Eguberri est le mot basque désignant Noël ou littéralement «jour nouveau». Quelle que soit l'interprétation étymologique retenue, ce nom doit signifier le premier jour qui suit le solstice d'hiver.
Étymologie
Eguberri signifie «Noël» en basque. Le terme est formé de egu («jour») et de berri («nouveau»), et est attesté dès 1562. L’élément egu- est apparenté à egun («jour») et pourrait remonter à une racine liée au jour ou à la lumière, bien que cette interprétation étymologique demeure discutée,. On connaît plusieurs variantes dialectales: Eguerri au Labourd, en Basse-Navarre et au Guipuscoa, ainsi que Eguarri au Guipuscoa.
Traditions populaires et Olentzero
Les pratiques populaires associées à Eguberri commencent le jour ou la nuit précédente, cette dernière étant généralement appelée Gauon (nuit de Noël). Ce terme est également employé pour souhaiter une bonne nuit. Cette veille est aussi appelée Olentzero gaua (nuit d’Olentzero) à Oiartzun, Suilaro atsa à Sare et Xiularo à Uhart-Mixe.
Diverses croyances et rites liés au solstice d'hiver sont associés à cette période, ainsi qu'à la nuit précédant le Nouvel An. On y rencontre notamment le personnage d'Olentzero, traditionnellement attesté dans une partie du Guipuscoa et dans les régions voisines de la Navarre. La tradition s'est ensuite diffusée dans d'autres territoires du Pays basque, notamment au Labourd et en Soule, où les enfants célèbrent aujourd'hui sa venue,.
À Oiartzun, selon la tradition populaire, après le repas du réveillon de Noël, lorsque tout le monde est allé se coucher, Olentzero descend par la cheminée. Il est décrit comme un charbonnier au visage noirci par le charbon, portant une faux ou une faucille. On se souvient notamment de lui grâce à une chanson traditionnelle recueillie dans le répertoire folklorique basque:
Basque
Français
Olentzero juantzaigu
Mendira lanera intentziiuarekin
Ikatz egitera
Aditu duenian
Jesus jaio dela
Lasterka etorri da
Parte ematera.
Olentzero nous a quittés
Pour aller travailler à la montagne
Pour faire du charbon de bois
Lorsqu'il entendit
Que Jésus était né
Il arriva vite
Pour prendre part à cet événement.
À Larraun, jusqu'après minuit, on suspend à la cheminée une effigie anthropomorphe en paille représentant Olentzero, appelée Onontzaro. Elle tient une faux à la main et possède autant d'yeux que l'année compte de jours, plus un
Les rites du feu et croyances
Dans la cheminée, durant la nuit de Noël, on fait brûler un gros tronc d'arbre, généralement de hêtre, de chêne ou de chêne vert. À Zegama, il est appelé Gabonzuzi («torche de Noël»). Dans certaines localités, le feu de ce tronc sert à préparer le repas du réveillon, composé notamment de zurruputun (soupe avec des morceaux de morue), d'azolio (chou assaisonné d'huile) ou d'intxursaltsa (préparation à base de noix).
En se rendant à la messe de minuit, la nuit de Noël, chacun porte une broche neuve afin de crever un œil au diable. Cette coutume est également rapportée dans le Baztan, à Saint-Jean-Pied-de-Port et à Barcus. Elle pourrait être rapprochée des rites de conjuration pratiqués lors de la Saint-Jean, au cours desquels on cherche notamment à faire perdre à la sorcière son pouvoir maléfique. À Oiartzun, une formule traditionnelle évoque ainsi la perte de l'œil de la sorcière. Cette croyance est liée au mauvais œil, appelé begizkoa en basque: selon les croyances populaires, certaines personnes peuvent provoquer des maladies ou des malheurs par leur regard, volontairement ou non. La force maléfique attribuée à ce regard est désignée par le terme Betadur ou betadurra.
↑(es) José Antonio de Donostia, «Apuntes de folklore vasco. Canciones de cuestación: Olentzero», Revista Internacional de los Estudios Vascos, vol.9, no1, , p.142-147 (lire en ligne, consulté le )