Lastai

Lastai est un terme basque désignant une paillasse, généralement constituée d'une enveloppe de toile grossière remplie de paille ou de feuilles d'épis de maïs. Dans les traditions populaires du Pays basque, cet objet domestique est notamment associé aux rites funéraires. Dans plusieurs localités, la paillasse sur laquelle une personne était morte était brûlée à l'occasion des obsèques. Les cendres et le feu servaient alors de signe du décès et invitaient les passants à prier pour le défunt.

La combustion de la paillasse mortuaire s'inscrit dans un ensemble de coutumes funéraires qui associent des objets de la vie domestique au traitement du décès. Le feu matérialise publiquement la disparition d'un membre de la communauté, tandis que les prières invitent les vivants à commémorer le mort.

Étymologie

Lastai appartient au vocabulaire basque lié à la paille et à ses usages domestiques. Le mot est rapproché de lasto, qui signifie « paille » en basque. Le terme lastai désigne notamment une paillasse, c'est-à-dire un sac de toile rempli de matière végétale et utilisé comme support de couchage.

Le terme est attesté sous plusieurs variantes régionales, notamment lastaira, lastaida, lastaia, lastarria, bastaira, lastuntzia, lastamarra et lastamarraga.

Description et usages domestiques

La paillasse traditionnelle basque était constituée d'une enveloppe de toile remplie de paille de blé ou de feuilles sèches de maïs. Utilisée comme support de couchage dans les maisons rurales, elle faisait partie de l'équipement traditionnel des lits au Pays basque. Les différentes dénominations de cet objet témoignent de la diversité du vocabulaire basque. Les formes employées peuvent varier selon les régions et les traditions linguistiques locales.

Rites funéraires

Dans plusieurs régions du Pays basque, la paillasse sur laquelle une personne était morte était brûlée selon une coutume funéraire autrefois largement répandue. La combustion avait généralement lieu au carrefour le plus proche de la maison mortuaire, parfois sur le chemin conduisant à l'église. Selon les localités, elle se déroulait pendant les obsèques ou après celles-ci.

Selon les coutumes locales, la paillasse était brûlée à différents moments des funérailles. À Sare, au Labourd, les proches du défunt transportaient la paillasse jusqu'à un carrefour situé sur le chemin de l'église et la brûlaient pendant la cérémonie funèbre. Le feu et les résidus de combustion rappelaient aux passants qu'un décès avait eu lieu dans une maison voisine et les invitaient à réciter une prière pour le mort. Dans d'autres localités, notamment à Beasain et Bidegoian, la paillasse était brûlée le lendemain des obsèques, tandis qu'à Zerain, elle l'était au crépuscule du jour de l'enterrement.

L'Auñamendi Eusko Entziklopedia rapporte également des pratiques dans lesquelles un voisin déposait une botte de paille devant la maison du défunt et y mettait le feu au retour du cortège. Les participants se rassemblaient autour du feu et récitaient des prières chrétiennes, notamment le Pater, l'Ave et le Requiem.

Ces pratiques n'étaient toutefois pas uniformes dans l'ensemble du Pays basque. Des variantes sont signalées notamment en Basse-Navarre et en Soule, où la combustion de la paillasse mortuaire n'était pas pratiquée de la même manière.

Références

  1. 1 2 3 (es) « Ofrenda », Auñamendi Eusko Entziklopedia (consulté le )
  2. ↑ Dictionnaire étymologique basque, Projet Babel (lire en ligne)
  3. 1 2 3 (es) « Quema del jergón. Lastaira erre », Labayru Fundazioa (consulté le )
  4. ↑ (es) « Camas, oheak », Labayru Fundazioa, Atlas Etnográfico de Vasconia (consulté le )
  5. ↑ (es) José Miguel de Barandiaran, « Bosquejo etnográfico de Sara (VI) », Anuario de Eusko-Folklore, vol. XXIII,‎ 1969-1970, p. 122

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie