoir des denrées, de l'argent ou des repas en échange de chants, de danses ou de représentations rituelles.

Au Pays basque, ces pratiques sont notamment désignées par de nombreuses expressions : puska biltzea (« collecte de provisions »), eskea (« quête ») et kuestazioa (« quête », « collecte »). Les produits recueillis comprennent notamment des œufs, des fruits, des volailles, des saucisses et d'autres aliments.

Les quêtes sont associées à plusieurs traditions locales distinctes. Selon les territoires, elles peuvent prendre la forme d'une tournée de danseurs de maison en maison (etxez etxe), d'une collecte de ferme en ferme (baserriz baserri), d'une quête accompagnée de chants ou d'une réception offerte aux groupes carnavalesques. Les appellations varient selon les localités et ne désignent pas toujours exactement la même pratique.

Appellations

Puska biltzea, au carnaval d'Ituren et de Zubieta.

Ces dénominations sont documentées dans les descriptions ethnographiques des carnavals de Bera, Lesaka, Eibar et Goizueta ;

Zingar-arrautze biltzea, au carnaval de Bera.

Histoire

Kuestaziyua (« quête », « collecte ») à Oiartzun.

La pratique du puska biltzea est attestée dans les traditions carnavalesques basques dès le début du XXe siècle. À Lizartza, au Guipuscoa, des tournées de collecte avaient lieu vers 1900, le lundi du carnaval. Des danseurs se rendaient à cheval dans les fermes les plus éloignées afin de recueillir des denrées alimentaires, notamment des œufs et des produits de charcuterie, offerts par les familles.

Des coutumes similaires étaient également pratiquées dans certaines localités avant 1876, notamment à Amasa et à Zubieta. L'origine exacte de cette tradition demeure toutefois indéterminée. À Lizartza, les collectes contribuaient au financement des festivités carnavalesques, à la préparation de repas communautaires et au renforcement des liens entre les participants et les habitants.

Pratiques par province

Basse-Navarre

En Basse-Navarre, les traditions carnavalesques comprennent notamment le libertimendua, le Santibate et les tournées de groupes costumés. Si ces manifestations appartiennent au calendrier festif du territoire, les sources ethnographiques attestent également des pratiques de quête alimentaire de maison en maison et de ferme en ferme, notamment dans le cadre du Santibate. Les dons recueillis pouvaient comprendre du boudin, des saucisses, du jambon, des œufs et d'autres provisions. Toutefois, ces pratiques ne sont pas nécessairement désignées partout par l'expression puska biltzea, dont l'emploi local doit être établi au cas par cas,.

Béhorléguy

À Béhorléguy, dans la vallée d'Hergarai, des témoignages ethnographiques rapportent que des jeunes gens masqués passaient de maison en maison le Mardi gras pour demander des provisions. Les dons comprenaient notamment du boudin, des saucisses, du jambon et des œufs. Cette pratique constitue un exemple explicite de quête alimentaire carnavalesque en Basse-Navarre.

Labourd

Kaskarotak à Briscous.

Au Labourd, les tournées des kaskarotak constituent l'une des principales traditions carnavalesques associées à la quête. De janvier à mars, les groupes se rendent dans les maisons, les fermes et les quartiers faire le puska-biltzea, où ils dansent et sollicitent des dons. Selon les localités, les tournées peuvent s'étendre sur plusieurs fins de semaine.

Les kaskarotak sont accompagnés, selon les villages, de personnages tels que les banderariak, les besta-gorriak, les ponpierrak, les kotilun-gorriak, les jaun-andereak et l'ours. La quête est liée aux danses exécutées devant les maisons visitées.

Soule

En Soule, les mascarades (maskaradak) comprennent des visites appelées barrikadak. Les participants se rendent dans différents lieux du village (Idaux-Mendy et Sauguis-Saint-Étienne) en dansant, en chantant et en exécutant des scènes comiques. Les habitants leur offrent de la nourriture et des boissons. Cette pratique présente des similitudes avec les quêtes carnavalesques, mais les sources la décrivent avant tout comme une succession de visites et de réceptions. Il convient donc de distinguer les barrikadak souletines des collectes de provisions explicitement désignées par puska biltzea ou eskea.

Ordiarp

À Ordiarp, lors de la préparation des mascarades souletines (maskaradak), les jeunes du village effectuent traditionnellement une tournée auprès des habitants afin de recueillir des dons en nature destinés au repas offert aux mascaradiers. La collecte est organisée la veille ou l'avant-veille de la représentation lorsque la dispersion des habitations rend difficile l'invitation individuelle des participants chez les habitants. Les victuailles recueillies sont apportées chez un aubergiste qui se charge de préparer le repas. Les jeunes du village prennent ensuite part au festin avec les mascaradiers.

Arantza

À Arantza, les mozorro zuriak parcourent les fermes pour collecter des provisions. En échange des dons, ils exécutent notamment le zortziko local.

Bakaiku

À Bakaiku, les kamarroak se déguisent et parcourent les maisons le samedi du carnaval. Ils transportent notamment une charrue et projettent de la poussière. Cette tournée est attestée comme une pratique carnavalesque, mais la source consultée ne précise pas qu'elle constitue une collecte alimentaire comparable à celle de Bera ou de Lesaka.

Bera

Zingar-arrautze biltzea, au carnaval de Bera.

À Bera, la tradition est appelée zingar-arrautze eskea. Le lundi du carnaval, les groupes costumés passent de ferme en ferme et chantent : « Zingar-arrautze, zingar-arrautze, bat ez bada bertze, bertze ! » (La quête est associée à la collecte de lard et d'œufs).

Goizueta

À Goizueta, la collecte est désignée par puska-biltzea baserrietan. Les participants costumés parcourent les fermes le lundi du carnaval. Le lendemain, ils effectuent également une tournée dans les rues avant la zahagi-dantza.

Igantzi

À Igantzi, les groupes de mozorroak participent à une tournée appelée puska-biltzea. Ils parcourent différents quartiers et les fermes environnantes en dansant, puis sollicitent les habitants au cours de leur tournée.

Ihabar

Moxorroen puska-biltzea à Ihabar.

À Ihabar, les jeunes déguisés en paysans effectuent une collecte appelée puska-biltzea. Une autre tournée, réalisée par les moxorroak, fait partie des manifestations carnavalesques locales.

Lesaka

Fraindarrak puska-biltzea, à Lesaka.

À Lesaka, les Goitarrak parcourent les fermes le dimanche du carnaval. Ils dansent notamment des jotas devant les maisons et collectent des œufs et d'autres provisions. Cette pratique est appelée Goitarren arrautze-eskea ou puska biltzea.

Dans le quartier de Frain, les Fraindarrak effectuent leur tournée le lundi et le mardi du carnaval. Leur groupe comprend des danseurs, des musiciens et des personnes chargées de recueillir les œufs et l'argent. La pratique est désignée par Fraindarrak arraultze-eskean.

Alava

Kuartango

À Kuartango, les jeunes parcouraient traditionnellement les villages de la vallée en chantant et en demandant des aliments aux habitants à l'occasion de la fête de Sainte-Agathe (Santa Águeda), célébrée le 5 février. Cette quête, qui s'est substituée aux anciennes célébrations carnavalesques interdites sous le régime franquiste, était accompagnée de personnages déguisés appelés porreros. Certains participants portaient les costumes traditionnels de la Sainte-Agathe, tandis que d'autres revêtaient des déguisements carnavalesques et faisaient des plaisanteries, allant parfois jusqu'à dérober des aliments dans les maisons. La tradition associe ainsi collecte chantée, déguisements et pratiques carnavalesques.

Salcedo

À Salcedo, dans la commune de Lantarón, les jeunes déguisés en kakarros parcouraient traditionnellement les maisons du village pendant le carnaval en jouant de la guitare, de l'almirez, des couverts et des cuillères en bois. Devant chaque maison, ils chantaient des couplets pour demander des aliments aux habitants. La collecte, appelée cuestación, permettait de réunir notamment des œufs et des produits issus de la charcuterie, qui étaient ensuite consommés lors d'un repas collectif. Lors de la célébration actuelle, le personnage du Porretero, mannequin de paille représentant les malheurs du village, est promené sur une charrette tandis que les Moradoras effectuent une quête de maison en maison pour recueillir les aliments destinés au repas collectif.

