Addar

Addar
Créature
Autres noms Aiar, Ayar
Sous-groupe Diable ; génie maléfique
Caractéristiques Surnom du diable dans la tradition basque
Proches
Origines
Origines Mythologie basque et croyances populaires
Région Pays basque, notamment en Soule

Addar est l'un des noms employés dans la tradition mythologique basque pour désigner le diable, ou deabru. Le terme est particulièrement attesté en souletin, où il apparaît comme une appellation du diable par antonomase. Il appartient ainsi à un ensemble de dénominations régionales et traditionnelles parmi lesquelles figurent notamment Etsai, Gaizkin, Txerren et Tusuri.

L’Orotariko Euskal Hiztegia, le grand dictionnaire général de la langue basque publié par l’Euskaltzaindia (Académie de la langue basque), enregistre addar avec la marque dialectale « Zub. » (souletine) et le définit comme « nom du diable », en renvoyant également à la variante aiar. Le terme est par ailleurs attesté comme appellation de deabru, « diable », dans les travaux normatifs et lexicographiques.

Noms du diable

La tradition basque possède un vocabulaire particulièrement varié pour désigner le diable. Dans l'encyclopédie Auñamendi, consacrée notamment à la culture et à la mythologie basques, José Miguel de Barandiaran mentionne addar parmi différentes appellations de cette figure, aux côtés de deabru, gaizkin, etsai, beste mutil, galtzagorri, txerren et tusuri.

Juan Garmendia Larrañaga recense également addar parmi les noms du diable. La liste comprend notamment gaizkin, etsai, beste mutil, galtzagorri, hattan, munttiot, txerren, tusuri, plaga et kinkilimarro. Ces attestations montrent qu'Addar doit être compris avant tout comme une dénomination du diable dans le lexique et les traditions basques, et non nécessairement comme le nom d'un personnage mythologique autonome. Les sources disponibles ne lui attribuent ni domaine d'action particulier, ni fonction spécifique, ni cycle légendaire propre.

Étymologie

L'étymologie d'Addar est généralement rapprochée du basque adar, mot qui signifie notamment « corne » et « branche ». Cette proximité lexicale a conduit à proposer un rapport entre le nom du diable et celui de la corne.

La documentation lexicographique ancienne confirme par ailleurs que le terme n'est pas une création récente. Ibon Sarasola relève une entrée addar dans les sources d'Harriet, avec la définition espagnole « diablo », et signale également une occurrence provenant de l'appendice du dictionnaire d'Azkue.

Rapprochement avec la « corne »

Le rapprochement entre Addar et adar, « corne », pourrait naturellement évoquer la représentation traditionnelle du diable sous une forme cornue. Toutefois, les données lexicographiques disponibles ne suffisent pas à établir un tel lien sur le plan mythologique. Larry Trask souligne précisément l'incertitude concernant l'identité étymologique des deux termes. Il serait donc excessif de déduire de la seule ressemblance entre addar et adar qu'Addar possédait une apparence cornue, ou qu'une croyance particulière associait ce nom à des cornes.

Notes et références

  1. ↑ Dans l’Orotariko Euskal Hiztegia, « Zub. » est la marque utilisée pour le souletin (Zuberoa, Soule).
  2. ↑ (eu) Koldo Mitxelena, Orotariko Euskal Hiztegia, vol. 1, Bilbo, Euskaltzaindia; Desclée De Brouwer; Ediciones Mensajero, (lire en ligne).
  3. ↑ (eu) Euskaltzaindia, « Euskaltzaindiaren Arauak 203 », Euskaltzaindia (consulté le ).
  4. ↑ (eu) José Miguel de Barandiaran Ayerbe, « Deabru », Eusko Ikaskuntza (consulté le ).
  5. ↑ (eu) Juan Garmendia Larrañaga et Xabier Mendiguren Bereziartu, Juan Garmendia Larrañagaren Hiztegi etnografikoa, Donostia, Eusko Ikaskuntza, coll. « Juan Garmendia Larrañaga Bilduma », (ISBN 978-84-8419-121-6, lire en ligne).
  6. 1 2 (en) Robert Lawrence Trask et Max W. Wheeler (dir.), Etymological Dictionary of Basque, University of Sussex, , 418 p..
  7. ↑ (eu) Ibon Sarasola, « Oharrak XX. mendeko hiztegigintzaz « Orotariko Euskal Hiztegia » arte », Anuario del Seminario de Filología Vasca « Julio de Urquijo », vol. 40, nos 1-2,‎ , p. 895-920 (ISSN 0582-6152, DOI 10.1387/asju.4440, lire en ligne, consulté le ).

Sources et bibliographie

Voir aussi

Articles connexes