| Selatse | |
| Mythologie vascone | |
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I(VLIVS?) GERMANVS SELATSE V(OTVM) S(OLVIT) L(IBENS) M(ERITO) « Julius (ou Junius ?) Germanus s’est acquitté de son vœu à Selatse, de bon gré et à juste titre. » | |
| Caractéristiques | |
| Autre(s) nom(s) | Selaitse, Stelaitse |
| Fonction principale | Divinité locale vascone |
| Fonction secondaire | Inconnue ; hypothèses agricole ou chthonienne |
| Représentation | Inconnue |
| Lieu d'origine | Barbarin |
| Période d'origine | Antiquité romaine |
| Groupe divin | Divinité indigène vascone |
| Culte | |
| Région de culte | Navarre, notamment Barbarin |
| Mentionné dans | Trois inscriptions votives |
| Symboles | |
| Attribut(s) | Inconnus |
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Selatse, également appelée Selaitse ou Stelaitse, est une divinité autochtone attestée à l'époque romaine dans l'ouest de la Navarre, en Espagne. Son culte est connu par trois inscriptions votives découvertes à Barbarin, dans les environs de l'ermitage de San Jorge, également appelé San Jurgi. Ces témoignages épigraphiques attestent l'existence d'une tradition religieuse locale dans une société intégrée au monde romain,. La fonction de cette divinité, le sens de son nom et ses éventuelles relations avec d'autres figures religieuses demeurent incertains. Son rattachement au fonds religieux des Vascons repose principalement sur le contexte géographique et épigraphique de ses attestations.
Les trois dédicaces ont été découvertes dans le secteur d'El Barco, à quelques mètres à l'ouest de l'ermitage de San Jorge, de l'autre côté de la rivière Salado. La première fut signalée au début du XXe siècle par l'épigraphiste Fidel Fita, à partir d'une transcription transmise par le curé de Barbarin, Regino Arbizu Ayala. L'autel fut ensuite retrouvé par le père Escalada, après une période durant laquelle il avait disparu des observations. Passé par le musée de Javier, il entra dans les collections du musée de Navarre, à Pampelune, en 1976.
Le premier autel, en grès, mesure environ 163 cm de hauteur, 70 cm de largeur et 50 cm d'épaisseur. Il est généralement daté de 76 à 100 apr. J.-C..
L'inscription se lit ainsi :
« SEMPRONI / VS BETVNVS SE / LATSE V(otum) S(olvit) L(ibens) M(erito). »
— « Sempronius Betunus a accompli son vœu à Selatse, de bon gré et à juste titre. »
La lecture développée est :
Sempronius Betunus Selaitse votum solvit libens merito.
Le dédicant, Sempronius Betunus, porte un gentilice latin, Sempronius, associé à un cognomen, Betunus, dont l'origine linguistique est discutée. Cette combinaison onomastique illustre la coexistence de formes de dénomination romaines et d'éléments susceptibles d'appartenir au fonds indigène de la péninsule Ibérique,.
La deuxième dédicace porte le texte suivant :
« I GERM / ANUS / SELATSE / V S L M. »
— « Iunius Germanus a accompli son vœu à Selatse, de bon gré et à juste titre. »
Le développement proposé est :
I(unius) Germanus Selaitse v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito).
Le gentilice du dédicant est généralement restitué sous la forme Iunius, bien qu'une lecture Iulius ait également été envisagée. Son cognomen, Germanus, est attesté dans l'onomastique romaine et provinciale. Ces éléments ne suffisent pas à déterminer son origine ethnique.
Javier Velaza privilégie la forme Stelaitse pour le théonyme dans son étude épigraphique,.
La troisième dédicace présente une particularité : le nom de la divinité n'est indiqué que par son initiale.
« ASCLEPIUS / PATERNUS / S V S L M. »
— « Asclepius Paternus a accompli son vœu à Selatse, de bon gré et à juste titre. »
La lecture développée proposée est :
Asclepius Paternus S(elaitse) v(otum) s(olvit) l(ibens) m(erito).
Le dédicant, Asclepius Paternus, porte un nom d'origine grecque. Asclepius renvoie au dieu grec Asclépios, assimilé au dieu romain Esculape. Il s'agit ici du nom personnel du dédicant : cette inscription ne démontre aucune assimilation de Selatse à ces divinités.
La restitution de l'initiale S en Selaitse ou Stelaitse repose sur la comparaison avec les deux autres autels du secteur. Le rapprochement est généralement admis, mais il ne permet pas de résoudre définitivement la question de la forme originale du théonyme,.
Les trois dédicaces emploient la formule latine V(otum) S(olvit) L(ibens) M(erito), courante dans l'épigraphie religieuse romaine :
Votum solvit : « il s'est acquitté de son vœu ». Libens : « de bon gré » ou « volontiers ». Merito : « à juste titre » ou « comme il se devait ».
Cette formule indique l'accomplissement d'un engagement religieux, sans préciser la demande initiale ni les circonstances du vœu.
Le nom de Selatse fait l'objet de plusieurs lectures épigraphiques : Selatse, Selaitse et Stelaitse. Les divergences tiennent aux difficultés de lecture des inscriptions et à leur interprétation. La notice du musée de Navarre retient Selatse, tandis que Javier Velaza privilégie Stelaitse ; la forme Selaitse est également employée dans les restitutions des textes,.
Une hypothèse étymologique rapproche ce théonyme du basque zelai, qui signifie « champ », « prairie » ou « terrain plat ». Ce rapprochement a conduit à envisager une divinité liée aux terres cultivées ou à l'agriculture, mais aucune inscription ne confirme cette fonction.
Joaquín Gorrochategui a également évoqué un rapprochement possible avec Helasse, un théonyme attesté à Miñao, dans l'actuelle province d'Alava. Les difficultés linguistiques de cette comparaison empêchent toutefois de considérer les deux noms comme apparentés avec certitude. Aucune de ces propositions ne permet d'établir définitivement le sens du nom. De même, une éventuelle fonction chthonienne, c'est-à-dire associée à la terre ou au monde souterrain, ne repose pas sur une preuve épigraphique directe.
La concentration des autels près de l'ermitage de San Jorge a conduit plusieurs chercheurs à proposer l'existence d'un sanctuaire consacré à Selatse. Aucun temple n'a cependant été identifié avec certitude à cet emplacement,.
Un quatrième autel votif, découvert en 1998 dans le même environnement, est dédié aux Nymphes, divinités notamment associées aux sources et aux eaux. Cette découverte témoigne d'autres pratiques religieuses dans le secteur, sans établir que les deux cultes étaient célébrés dans un même sanctuaire.
À environ un kilomètre au nord-est de l'ermitage se trouve le secteur de San Miguel, où un habitat de l'âge du fer a été identifié. Des vestiges suggèrent également une occupation à l'époque romaine. Celle-ci pourrait correspondre à un fundus, c'est-à-dire un domaine rural, ou à un vicus, un habitat ou une agglomération. Les données disponibles ne permettent pas de trancher entre ces interprétations ni d'établir précisément les liens entre cet établissement et le lieu de découverte des autels.