Biscaye

À Areeta, à la ferme Abeletxe.

Elantxobe

À Elantxobe, le jour du Nouvel An (Urte Barri), les jeunes parcouraient traditionnellement les fermes de la localité en chantant afin de demander des victuailles. Cette quête, appelée puska biltzea, était accompagnée du chant traditionnel Urte Barri Barri, dont les paroles réclament notamment du porc, des noix, des châtaignes et des pommes. Les chanteurs présentaient leur panier et leur tablier pour recevoir les aliments offerts par les habitants.

Gallarta

À Gallarta, dans la commune d'Abanto-Zierbena, une quête carnavalesque accompagnée de danses, appelée kalez kaleko eskea eta dantzak, est organisée dans les rues du village.

Gernika-Lumo

À Gernika-Lumo, les groupes de chanteurs appelés Marijesiak parcourent les rues de la localité pendant les neuf nuits précédant Noël, du 16 au 24 décembre, en interprétant des chants traditionnels consacrés à la naissance du Christ. Le 24 décembre, après les tournées nocturnes, les chanteurs effectuent une quête de porte en porte auprès des habitants (kuestazioa), recueillant des dons en argent. Autrefois, les sommes récoltées étaient partagées entre les participants ; aujourd'hui, elles sont destinées à des œuvres caritatives. Cette tradition est caractérisée par l'alternance entre un soliste et un chœur qui lui répond, et par des tournées débutant traditionnellement à quatre heures du matin devant l'église Andra Mari.

Guipuscoa

Plusieurs localités du Guipuscoa possèdent des traditions de quête liées à la danse.

Abaltzisketa

Txantxoak à Abaltzisketa.

À Abaltzisketa, les txantxoak parcourent les fermes et le village le dimanche du carnaval pour faire le puska biltzea. Ils sont accompagnés d'un personnage qui balaie l'entrée des maisons et d'un zestero, chargé de recueillir les aliments offerts par les habitants. Les danseurs exécutent la makil-dantza devant les maisons visitées.

Amezketa

À Amezketa, les talai-dantzariak effectuent leur tournée le samedi et le dimanche du carnaval. Ils se rendent de ferme en ferme et de maison en maison pour faire le puska biltzea, où ils exécutent une danse de bâtons appelée talai-dantza.

Andoain

À Andoain, les axeriak parcourent les fermes en dansant et en sollicitant des dons. La pratique est appelée axerien puska-biltzea. Elle s'accompagne de jeux et de danses associés à l'axeri-dantza.

Eibar

Koko eskea, à Eibar

À Eibar, la tradition est appelée koko-eskea. Les koko-marruak et les koko-dantzariak passent de ferme en ferme en dansant, en chantant et en sollicitant des dons. Une chanson spécifique accompagne la quête : « Koko-moko, saria bete moko, gibel-gibel afaritarako, dirua baneuka patrikarako. ». Cette pratique associe collecte de provisions, chants et danses carnavalesques.

Lizartza

Puska-biltzea à Lizartza.

À Lizartza, la puska-biltzea se déroule pendant le week-end précédant le samedi du carnaval principal. Les participants parcourent les fermes le samedi et les rues du village le dimanche matin, en dansant au cours de leur tournée.

Oiartzun

À Oiartzun, les groupes carnavalesques composés notamment d'intxixuak et de sorginak effectuent une quête de ferme en ferme. Ils exécutent des danses, dont le fandango et la valse, devant les maisons visitées. Cette pratique a été rétablie à partir d'une tradition antérieure.

Irun et Hondarribia

Le groupe de danse Meaka effectue une collecte de ferme en ferme dans le quartier de Meaka à Irun pendant le week-end du carnaval. Une tournée est également organisée à Hondarribia, au pied du Jaizkibel. Cette pratique est désignée par puska-biltzea.

Références

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Voir aussi

Liens internes